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«Assad a gagné et il restera au pouvoir»

Plus de six ans après le début de la guerre civile en Syrie, les diplomates américains et européens ne croient plus à la victoire des groupes rebelles financés et armés par les États-Unis pour faire tomber le Lion de Syrie.

01/09/2017 09:00 EDT | Actualisé 01/09/2017 09:00 EDT
Bassam Khabieh / Reuters
Environ «3 millions de personnes, dont le tiers en Syrie» vivent encore dans les zones occupées par l'EI.

Pour l'ancien ambassadeur des États-Unis en Syrie, Robert Ford, la messe est dite : « Assad a gagné la guerre et il restera au pouvoir ». C'est assurément ce qu'il a indiqué dans les colonnes du journal émirati basé à Abou Dhabi The National, publié le 28 août 2017.

De fait, plus de six ans après le début de la guerre civile en Syrie, les diplomates américains et européens ne croient plus à la victoire des groupes rebelles financés et armés par les États-Unis pour faire tomber le Lion de Syrie.

Et Robert Ford d'estimer qu'il n'est plus possible de vaincre Bachar et ses alliés russes et iraniens à moins que les États occidentaux n'acceptent d'armer les rebelles dits «modérés».

Dans le même, l'EI continue d'essuyer des revers à travers l'ensemble de la région

«L'État islamique occupe désormais 35 000 km2 en Syrie et environ 40 000 km2 en Irak, soit près de 75 000 km2 au total», contre 240 000 km2 au pic de sa puissance, précise Fabrice Balanche, géographe spécialiste du conflit syrien au Washington Institute. Cela représente respectivement moins de 19% de la superficie de la Syrie et 9% de celle de l'Irak –lesquelles s'élèvent respectivement à 185 000 km2 et 437 000 km2.

Certes, comparaison n'est pas raison, mais environ «3 millions de personnes, dont le tiers en Syrie» vivent encore dans les zones occupées par l'EI, ajoute Fabrice Balanche, contre 10 millions auparavant, soit moins de 6% de la population globale de Syrie et d'Irak.

«Le changement de dynamique en Syrie a aggravé la situation pour Israël»

Mais dans ce contexte, « le changement de dynamique en Syrie a aggravé la situation pour Israël», poursuit le diplomate américain.

C'est ainsi que «L'Iran fait d'énormes efforts pour renforcer sa présence en Syrie» appuie Benyamin. Netanyahu. «Cela représente une menace pour Israël, pour le Moyen-Orient et pour le monde entier». Étant entendue que la Russie est, avec l'Iran, l'un des principaux alliés du régime de Damas et a déclenché en septembre 2015 une intervention militaire en soutien aux forces du Lion de Syrie.

Pour mémoire, depuis le début de la crise en Syrie en 2011, Israël qui tient à tout prix à ne pas être aspiré dans le conflit, n'hésite pas pour autant à frapper des convois à destination du Hezbollah ou des positions des forces régulières syriennes à l'instar par exemple de la localité de Qouneitra.

«La France ne s'imposera pas un choix entre chiites et sunnites»

Dans cette perspective, Donald Trump avait appelé le 21 mai 2017 à Riyad « toutes les nations dotées d'un sens des responsabilités » à «travailler ensemble pour isoler» l'Iran, accusé d'être le «fer de lance du terrorisme mondial», mais contre toute attente, le Président Emmanuel Macron, fixant comme priorité de sa diplomatie «la lutte contre le terrorisme islamique» a souligné que la France n'atteindrait cet objectif «qu'à la condition de ne pas entrer dans ces grilles de lecture qui voudraient imposer un choix entre chiites et sunnites et, en quelque sorte, nous obliger à nous enfermer dans un camp». Voici somme toute une posture qui s'annonce plus pragmatique...

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