Si Stephen Harper agit en cowboy dans la gestion des affaires intérieures du Canada, il joue au colonisé, pour ne pas dire au colon, aux affaires extérieures. Sa dernière bourde internationale, a eu lieu cette semaine à New York. Alors que les peuples sans pays rêvent de faire entendre leur voix à la célèbre tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, notre cher Premier a décidé de ne pas se joindre aux 167 chefs d'État et de gouvernement qui y exposent leur vision du monde.
Dans la Chambre des communes, la rareté du français parlée dans les rangs des conservateurs parle d'elle-même. Après presque sept ans au pouvoir, on se désole du nombre de députés conservateurs qui ont pris la peine d'apprendre la langue de Moliere. Le message, quant à lui, ne requiert point de traduction. Le français, on s'en sacre comme l'an quarante.
Alors que les députés (fédéraux) et sénateurs se préparent à revenir à Ottawa pour la session d'automne, le gouvernement continuera à pousser son agenda, en grande partie basé sur les propositions électorales faites en 2011. Disposant d'une majorité et de temps (la prochaine élection ne sera qu'en 2015), les conservateurs vont présenter des projets de lois visant à limiter les dépenses publiques et à renforcer leur image de « loi et ordre » si chère à leurs électeurs dans certaines parties de l'Ouest canadien.
En toute franchise, je crois sincèrement que le registre dans sa forme actuelle n'est peut-être pas idéal, mais que l'enregistrement des armes reste nécessaire. Il n'y a bien sûr pas de solution magique. À ce compte, rares sont les problèmes de sécurité publique pour lesquels il existe un remède miracle. Je crois tout de même que notre devoir en tant que société consiste à tout faire pour empêcher la multiplication des drames.
Depuis l'élection des Conservateurs à Ottawa en 2006, les forces souverainistes, toutes tendances confondues, peinent à dépasser les 40%. La stratégie est simple: ne pas prendre de front les forces souverainistes tout en donnant de l'espoir aux forces fédéralistes. La division du vote souverainiste a empêché l'élection mardi dernier d'un gouvernement majoritaire péquiste au Québec.
La campagne électorale est dans son dernier droit et plusieurs des commentateurs qui ont déjà entrepris d'en faire le bilan ont noté que d'importantes questions, pourtant criantes il y a quelques semaines à peine, ont depuis été totalement escamotées. Au nombre d'entre elles: ces millions que les payeurs de taxes québécois versent à l'État canadien pour la coopération internationale et qui, en retour, ne se traduisent absolument pas par un soutien canadiens aux organisations de solidarité de chez-nous.
En tant que démocrate, je suis estomaquée de constater que le ministre des Affaires étrangères, John Baird, refuse de condamner clairement la sentence injuste délivrée par la justice russe envers le groupe punk Pussy Riot. Il n'y a pourtant aucune place à l'interprétation dans ce dossier: la condamnation à deux ans de camp pénitentiaire des trois membres de Pussy Riot est tout à fait disproportionnée et inacceptable.
Je crois que les projets de développement énergétique doivent faire l'objet d'évaluations environnementales sérieuses. On ne peut pas, par exemple, se lancer tête baissée dans la construction de pipelines sans réfléchir collectivement aux avantages et inconvénients que comportent des projets de telle envergure. Développer, d'accord, mais pas à n'importe quel prix.
Nous sommes un peuple attaché à ce que nous avons construit ici en Amérique depuis 400 ans : une société originale, unique, ni meilleure ni pire que les autres, juste différente. Et cette différence est précieuse : nous en sommes fiers. Le respect de nos valeurs, de notre identité, de ce que j'appellerais « l'âme québécoise », est d'autant plus important qu'il y a présentement à Ottawa un premier ministre qui ne nous respecte pas, qui ne respecte pas la nation québécoise.
Le Canada possède environ 20% des forêts intactes mondiales, 25% des milieux humides et 9% des réserves d'eau douce renouvelables. C'est notre responsabilité collective de protéger ce patrimoine. Pourquoi le gouvernement Harper semble-t-il croire le contraire?
Écoeurés des compressions idéologiques et du mépris dont ils sont victimes, les scientifiques du gouvernement canadien ont manifesté cette semaine contre l'ignorance du gouvernement Harper. J'aimerais joindre ma voix à la leur pour dénoncer le dogmatisme dont font preuve les conservateurs depuis leur arrivée au pouvoir.
Le Parti québécois et sa chef Pauline Marois viennent de trouver en Harper un allié béton qui vient réveiller les vieux démons de notre aliénation collective et de notre sentiment d'infériorité : unilinguisme anglais de l'appareil fédéral, résurrection de la monarchie, attaque sur le pouvoir de dépenser des provinces, diminution significative de la représentation du Québec. Harper prépare notre assimilation.
Notre conservateur en chef a choisi la belle saison pour continuer de couper dans notre société et de raser les acquis du passé loin des yeux de son peuple parti faire du pédalo au chalet. Et hop, un petit coup de trime par-ci, un petit coup de débroussailleuse par-là, une subvention dans le tordeur, un chèque à la déchiqueteuse, des emplois taillés en pièces...
Alors que le gouvernement fédéral met à pied des dizaines de milliers de fonctionnaires et équilibre son budget en sacrifiant la croissance économique et l'emploi, avons-nous vraiment les moyens de renouveler la décoration de Rideau Hall, la résidence officielle du Gouverneur général?
Saint-Narcisse-de-Beaurivage a été le théâtre d'une parade exceptionnelle le 24 juin : pas moins de 18 ministres conservateurs menés par le premier ministre lui-même, Stephen Harper. Pas de doute, les grandes manoeuvres ont commencé.
Le projet de loi omnibus (C-38) est la dernière salve d'une offensive tous azimuts pour remodeler le Canada en pays beaucoup, beaucoup plus conservateur. Et pourtant, mises à part quelques voix dans le désert et l'opposition officielle à Ottawa, c'est comme si de rien n'était. On ne sent pas tellement la grogne, encore moins des couvercles de marmite sur le point de sauter.