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Achat d'amis sur Facebook: la désinformation à l'oeuvre

18/07/2012 02:31 EDT | Actualisé 17/09/2012 05:12 EDT

Ce texte a initialement été publié sur le blogue du site evollia.com, spécialisé en développement web pour les affaires.

J'ai regardé du coin de l'oeil dimanche soir le scandale du jour avec l'achat supposé d'amis Facebook pour la page de Pauline Marois sur Facebook. Une vidéo a été publiée sur YouTube faisant état de l'augmentation du nombre d'admirateurs pendant 7 jours. L'histoire me paraissait assez banale en partant. C'est une autre polémique idiote qui met le feu à Twitter comme à l'habitude. Toutefois, la désinformation par les experts en médias sociaux et le ravage des spin doctors des partis adverses m'agacent profondément. J'aimerais apporter une dose de réalité à cette histoire de fiction.

Le système publicitaire de Facebook s'est grandement amélioré depuis quelque temps avec les histoires commanditées. Ce nouveau type de publicité se sert des liens sociaux existants de vos abonnés pour promouvoir votre marque. Ces publicités s'affichent dans le fil de nouvelles de vos abonnés et celui de leurs amis. Un type d'histoire très efficace est celui qui promeut directement une page Facebook.

Exemple de rendu de la publicité

Cette publicité s'affiche aux amis de vos abonnés existants. Elle indique à la cible qu'un certain nombre de ses amis sont abonnés à cette telle page. Un bouton d'abonnement est mis en évidence pour les encourager à faire de même. Les nouveaux adeptes recrutés par ce type de campagne ne sont pas du tout de faux comptes. Ils sont bel et bien des amis des abonnés actuels. Ce type de publicité est donc très bien ciblée. Un sympathisant péquiste est surement ami avec d'autres péquistes. Ils sont alors très enclins à cliquer sur le bouton d'abonnement. Ils ne l'avaient pas fait avant puisqu'ils ne savaient pas l'existence de la page. Ça peut arriver, les gens ont une vie en dehors de Facebook.

Une page qui compte 10 000 abonnés risque d'augmenter considérablement son nombre d'abonnés avec ce type de publicité. Les nombres d'amis de ces 10 000 abonnés additionnés ensemble créent un bassin potentiel énorme et très ciblé. Ils étaient surement plus nombreux que 10 000 à aimer Pauline Marois au Québec. Ils sont surement beaucoup plus nombreux que 20 000 aussi. Où est le scandale alors? Sans être un partisan du Parti Québécois, Mme Marois me parait sympathique et suffisamment pertinente pour que je m'abonne à sa page.

Dans cette polémique, on insinue que le Parti Québécois a utilisé un service controversé sans en avoir fait la preuve. Ce service promet l'ajout de 10 000 d'abonnés en mobilisant autant de faux comptes à s'abonner à votre page. Je doute sérieusement que ces services fonctionnent réellement. Facebook a des capacités techniques très efficaces pour détecter les faux comptes. Un service d'abonnement massif est très peu discret et peut être facilement être déjoué par la sécurité de Facebook.

Facebook est maintenant inscrit à la bourse et son système de publicité est stratégique dans son évaluation boursière. L'entreprise a donc intérêt que les profils personnels soient authentiques.

La piste de la légitime campagne Facebook est beaucoup plus plausible. Elle n'a rien de honteux. Elle fait la promotion d'une marque ou une personnalité à des personnes qui sont susceptibles de déjà l'aimer en dehors de Facebook. Les partis politiques depuis longtemps achètent des publicités télévisées et dans les journaux pour mobiliser ses électeurs. Pourquoi ça serait maintenant différent sur les nouveaux médias?