Normand Perry

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Prix de l'essence à la pompe: un carburant efficace de récessions...

Publication: 19/09/2012 10:22

Si la plupart des économistes s'accordent pour penser que la crise financière débutée en 2008 est surtout attribuable à la question des « subprimes » sur les marchés financiers américains et internationaux, je suis de ceux (tout en étant aucunement spécialiste de l'économie) à penser que cette crise a une autre cause parallèle.

La plupart des récessions depuis le milieu du XXe siècle ont été précédées à quelques mois de distances d'une flambée des prix du pétrole. Pourquoi 2008 ferait-elle exception à cette tendance? Et surtout pourquoi depuis 2008 la crise financière mondiale semble-t-elle s'enliser, voire même se transformer en dépression économique d'une ampleur sans précédant?

J'ai ma petite théorie sur la question.

Puisque tout est transporté ou à peu près par des véhicules alimentés au pétrole, la facture des prix élevés du pétrole sont refilés des transporteurs vers les clients. Ces clients là refilent la facture aux consommateurs, qui eux, ayant déjà subi l'impact direct de l'augmentation des prix du pétrole pour leurs propres déplacements, doivent le subir doublement et peut-être davantage encore.

Puis d'enchaînement à enchaînement le taux d'inflation ira en croissance, et pour combattre l'inflation la Banque du Canada tout comme la Réserve américaine devront un jour ou l'autre augmenter leur taux directeur, indiquant du même souffle aux banques d'augmenter leur taux d'intérêt aux consommateurs.

Qui va encore payer plus cher? Toujours le consommateur à qui on enlève de plus en plus de marge de manœuvre, consommateur qui curieusement, ne voit jamais son revenu augmenter en proportion égale à ce jeu de dominos. La logique mathématique est implacable: le consommateur n'ayant plus de marge de manœuvre n'injecte plus de dollars neuf dans l'économie, qui elle va stagner et le cycle de récession est devenue récession permanente depuis 2008. Par surcroît nous assistons et vivons l'extinction de la classe moyenne purement et simplement. Mais quel joli portrait, n'est-ce pas?

Puisque l'industrie pétrolière a un impact très lourd sur l'ensemble de l'économie locale, nationale et mondiale, elle ne doit plus être laissée à elle-même dans le supposé « jeu de concurrence » et du « libre-marché ». Les règles du libre-marché du secteur pétrolier se révélant être la loi de la jungle à l'égard du consommateur, il faut imposer des contrôles sur cette industrie et si les joueurs refusent de s'y soumettre, qu'on la nationalise. Mot et concept abject de la droite néolibérale, certes, mais un remède de cheval nécessaire aux maux engendrés par celle-ci.

Sans quoi nous nous enfoncerons dans un cercle infernal et sans fin de récessions infinies. Qu'on me prouve le contraire chiffres et tableaux à l'appui et je vais me taire à jamais sur cette question...

 

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