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L'incompétence policière au service des fausses allégations...

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Comment expliquer qu'un homme faussement accusé d'agression sexuelle, mais disposant d'un alibi en béton, puisse se voir stupidement incarcéré en détention préventive pendant huit mois? Vous avez bien lu. C'est la déconvenue, aussi dramatique qu'évitable, qui s'est pourtant abattue sur Hassan Salem, 46 ans, qui poursuit en justice la police d'Ottawa pour un montant de 1,9 M $. Je trouve qu'il n'en demande pas assez. En bas de 10 M $, aucune entente possible.

Tant et aussi longtemps que notre système policier n'adoptera pas une attitude préventive envers tout risque de manquement déontologique grave concernant les fausses allégations, il faudra sévir contre lui avec dureté. Et tant qu'on y est, du temps de prison et la divulgation de l'identité des auteures de fausses allégations seraient la moindre des choses afin de prévenir un fléau social que nos dirigeants ne veulent surtout pas tenter d'évaluer, féminisme d'État « aidant ». Or, les manipulatrices à l'origine d'accusations mensongères ne sont pratiquement jamais inquiétées ni même identifiées dans des causes pourtant médiatisées, comme c'est encore le cas dans l'histoire qui suit.

Un classique

Cette saga représente un classique parmi les nombreuses sources de conflits affectant les relations homme femme. Un homme et une femme se rencontrent, se plaisent, mais pour quelque raison que ce soit, l'homme décide de partir, la femme ne l'accepte pas, et se venge en portant de fausses allégations. La vie de l'homme devient enfer.

Bien évidemment, il existe également des cas où la femme part et où l'homme sévit par la violence, souvent physique. Mais voilà, même si notre système protège plus efficacement les menteuses que les vraies victimes féminines, la riposte masculine reste plus aisément détectable et punissable. Notre système policier et judiciaire encourage et soutient quant à lui la vengeance féminine par fausses allégations, en plus de garantir à la contrevenante une totale immunité judiciaire et journalistique.

Par la magie de ce dogme voulant qu'il faille protéger les «vraies victimes» de la violence masculine, on n'inquiète nullement les auteures de fausses allégations, comme si les hommes dont elles détruisent trop souvent l'existence n'étaient pas, eux aussi, de vraies victimes. Il faudra bien arriver un jour à admettre que les fausses accusations constituent une forme de violence aussi corrosive et destructrice que la violence physique, et infiniment plus pernicieuse.

Les faits

C'est au printemps 2012 que M. Salem entreprend une relation amoureuse avec sa future accusatrice dont, bien sûr, nous ignorons l'identité. La relation prend fin en octobre et, selon le plaignant, la femme aurait mal pris la chose, au point de l'accuser faussement d'une agression sexuelle le 30 novembre 2012.

Bien que l'homme, qui travaille comme remorqueur, ait fourni à la police d'Ottawa un relevé détaillé de ses déplacements qui ne pouvait que l'innocenter, les policiers se seraient trainé les pieds jusqu'à la veille du procès, huit mois plus tard, avant de transmettre cette preuve salutaire disculpant l'accusé. Pire encore, ce serait sur l'insistance du procureur de la Couronne que les incompétents se seraient finalement exécutés... Entre-temps, M Salem aura passé huit mois sans aucune raison en détention préventive, aux frais du contribuable.

Pas un cas isolé

Comme je gère un blogue traitant de condition masculine, le sujet des fausses allégations, mésestimé de nos dirigeants et nié par les féministes d'État, s'impose de lui-même. J'ai eu l'occasion de m'entretenir par écrit et de vive voix avec des hommes victimes de ce fléau dont il faudra bien un jour mesurer l'ampleur et l'impact, de façon objective et sans biais idéologique.

Les féministes d'État, dont les Calacs, présumées spécialistes de la question des agressions sexuelles, affirment depuis une vingtaine d'années que les fausses allégations ne représenteraient que 2 % des accusations de ce crime, et ne résulteraient que d'erreurs de perception. Aucune malveillance féminine n'est même soupçonnée.

Ce n'est pas l'opinion de Michel St-Yves, psychologue judiciaire d'expérience à la Sûreté du Québec, spécialiste des techniques d'interrogatoires policiers et chercheur, qui déboulonnait ce mythe, le 20 décembre 2004 dans Le Soleil, en affirmant que de 30 à 40 % des allégations d'abus ou d'agressions sexuelles étaient sans fondement, en plus de résulter pour la plupart d'un désir de vengeance ou d'une volonté de capter l'attention.

Esther Després, intervenante au Centre jeunesse de Québec, renchérissait dans le même article en affirmant même que les situations de fausses accusations lui donnaient plus de travail que les cas réels d'abus.

J'ai constaté de mon côté que nombreux sont les hommes qui, après avoir survécu à l'enfer des fausses allégations, m'ont affirmé avoir perçu un parti pris évident des policiers au profit des accusatrices. La plupart m'ont déclaré avoir conclu que ceux-ci enquêtaient bien plus aisément à charge qu'à décharge, allant même jusqu'à écarter du revers de la main l'interrogatoire de témoins qui aurait pu les disculper rapidement.

Je me suis entretenu avec des hommes sensés, pondérés, mais dont certains m'ont avoué avoir éprouvé des envies suicidaires devant l'étau qui les étranglait, constitué d'une part du biais idéologique des policiers, aux yeux desquels la femme ne peut mentir et, d'autre part, du regard des gens, aux yeux desquels ils se sentaient condamnés d'avance avant même leur procès.

À notre époque perturbée, où nous assistons, médusés, à une véritable thérapie de groupe collective d'où fusent des accusations d'agressions sexuelles de toutes sortes, réelles ou supposées, il demeure plus que jamais essentiel de garder à l'esprit que toutes les accusations ne sont pas nécessairement fondées.

Tout comme les vraies victimes d'agressions sexuelles méritent réparation et justice, les vraies victimes de fausses allégations doivent se voir reconnaître le droit, plus malmené que jamais, à la présomption d'innocence.

Des sanctions exemplaires devraient être servies aux policiers qui bafouent ce principe de base. Quant aux auteures de fausses accusations, dans la mesure où la volonté de nuire est démontrée, des condamnations pour méfait public, un délit pourtant inscrit au Code criminel, devraient leur être appliquées, de même que la divulgation publique de leur identité, ne serait-ce que pour prévenir de futures victimes.

C'est le tribut à payer pour toute société civilisée, soucieuse d'en arriver à un véritable équilibre social et judiciaire qui sanctionne, à défaut de les prévenir, les agressions sexuelles, tout en préservant les réputations et l'avenir même de citoyens qui n'ont rien a se reprocher.

Jamais les fausses allégations ne devraient représenter, comme certains idéologues insensibles le prétendent, les inévitables dommages collatéraux de la lutte à la violence faite aux femmes. Jamais.

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