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Les études de genre mises en échec par un humoriste !

08/02/2014 07:38 EST | Actualisé 10/04/2014 05:12 EDT

Les études de genre, déjà entendu parler? Si vous viviez en France, vous ne pourriez échapper au débat qui fait rage présentement entre l'école française, qui a intégré ces études à son programme actuel, et les opposants à cette nouveauté féministe. Mais en quoi consistent donc ces fameuses études de genre? Sommairement résumées, elles s'inscrivent en faux contre le postulat scientifique voulant que les différences entre hommes et femmes soient surtout biologiques, avant d'être conditionnées par le milieu.

Les défenseurs de ce domaine de recherche étonnant soutiennent que la biologie compte pour peu dans les différences entre les hommes et les femmes, différences désormais considérées comme des stéréotypes sexistes brimant l'égalité homme-femme avec pour conséquence, on s'en doute, que la gent féminine s'en trouve fatalement opprimée. Même l'hétérosexualité, dans cette perspective, serait un avatar d'une influence pernicieuse, culturelle et patriarcale, comme le soutenait jadis Andrea Dworkin, féministe radicale et auteure d'essais peu connus qui ne sont guère lus ailleurs que dans le cadre d'études féministes universitaires.

Les opposants aux études de genre sont souvent stigmatisés et présentés comme des activistes d'extrême droite ou des fanatiques religieux, opposés à la reconnaissance de l'égalité homme-femme. Or n'est-il pas légitime de se demander au moins quel impact pourrait avoir sur des enfants fragiles, puisqu'en mode de construction identitaire, la négation de toute différence sexuée au prétexte qu'elle ne serait en aucun cas innée, mais imposée? Quelle alternative leur offre-t-on pour se développer? Des enfants peuvent-ils évoluer harmonieusement en dehors de tout cadre, de tout modèle d'identification? On peine à trouver des réponses tangibles chez les défenseurs des études de genre.

Pour se dédouaner d'accusations de dogmatisme, certains parmi eux jouent sur les mots, affirmant qu'il n'existe aucune «théorie des genres», mais bien un champ de recherches portant le nom générique d'études de genre. Fort bien, mais reste que les promoteurs de cette discipline affichent une telle conviction qu'ils sont dans le vrai et que quiconque les contredit devient un béotien ignare opposé à tout progrès qu'il semble que la confusion entre théorie et études existe d'abord chez ces chercheurs mêmes. Tout comme il règne chez eux une confusion manifeste entre démarche scientifique empirique et spéculation sociologique, philosophique ou artistique.

Certains d'entre eux, dont Anne-Joëlle Philippart, chercheuse à HEC-ULg, tentent vainement de calmer le jeu en jouant sur la différence entre études et théorie, ce qui ne les empêche pas de trahir un parti-pris pour le moins dogmatique présentant leur point de vue comme définitif. Ainsi s'exprime Mme Philippart:

«On ne naît pas femme, on le devient. C'est ce qu'écrivait Simone de Beauvoir en 1949. Elle voulait signifier par là que les différences entre hommes et femmes sont plus liées à des facteurs sociaux, culturels et économiques qu'à des différences biologiques.C'était aussi pour elle une façon de démontrer les origines des inégalités et des injustices faites aux femmes.»

À l'appui de cette thèse, les recherches récentes en neurobiologie mettent en avant la plasticité du cerveau de l'être humain qui nous permet, à tous les âges, de changer nos habitudes, réorienter nos trajectoires de vie et développer de nouveaux talents. Seulement 10% du cerveau est "câblé" à la naissance et aucun instinct ne s'exprime, chez l'humain, sans l'influence de l'environnement culturel.»

Nous allons voir comment ces prétentions ne seront contredites que par les faits.

Quand un humoriste pose des questions sérieuses

Un humoriste norvégien a récemment mis en échec des chercheurs de son pays adeptes des études de genre, comme les universitaires partageant leurs vues, ainsi que les journalistes qui n'ont jamais pris la peine de questionner  sérieusement et objectivement la pertinence d'une telle nouveauté. L'homme en question, Harald Eia, s'est livré dans un documentaire à une démarche journalistique rigoureuse sur le sujet, contrairement à ses compatriotes des médias, exposant aussi bien les points de vue des défenseurs des études de genre que celui de ses détracteurs, pour en arriver à la conclusion, devant la pauvreté des explications des premiers, à la pertinence des conclusions des seconds. Résultat: après la diffusion du film, la Norvège a purement et simplement fermé le robinet aux subventions de thèses sans fondement scientifique. Doit-on parler de censure?...

Plantant dès le début le décor de son questionnement, en précisant que la Norvège a été déclarée le pays où l'égalité homme-femme était la plus aboutie, le documentariste amateur, paradoxalement davantage connu dans son pays pour son talent de fantaisiste, constate, statistiques à l'appui, que les hommes et les femmes persistent à choisir de métiers traditionnellement en rapport avec leur sexe.  

Ainsi, malgré toutes les tentatives étatiques pour «corriger le tir», la Norvège ne recrute que 10 % de femmes parmi les ingénieurs tandis que ces dernières représentent 90 % des infirmières. L'apocalypse patriarcale est proche...

Quand la grenouille sociologique...

D'entrée de jeu, le documentariste amateur donne la parole à deux prétendus chercheurs, défenseurs des études de genre. Le premier, Joergen Lorentzen, du Centre de recherche interdisciplinaire sur le genre à l'université d'Oslo, affiche une morgue et une arrogance assommantes lorsque questionné sur le fait que des différences biologiques, inhérentes aux cerveaux respectifs des hommes et des femmes, pourraient expliquer des choix professionnels à majorités masculine et féminine.

Il déclare: «Toutes ces recherches (affirmant des différences biologiques entre le cerveau masculin et sa contrepartie féminine) ont été réfutées par des études récentes.  La plupart des gens disent de nos jours qu'il n'y a pas de différences.» Quelles sont ces études récentes, qui sont ces gens qui disent qu'il n'y a pas de différences? Mystère et bœuf en daube.

Tout aussi énigmatique, Catherine Egeland, chercheuse sur le genre à l'Institut de recherche sur le travail, lève les yeux au ciel d'exaspération lorsque questionnée sur les différences fondamentales entre les hommes et les femmes qui n'ont, selon elle, aucun fondement biologique, mais ne peuvent qu'être le résultat de l'environnement social.

Elle finira par trahir les prétentions de sa discipline d'appartenance, la sociologie, et de ses dogmes, par l'affirmation suivante: «J'ai ce que vous appelleriez des bases théoriques. Il n'y a pas de place pour la biologie là-dedans pour moi. Je pense que les sciences sociales doivent "challenger" l'idée selon laquelle tout cela est basé sur des différences biologiques.» À quoi ressemble ces bases théoriques? Pourquoi cette obstination puérile à vouloir «challenger» les sciences pures?  

Cette attitude suffisante trahit en réalité chez les pro-gender une frustration, un sentiment d'infériorité intolérable devant les véritables chercheurs qui testent et vérifient leurs hypothèses de façon empirique, et arrivent à prouver leurs dires. Ces scientifiques ne décident pas à l'avance des conclusions de leurs thèses pour ensuite tenter d'y faire coller leurs expériences. Ils gardent l'esprit ouvert à la découverte. 

Des «pro-gender» comme Mme Egeland décident à l'avance de leurs constats, s'en persuadent à l'aide de «bases théoriques» nébuleuses connues d'eux seuls, mais qu'il faudrait prendre pour argent comptant sans discuter; des «pro-gender» qui se gardent bien de toute expérimentation scientifique (une démarche aussi dépassée que leurs résultats, semble-t-il) qui pourrait invalider leur point de vue.

.... veut se faire aussi grosse que le bœuf scientifique...

Les choses sérieuses commencent vraiment à partir du moment où le documentariste se déplace afin de recueillir les points de vue de véritables scientifiques. Il commence avec Richard Lippa, professeur de psychologie à l'université Fullerton, en Californie, qui a mené une vaste recherche au sein de 53 pays sur les choix professionnels comparés des hommes et des femmes. Il a constaté que, peu importe la culture, que l'on compare un pays islamiste à une société plus égalitaire, hommes et femmes ont tendance à faire des choix en lien avec leur sexe.  

Il n'écarte pas pour autant tout à fait l'impact culturel, mais le juge non déterminant, tout comme Trond Diseth, professeur à l'Université d'Oslo, spécialiste en psychiatrie enfantine, qui n'hésite pas à réfuter, posément, mais fermement, les prétentions de Lorentzen, à l'effet que les études démontrant les différences biologiques entre les hommes et les femmes soient déphasées. Il parle même d'études récentes, à la fine pointe du progrès, qui confirment au contraire ces thèses.

Expérimentation à l'appui, Diseth affirme qu'à partir de l'âge de neuf mois, garçons et filles démontrent un intérêt marqué pour des jouets en lien avec leur sexe. Ses propos sont consolidés par Simon Baron Cohen, le frère de l'humoriste Sacha Baron Cohen, professeur de psychiatrie à Cambridge et directeur du Centre de recherche sur l'autisme, qui affirme que «même au premier jour de la vie», garçons et filles ne sont pas attirés par les mêmes centres d'intérêt, les premiers, étant fascinés par les objets mécaniques, les secondes, attirées par les visages.  

Les différences dans les taux de testostérone, deux fois plus élevés chez les garçons que chez les filles, expliquent cette réalité, déjà prévisible alors que l'enfant habite l'utérus. La psychologue évolutionniste Anne Campbell, de l'université Durham, au Royaume-Uni, affirme quant à elle que l'humanité est influencée par des gênes vieux de plusieurs centaines d'années et que le milieu n'a qu'une importance restreinte.  

Quand l'humoriste-documentariste lui fait écouter les propos étonnants de Lorentzen réfutant l'apport fondamental de la biologie dans les différences entre les sexes, la scientifique en reste pantoise: «Absolument incroyable! Cela me laisse sans voix que quelqu'un puisse dire cela!»  Elle n'est pas la seule...

Cul-de-sac !

De retour en Norvège, Harald Eia confronte les pseudos scientifiques, qu'il avait interrogés avant son départ, à ses découvertes. Très embarrassés, Joergen Lorentzen et son acolyte, Catherine Egeland, pataugent maladroitement et perdent passablement de leur superbe, s'affichant davantage comme des Laurel et Hardy idéologiques qu'en tant que chercheurs crédibles.

Dépitée, Egeland ira jusqu'à accuser Diseth d'avoir faussé ses expériences pour les faire coïncider avec ses conclusions. Un cas flagrant de projection, même si on ne connaît aucune expérimentation à la pseudo-chercheuse. C'est à ce moment qu'elle nous sortira l'argument des énigmatiques «bases théoriques» pour justifier sa foi indéfectible envers les études de genre.

De son côté, telle une baudruche dégonflée, Lorentzen affirme que les études des scientifiques, médiocres, selon lui, ne l'ont pas convaincu que les hommes et les femmes étaient biologiquement différents, hormis sur le plan génital, ni que leur cerveau n'était pas similaire. Tant qu'il ne sera pas persuadé par une base scientifique crédible, il s'en tiendra à ses convictions, sans pour autant expliquer sur quelle base scientifique il s'appuie, lui, pour affirmer l'absence de différences en laquelle il dit croire.

Et nous, dans tout ça ?

Peu de temps après la diffusion de ce documentaire-choc et du KO final infligé au dynamique duo idéologique norvégien, le gouvernement de leur pays décidait de couper tout financement aux études de genre. En Suède, toujours sous l'emprise de cette lubie idéologique, des camps d'été où garçons défilent en robe et filles jouent au camion sont organisés. Comme nous l'avons vu plus haut, en France, le débat sur cette question, déjà enclenché par celui du mariage pour tous, qui présente insidieusement l'hétérosexualité comme un phénomène culturel sans assise biologique, fait toujours rage.  

Pouvoir du féminisme d'État québécois «aidant», cette question pourrait venir contaminer le paysage scolaire québécois, et par conséquent social, malgré l'incontestable défaite norvégienne. Quand on connaît le pouvoir d'influence du féminisme d'État auprès du milieu de l'Éducation, il est de première importance de faire connaître le documentaire de Harald Eia au grand public. Vous pouvez le visionner grâce à ce lien.

Un coup d'œil au délire suédois sur l'éducation asexuée des enfants dès leur entrée dans le système scolaire, au nom d'une conception désincarnée de l'égalité homme femme, a de quoi faire frémir. La perspective de voir les hommes et les  femmes de demain en perpétuel conflit entre leur identité spontanée et des attentes sociales déconnectées du réel n'annonce rien de bon pour notre devenir collectif.  Bien sûr, il existe encore de la discrimination selon le sexe, mais quand arrêterons-nous de prendre des différences innées pour des stéréotypes sexistes? 

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