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Donald Trump et Shinzo Abe misent sur les pressions que Pékin exercerait sur Pyongyang

C'est un nouveau défi pour le président des États-Unis et pour l'ensemble de la communauté internationale qui condamne volontiers avec vigueur ce nouvel essai.

05/09/2017 10:44 EDT | Actualisé 05/09/2017 10:44 EDT
Kim Kyung Hoon / Reuters
On soulignera volontiers que les initiatives de Pyongyang ont réussi somme tout à consolider encore davantage l'alliance entre Washington et Tokyo.

Le régime de Pyongyang a annoncé le 3 septembre 2017 avoir testé une bombe à hydrogène, dite bombe H. Cette charge serait destinée à être montée sur un missile balistique intercontinental.

Qu'on y songe, les bombes de ce type sont beaucoup plus puissantes que les bombes atomiques classiques que la Corée du Nord a déjà testées.

Et c'est ainsi que pour les spécialistes sud-coréens, la puissance de la nouvelle secousse était cinq à six fois supérieure à celle du précédent essai de septembre 2016. Étant entendu que Pyongyang avait alors fait exploser une bombe de 10 kilotonnes.

Le Régime de Pyongyong qui a élevé le principe de la dissuasion nucléaire dans sa constitution évoque fièrement la «réussite parfaite» et précise que l'engin peut être monté sur ses missiles à longue portée. Il s'agit là du sixième essai nucléaire de la Corée du Nord. Pour Valérie Niquet, responsable du pôle Asie à la Fondation pour la recherche stratégique, ce test «crédibilise la capacité nucléaire» de Pyongyang et aggrave la menace qui plane sur les États-Unis.

C'est un nouveau défi pour le président des États-Unis et pour l'ensemble de la communauté internationale qui condamne volontiers avec vigueur ce nouvel essai.

C'est un nouveau défi pour le président des États-Unis et pour l'ensemble de la communauté internationale qui condamne volontiers avec vigueur ce nouvel essai.

Cette nouvelle initiative du régime de Kim Jong-un pose un défi direct au président américain qui s'était entretenu quelques heures auparavant au téléphone avec le premier ministre japonais Shinzo Abe de la crise dans la péninsule coréenne.

La Russie a estimé que «cette dernière manifestation par Pyongyang de mépris pour les exigences des résolutions en la matière du Conseil de sécurité des Nations Unies et les normes du droit international méritait la plus forte condamnation.»

Et il y a plus, «selon la Russie, le point de vue selon lequel il serait possible de mettre fin au programme de missiles nucléaires de la Corée du Nord seulement en accentuant la pression sur Pyongyang est erroné et vain», indique Vladimir Poutine.

on soulignera volontiers que les initiatives de Pyongyang ont réussi somme tout à consolider encore davantage l'alliance entre Washington et Tokyo.

On s'en souvient, le 29 août 2017, le Conseil de sécurité de l'ONU s'était réuni en urgence, à la demande de Tokyo et Washington, après le tir d'un missile lancé par Pyongyang qui a au large de l'île d'Hokkaido au Japon. La réunion a débouché sur une «forte condamnation» de cette nouvelle démonstration nord-coréenne. Le conseil des Nations Unies appelle à la stricte application des sanctions internationales déjà décrétées. Chemin faisant, on soulignera volontiers que les initiatives de Pyongyang ont réussi somme tout à consolider encore davantage l'alliance entre Washington et Tokyo.

Pour Donald Trump et Shinzo Abe, la pression passe par l'arrêt de la fourniture de pétrole

Mais si les dirigeants américain et japonais partagent la même position à savoir celle «d'augmenter la pression sur la Corée du Nord». Étant entendu que cette pression passe notamment par l'arrêt de la fourniture de pétrole, Pékin, répète quant à lui ses appels à la reprise du dialogue.

Et Donald Trump mise bel et bien sur les pressions que Pékin exercerait sur Pyongyang pour obtenir l'arrêt de son programme nucléaire. Or la Chine a tout à perdre à lancer des initiatives qui rompraient un équilibre précaire.

Pékin, qui «condamne vigoureusement» le sixième essai nucléaire nord-coréen, a appliqué les dernières sanctions des Nations Unies votées le 5 août 2017, mais ne souhaite pas pour autant l'effondrement du régime de Pyongyang.

Pour Pékin, tout vaut mieux qu'un effondrement du régime de Kim Jong-un

Aux yeux de Pékin, tout vaut mieux qu'un effondrement du régime de Kim Jong-un, qui provoquerait d'abord une arrivée massive de réfugiés dans le Nord-Est chinois, et serait suivi d'une réunification de la péninsule sous la houlette du Sud, soutenue militairement par les Américains... ce qui serait considéré comme une ligne rouge par Pékin.

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