Olivier Grondin

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La douillette électorale

Publication: 03/08/2012 10:05

Lorsque j'étais petit, j'étais le style d'enfant très nerveux. Je ne me souviens pas d'avoir eu peur des monstres sous mon lit ou des abominations qui se cachaient dans le placard. Non, gamin, ce qui me terrorisait, c'est la peur que mes parents meurent, qu'en me couchant, je me réveille dans une autre réalité. J'avais peur de la mort, la mienne, mais celle des autres aussi. Dans mes moments de malaise trop intense, j'allais dans mon lit et là, sous la couverte, je me reconstruisais le monde. Ma couverte était à la fois un bunker dans lequel je me protégeais des charges de soldats ennemis, une cache dans laquelle je pouvais me dissimuler des indigènes qui me pourchassaient et un abri dans lequel je devais me cacher afin de survivre à une frappe nucléaire. Sous ma couverte, toutes les menaces prenaient tellement d'importance que j'en oubliais mes remises en question, j'avais l'impression de tenir une solution.

Le Québec d'aujourd'hui n'est pas le Québec d'il y a un an. La société a commencé une profonde remise en question de ses valeurs et de ses idées. Les temps à venir seront porteurs de nombreux changements, qu'on le veuille ou non. Le Québec dans 4 ans ne sera pas le Québec d'il y a 4 ans. Près de 30 ans de stagnation idéologique et les 10 ans de pouvoir du PLQ ont mené le Québec sur un fil de fer tendu au-dessus de deux possibles. D'une part, le Québec de demain pourrait s'avérer être un modèle de progressisme et d'avancement de cause social. Un des premiers pays développés à remettre en question les valeurs transcendantes des sociétés occidentales. Et, de l'autre côté, le Québec pourrait, comme il s'en est montré capable, déployer un appareil répressif monstre et sombrer dans une dictature du confort et de l'indifférence. Les prochaines élections joueront un rôle dans ce dessin du Québec de demain. Elles nous serviront d'intermède, d'impression de pouvoir facile et agréable. Partout des gens se lèveront, mettront leur douillette sur leur dos et se présenteront aux urnes pour faire valoir leur "voix".

Malheureusement, plusieurs oublieront que, le x dans une case, ce n'est pas la démocratie. C'est un exercice de démocratie, au même titre qu'une manifestation et une assemblée générale. C'est encore moins la démocratie quand ton x à toi est détourné par "représentativité". Le vote, dans sa conception présente, n'est qu'un voile, un geste individuel, individualisé, isolé.

Alors face à une période de si grande remise en question, quel rôle joueront les élections? Elles nous donneront une pause, une impression d'avoir une emprise sur ce qui se passe. Le temps des élections, on s'imaginera consulté, en situation de pouvoir sur nos vies. Des élections comme abri nucléaire, on se fera croire que ça réglera tout nos questionnements. Une impression sporadique et soporifique d'exercer un pouvoir, d'exercer "le" pouvoir. Une impression de changer le monde. Une impression confortable, chaude.

Mais le 5 septembre, nous n'aurons toujours pas réglé les problèmes de corruption qui gangrènent le Québec, nous n'aurons toujours pas trouvé de solution pour satisfaire les 300 000 étudiants qui furent en grève d'au moins une journée le 22 Mars, le Plan Nord n'aura toujours pas démontré sa pertinence et le développement à long terme du Québec ne sera toujours pas garanti. Ce que nous aurons le 4 septembre, c'est un interlocuteur. Les changements ne se font pas par un X dans une boite, mais par une prise de conscience et une implication dans sa communauté.

Il serait peut-être temps qu'on cesse de l'oublier.


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  • Une affiche électorale bien placée!

  • Reservoir Dogs, version libérale

  • Un air de ressemblance avec la famille Slomeau?

  • On sourit!

  • L'économie d'abord ou... quoi?

  • Sarko se marre, Charest se barre.

  • OK, on joue. Suis-je un animal? Un objet? Est-ce que j'ai les cheveux frisés?

  • Oh, là, je t'ai cassé!

  • Un p'tit banc, peut-être?

  • Gaz de schiste: Wo!

  • Une oeuvre contemporaine... mal placée

  • Le retour de BiBi

  • Peace.

  • Attention, elle va tomber sur le micro...

  • C'est ce qu'on appelle avoir les deux yeux dans la graisse de bine

  • Père Noël, pouvez-vous devancer mon cadeau cette année?

  • Pas sûre que je veux y toucher...

  • Oh, le beau chapeau!

  • Mais où avais-je la tête? Ah oui! Entre deux jongleurs!

  • Pauline est contente

  • Un supporter... un peu trop affectueux

  • Un jeune qui ne pense qu'à la "belle vie"

  • Ce n'est pas le salut que vous croyez

  • Passionnant, passionnant...

  • Eh boy, des élections? Pas déjà!

  • Le gars à côté, il fait des niaiseries gros comme ça!

 

Suivre Olivier Grondin sur Twitter: www.twitter.com/OlivierGrondin

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Lorsque j'étais petit, j'étais le style d'enfant très nerveux. Je ne me souviens pas d'avoir eu peur des monstres sous mon lit ou des abominations qui se cachaient dans le placard. Non, gamin, ce ...
Lorsque j'étais petit, j'étais le style d'enfant très nerveux. Je ne me souviens pas d'avoir eu peur des monstres sous mon lit ou des abominations qui se cachaient dans le placard. Non, gamin, ce ...
 
 
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12:28 sur 03/08/2012
Ce système parlementaire n'est pas une vraie démocratie. Oh, bien sûr, ce n'est pas une dictature, mais les dérapages montrent que le potentiel est là. Et c'est déjà trop.

Ça fait plus ou moins 170 ans qu'on s'est aperçu des défauts de la patente, il est grand temps que ça change.

La représentativité de ce système est totalement déficiente, il n'y a pas de mécanismes pour empêcher le choix partisan du moment des élections, et le gouvernement en place a tout le temps qu'il lui faut pour retarder les enquêtes quand on questionne ses actes et il peut à tout moment court-circuiter le parlement avec le bâillon, sans parler de la ligne de parti qui empêche un député de vraiment répondre aux besoins de ses électeurs.

Voter ne change pas grand chose, dans ce contexte, puisque les gens sont trop souvent convaincus que ça ne sert pas tant. Voter pour un parti ayant des chances de gagner semble la seule solution, mais c'est quasiment bonnet blanc et blanc bonnet, à quelques nuances près.

Voter, ce n'est qu'un instant, pourtant, la société ne s'arrête pas.

Et de toute manière le gouvernement en place n'a reçu que 30-40% des voix, et le vote d'un individu dans un comté où on vote massivement pour un parti autre que le sien NE COMPTE PAS!