DIVERTISSEMENT

L'éditeur et candidat Michel Brûlé visé par des allégations d'inconduites sexuelles

Il se présente comme candidat à la mairie du Plateau-Mont-Royal.

20/10/2017 07:43 EDT | Actualisé 20/10/2017 14:25 EDT
Éditions Michel Brûlé

Sept employées et ex-employées de Michel Brûlé se plaignent d'inconduites sexuelles de la part de l'éditeur montréalais. M. Brûlé se présente comme candidat à la mairie du Plateau-Mont-Royal.

Les propos ont été recueillis par Le Journal de Montréal. Les femmes se plaignent d'avoir été embrassées de force par M. Brûlé, parfois en public ou devant d'autres employés.

«Il s'assoyait sur les chaises des filles. Quand elles revenaient, il les assoyait sur lui [...]. Il donnait des becs dans le cou, les taponnait, les massait. Il parlait des seins», lit-on dans le reportage du quotidien.

M. Brûlé dirige les Éditions des Intouchables. Il a fondé le parti Plateau sans frontières pour affronter le maire d'arrondissement sortant Luc Ferrandez dans le cadre des élections municipales du 5 novembre.

Un coup monté, dit Brûlé

Contacté par le HuffPost Québec, M. Brûlé estime être victime d'un coup monté par le parti qui contrôle le Plateau-Mont-Royal, Projet Montréal.

«Je suis convaincu que c'est une campagne de salissage, affirme-t-il. Ça arrive à un moment où il y a une progression de Plateau sans frontières et de ma campagne. La coïncidence est suspecte.»

M. Brûlé dit avoir déjà tenté d'embrasser une femme qui a refusé ses avances, mais il affirme n'avoir jamais agi ainsi avec une employée ou une auteure. Il reconnaît toutefois qu'un certain climat de sexualité régnait dans ses bureaux.

«Il y avait un climat festif. On s'agaçait. Mais je n'ai jamais fait de geste répréhensible», dit-il.

M. Brûlé menace de poursuivre Le Journal de Montréal pour diffamation.

Luc Ferrandez et la chef de Projet Montréal, Valérie Plante, n'ont pas souhaité répondre aux affirmations de M. Brûlé.

Le Québec pris d'assaut par #MoiAussi

Les allégations contre M. Brûlé surviennent deux jours après que des reproches semblables aient été formulés contre l'animateur Éric Salvail et le patron de Juste pour rire, Gilbert Rozon. Les dénonciations d'agresseurs et de harceleurs fusent de toutes parts depuis que l'affaire Harvey Weinstein, aux États-Unis, a inspiré le mouvement #MoiAussi.

Mercredi, une élue de Verdun a partagé une affaire de harcèlement sexuel. Marie-Ève Brunet aurait déjà subi les avances d'un supérieur qui refusait de la payer.

En entrevue au HuffPost Québec, Mme Brunet souligne qu'elle continue de subir ce genre de comportement inadéquat sur le terrain, dans le cadre de la campagne électorale municipale.

«Il y a deux semaines, il y a encore eu une situation où [un citoyen] m'a pris les fesses sans en avoir le droit. Sur le coup, j'ai gelé. Ensuite, je me suis virée de bord et je lui ai dit que s'il recommençait je m'arrangerais pour que son visage soit connu», avance-t-elle.

Quelques citations de Michel Brûlé

  • «Un gars essaie de t'embrasser et tu tournes la joue et il arrête, est-ce que c'est traumatisant? Je ne pense pas.»
  • «Je suis convaincu que ça ne serait jamais sorti si je n'étais pas candidat à la mairie du Plateau.»
  • «J'ai déjà congédié des employés. Il peut y avoir des règlements de compte.»