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6 juin 1944: les Canadiens en Normandie

06/06/2014 03:21 EDT | Actualisé 06/08/2014 05:12 EDT

6 juin 1944, 12h15, les blindés du Sherbrooke fusiliers débarquent en Normandie face à la petite localité de Bernières-sur-Mer. Sur place, si les combats sont terminés depuis plusieurs heures, le chaos et la confusion règnent sans partage. Au cœur de ce gigantesque encombrement de soldats, de matériels et de véhicules qui débarquent sans arrêt sur la plage, les agents de la prévôté s'activent à réduire les embouteillages. Pour le commandant du Sherbrooke, le lieutenant-colonel Gordon, il est impératif de quitter la plage au plus tôt afin de s'emparer de l'aérodrome de Carpiquet alors vital pour les futures opérations de l'aviation. Or, ce n'est que vers 18h30 que les chars du Sherbrooke réussissent à rejoindre leur zone de rassemblement.

Sur place, ils font leur jonction avec les soldats du North Nova Scotia Highlanders. Sans plus attendre, en tête de la 9e brigade, alors sous les ordres du général Rod Keller, ces derniers grimpent sur les tanks du Sherbrooke. Brûlant les étapes, ils roulent en direction de Carpiquet. Mais, à moins de sept kilomètres de l'objectif, en bordure du village de Villons-les-Buissons, l'obscurité naissante force Keller à stopper la progression. Il ordonne à ses troupes de se retrancher pour la nuit en prévision d'une contre-attaque allemande.

La nuit ne sera pas de tout repos pour le Sherbrooke et le North Nova, car en face, les troupes allemandes se réorganisent afin de passer à la contre-offensive. Ayant pour but de tâter les défenses canadiennes, les Allemands lancent des attaques sporadiques contre les éléments avancés du Sherbrooke fusiliers et du Régiment de la Chaudière. Au cours de l'action, un peloton de ce dernier doit rendre les armes tandis que, du côté du Sherbrooke, on perd le véhicule qui transporte les officiers de communication et les codes de procédures radio.

Tôt dans la matinée, ignorant que les Allemands connaissent maintenant leurs moindres faits et gestes, le Sherbrooke et le North Nova reprennent leur avance. Mais si la résistance n'est pas très forte, elle se raffermit davantage devant le village de Buron. Déjà, les obus de mortiers s'abattent sur leurs positions. Gordon n'attend pas. Alors qu'il entreprend la conquête du village, il ordonne à l'escadron C du Sherbrooke de le contourner pour gagner Franqueville au plus tôt. Lorsqu'ils arrivent sur place, après avoir pris Authie, les soldats du Sherbrooke peuvent apercevoir les hangars de l'aérodrome de Carpiquet.

Vers 11h50, le Sherbrooke et le North Nova s'emparent de Buron. Jusqu'à maintenant, les opérations se déroulent sans trop de difficultés, mais c'est sans compter avec la 12e panzer SS, une division blindée entièrement composée d'adolescents fanatisés par l'idéal national-socialiste. L'un de leurs commandants, le colonel Kurt Meyer, est un vétéran de la campagne de Russie. Disposant de chars de qualité supérieure de type Mark IV et Panther, Meyer espère rejeter les Canadiens à la mer. À 14h00, devant Franqueville, Authie et Buron, les chars allemands s'infiltrent dans la brèche et attaquent le flanc droit des Canadiens dont ils connaissent les dispositions tactiques.

En moins de soixante secondes, trois chars Sherman sont mis hors de combat. Tant bien que mal, débordés de toutes parts, les hommes du North Nova et les chars du Sherbrooke tentent de stopper l'offensive, mais s'ils enregistrent des succès contre les Mark IV, leurs obus ricochent sur le blindage des Panthers. Sans support de leur artillerie, en dépit d'une résistance acharnée, ils cèdent du terrain et doivent abandonner Buron en y laissant un peloton du North Nova.

Pour Gordon et ses hommes, il est inconcevable d'abandonner les Néo-Écossais à leur triste sort. Maintenant secondé par l'artillerie qui déverse ses obus sur les positions allemandes depuis les plages, Gordon relance ce qui reste de son régiment dans la bataille. Après plusieurs minutes de combats incertains, les chars du Sherbrooke réussissent à se frayer un chemin jusqu'à Buron qu'ils reprennent aux Allemands. Leurs pertes étant trop lourdes, ils doivent évacuer la place afin de se replier et se retrancher sur Les Buissons. Même s'ils ont abandonné une partie du terrain conquis, cette bataille est un succès stratégique pour le Sherbrooke, car ils ont empêché les Allemands d'atteindre les plages de débarquement.

Mais si le Sherbrooke fusiliers a détruit 33 chars ennemis, ils déplorent la perte de 28 des siens dont 7 furent sérieusement endommagés. De son côté, le North Nova dénombre 242 victimes et 105 prisonniers pris par les Allemands. Après les combats, des hommes du Sherbrooke fusiliers également tombés entre leurs mains furent lâchement assassinés par les SS près de l'abbaye d'Ardenne.

Si le débarquement a été un succès, la bataille de Normandie ne fait que commencer. Elle sera longue et coûteuse.

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