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Islamisme et féminisme: pas d'égalité sans réciprocité !

05/07/2015 08:17 EDT | Actualisé 05/07/2016 05:12 EDT

Depuis le temps que je dénonce les dérives du féminisme d'État et de l'islam politique, je retrouve assez souvent un type de commentaires perplexes devant ce qui apparait à leurs auteurs comme une flagrante contradiction, pour ne pas parler d'incohérence. Si je devais les résumer en une phrase, ça donnerait ceci : « Comment ce gars-là, misogyne, homophobe, antiféministe, masculiniste, bref, sexiste, peut-il dénoncer l'islamisme ainsi que le sort que cette mouvance rétrograde réserve aux femmes et aux homosexuels ?»

Première mise au point : depuis quand le féminisme peut-il être considéré comme un mouvement qui parle au nom de toutes les femmes ? Depuis quand s'en prend-on à toutes les femmes quand on ose contester ses conclusions trop souvent simplistes, extrémistes et misandres ? En clair, à mes yeux, le féminisme est une entité, un mouvement regroupant plusieurs tendances souvent contradictoires sur des thèmes précis, qu'il s'agisse notamment de prostitution ou des études de genres, et les femmes sont une autre entité, encore bien plus complexe.

Définir les femmes en fonction des dogmes trop souvent caricaturaux et infantilisants du féminisme militant est trop réducteur envers celles-ci. Qui plus est, comme le féminisme radical stigmatise les hommes et la masculinité de toutes les façons possibles, et refuse de reconnaitre le droit des pères à la garde partagée, je ne peux souscrire à un mouvement dont le discours dominant dans les médias ostracise ces derniers et prive les enfants de leur présence parentale indispensable.

Ce féminisme-là n'a rien d'humaniste. Pire encore, sous le fallacieux prétexte de lutter contre l'homophobie, il va jusqu'à promouvoir le mariage gai et l'homoparentalité non pas comme des alternatives sociétales, mais comme le modèle conjugal et parental par excellence, par opposition aux modèles hétérosexuels, déconsidérés et démonisés. La lutte livrée par le lobby féministe et LGBT à la garde partagée, dont je parlais plus haut, est à cet égard plus que révélatrice.

Loin de proposer une réelle égalité homme-femme, ce féminisme préconise la suprématie d'un sexe sur l'autre, et celle d'une orientation sexuelle sur une autre, comme le révèle une affirmation de cette égérie militante, Ti-Grace Atkinson : « Le féminisme, c'est la théorie, le lesbianisme, c'est la pratique. »

Pas d'égalité sans réciprocité

Alors, comment puis-je d'une part condamner ce féminisme et, d'autre part, en faire autant pour l'islamisme? Contrairement à ce que certaines pourraient penser, il s'agit d'une simple question de cohérence. Dans mes valeurs, on ne peut dénoncer les inégalités vécues par un sexe sans en faire autant pour l'autre. Il ne peut y avoir d'égalité sans réciprocité.

Je ne peux m'insurger contre les problématiques surtout masculines que sont le décrochage scolaire, l'itinérance, le manque de ressources pour les hommes en détresse, la violence subie par ces derniers, taboue dans notre société, les gars ridiculisés dans la pub et les médias, la discrimination positive qui efface peu à peu les hommes hétéros de la fonction publique et bien d'autres thèmes sans, d'autre part, dénoncer le sort qui attend les femmes et les homosexuels du Québec devant la montée insidieuse, mais tenace de l'islam politique, dont l'endoctrinement de nos jeunes parmi les plus vulnérables n'est que la pointe de l'iceberg.

Ne comptez pas sur moi cependant pour hurler avec les louves sur une société soi-disant patriarcale qui opprimerait les femmes au Québec, ces victimes dont le sort n'aurait que peu évolué depuis la fondation de la FFQ en 1966 ! L'Afghanistan, l'Égypte, l'Iran, l'Irak, l'Algérie et l'Arabie saoudite sont des « civilisations » patriarcales. Le Québec en particulier et l'Occident en général sont d'obédience matriarcale et féministe au point où des hommes risquent de perdre leur emploi s'ils hasardent une blague « sexiste », comme ce fut le cas récemment en Angleterre pour un prix Nobel de science.

Je dois admettre que je connais des féministes qui se mobilisent contre l'islam politique tout en reconnaissant les mêmes dérives que je dénonce chez le féminisme militant. Après tout, une figure de proue du féminisme français, Élisabeth Badinter, a fait école en 2003 avec son essai intitulé Fausse route, ouvrage de référence dans lequel elle arrive aux mêmes constats d'échec que nombre de militants de la cause des hommes. Pour mesurer l'impact d'une telle prise de parole, imaginez Lise Payette, sortie de sa torpeur idéologique, et arrivant à semblables conclusions. Voilà. Vous y êtes.

Je dois par ailleurs constater que, si certaines féministes militantes trouvent incohérentes mes positions sur le féminisme radical et celles que j'adopte sur l'islam politique, je retrouve moins de critiques similaires du côté des défenseurs de la cause des hommes. Certains affichent même des positions très voisines des miennes sur le radicalisme religieux.

Peut-on être à moitié humaniste ?

Je ne comprendrai jamais que l'on se prétende humaniste d'une part, tout en rabaissant ou en démonisant aveuglément une moitié de l'humanité d'autre part, qu'elle soit masculine ou féminine. Dans la même perspective, je ne comprendrai pas davantage les positions de féministes étatiques qui font semblant de s'insurger contre un patriarcat local fantomatique, tout en fermant les yeux sur la montée de l'islam dans nos sociétés, comme ailleurs dans le monde. L'attitude de la FFQ, par exemple, qui s'est opposée à l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique, allant même jusqu'à préconiser la tolérance au niqab dans les garderies familiales, fait honte au mouvement féministe dont elle constitue un regroupement emblématique.

N'en déplaise à ces idéologues déconnectées tout comme aux fanatiques religieux, tant qu'il y aura une humanité, elle restera composée des deux sexes, peu importe l'âge, la profession, le statut social ou l'orientation sexuelle. Préconiser la suprématie de l'homme sur la femme, comme l'édicte le coran, ne vaut guère mieux que la tendance inverse mise de l'avant par un féminisme misandre. Seule la reconnaissance du droit légitime des deux sexes à vivre dans l'égalité de droits, la dignité et le respect des différences doit être admise comme fondement inaliénable de notre humanisme individuel et collectif.

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