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Le marché de l'emploi au coeur de l'intégration

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J'ai annoncé le 30 janvier dernier que je me retirai de mes fonctions de président de la Commission-Jeunesse du PLQ. Il s'agit donc de ma dernière publication sur ce blogue. Merci de m'avoir lu... et je vous encourage fortement à lire les textes des prochains présidents!

En 2014, les membres de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec proposaient, à l'occasion de leur Congrès-Jeunes, une réforme de la grille d'analyse utilisée pour accueillir les nouveaux arrivants. Nous préconisions alors une analyse des besoins du marché de l'emploi québécois et un arrimage entre ces besoins et les compétences détenues par les immigrants.

Cette suggestion de réforme poursuivait de nombreux objectifs. D'une part, nous pourrions accroître la participation des nouveaux arrivants au marché du travail, ce qui favoriserait une intégration plus rapide et plus complète à la société d'accueil, et d'autre part, nous pourrions combler une partie des besoins de nos entreprises, lesquelles font face à une alarmante pénurie de main-d'oeuvre qualifiée.

Certains ont fait grand cas du fait que cette proposition de réforme suggérait de réduire l'importance accordée à la connaissance du français dans la grille d'analyse utilisée par l'État québécois pour sélectionner les nouveaux arrivants.

Évidemment, ces critiques ont oublié de noter qu'à compétence égale, la proposition prévoyait que soit privilégiée la candidature de celles et ceux qui avaient déjà une connaissance de la langue de Molière.

Or, notre réflexion était, entre autres, fondée sur le fait que c'est par le marché du travail qu'on peut plus facilement s'intégrer et que, comme la langue officielle du Québec est le français, c'est en français que le nouvel arrivant allait travailler et s'intégrer progressivement à sa société d'accueil, en l'occurrence, le Québec.

N'est-ce pas ainsi que les Polonais, les Roumains, les Ukrainiens, les Portugais et les Italiens, pour ne nommer que ceux-là, se sont intégrés au Québec?

Pour quiconque est un habitué des rues de Montréal, la diversité culturelle découlant de la présence de citoyens provenant des quatre coins du globe constitue indubitablement une grande richesse pour l'ensemble de notre société.

C'est grâce à cette diversité que l'on peut, d'un quartier à l'autre de Montréal, acheter ses pâtes chez l'épicier italien Milano, ses viandes chez l'épicerie iranienne Akhavan, ses bagels sur St-Viateur, ses fruits et légumes chez Adonis et s'arrêter le temps d'un sandwich à la Charcuterie hongroise sur St-Laurent.

La diversité de l'offre culinaire n'est qu'un des nombreux exemples de l'apport des nouveaux arrivants à la richesse de notre quotidien et de notre patrimoine collectif.

En tant que société, nous avons grandement bénéficié de l'apport socio-économique et culturel de ces communautés à notre société.

L'harmonie relative qui a présidé à cette intégration et à la construction de la mosaïque culturelle qui fait la beauté du Québec d'aujourd'hui témoigne avec éloquence des bienfaits de l'ouverture et de la tolérance qui doivent prévaloir.

La méfiance, la haine, la peur et l'ignorance sont des sources de conflits, de tensions et de division.

L'histoire de notre pays, du Québec et de Montréal, nous rappelle sans cesse que notre société en est une d'immigrants.

Des immigrants qui, vague après vague, succès après succès, ont réussi à construire le Canada et le Québec que nous connaissons aujourd'hui.

Un Québec qui a tourné la page sur l'épisode honteux de la Charte des valeurs du Parti Québécois et qui s'est rappelé de ses racines et de son histoire.

Celle qui est notamment inscrite sur le drapeau de la ville de Montréal, ce drapeau où se côtoient la fleur de lys de la France, la rose de l'Angleterre, la fleur de chardon de l'Écosse et le trèfle de l'Irlande, quatre des communautés qui ont bâti la ville telle que nous la connaissons aujourd'hui et qui malgré leurs divergences linguistiques, religieuses et culturelles ont toujours choisi de se rallier l'une à l'autre et de s'unir autour d'une même devise: concordia salus. Le salut par la concorde.

C'est ainsi que le Canada et le Québec se sont construits et c'est ainsi qu'ils resteront forts et unis.

À LIRE AUSSI SUR LES BLOGUES

>Un nouveau contrat social: réussir une immigration durable et positive au Québec - Yann Gobeil-Nadon
>Réussir l'intégration - Vincent Blais-Fortin

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