Pauline Marois peut passer la période des Fêtes l'esprit tranquille, son parti se maintient dans les intentions de vote. Les 2 sondages publiés samedi contiennent, aussi, des signaux d'alerte. Le Léger Marketing-Le Devoir pointe le Parti québécois à 33% d'appuis tandis que le Crop-La Presse le gratifie de 36%des intentions de vote, 4 point de mieux que le 4 septembre. Compte tenu des nombreux reculs et des «affaires» qui ont mis en évidence un manque de cohésion au sein du nouveau gouvernement, c'est un bon score.
Selon les sondages, le Président Barack Obama est en tête du Collège électoral, mais sa marge, décroissante, n'est plus vraiment confortable. Son dernier mail à ses supporters, "Restez avec moi", sonne plus comme un appel à la pitié qu'à un appel aux armes. Les avocats dans les deux camps se préparent à ce qui pourrait devenir une autre élection contestée, dans laquelle le recomptage des voix pourrait être exigé ou réclamé, et cette fois probablement pas en Floride mais dans un ou plusieurs états.
On ne peut pas blâmer les sondeurs, pour qui le fonds de commerce payant est ailleurs mais, le fait que les Léger et cie soient à l'avant-scène du commentaire médiatisé, est simplement aberrant. En quoi sont-ils qualifiés pour extrapoler, imaginer, analyser, supputer, délirer, improviser à partir de probabilités et, de surcroît, influencer de par leur avis les électeurs.
Si, comme lors de nombreuses campagnes électorales dans le passé, les médias mettent plus d'efforts à analyser la course à la victoire qu'à informer les gens sur les qualités et défauts des chefs de partis, des candidats et les valeurs qu'ils défendent, cela confirmera le changement qui s'est observé aux États-Unis et au Canada au cours des dernières années. La course à la victoire est plus importante que les idées véhiculées dans cette même course.
Lorsque Bernard Landry a déclenché la campagne électorale qui devait finalement coûter le pouvoir au Parti Québécois au printemps de 2003, sa formation politique était virtuellement à égalité dans les sondages avec le PLQ, à 36% (Léger Marketing). Si la partie semblait de prime abord jouable (comme elle l'est aujourd'hui pour le premier ministre Charest), un mois d'une campagne laborieuse marquée par de nombreuses anicroches et un traitement médiatique somme toute défavorable (visionner l'excellent « À hauteur d'homme ») ont finalement donné le pouvoir à Jean Charest.
L'idée de François Legault me plaisait, au début. Je m'y suis intéressé sérieusement, dès qu'il est sorti pour en faire la promotion quelque part à l'été 2011. Son retour en politique était salué par beaucoup et sa fraîcheur a été appréciée. Je parle au passé, c'est voulu! Les intentions de vote étaient bonnes, l'image du renouveau politique et du parti qui fait changement a fait tourner beaucoup de tête. Alors qu'est-ce qui explique cette baisse incroyable dans les sondages? Qu'est-ce qui fait en sorte que François Legault a perdu des plumes au point de s'affairer à réparer que ce qui lui reste?
Dire que la Coalition avenir Québec a perdu son momentum serait un euphémisme. Des chutes dans les sondages, ça arrive même dans les meilleures familles politiques. Le problème avec la CAQ de François Legault c'est que l'on ne voit pas le jour où ils vont remonter. Surtout s'ils s'entêtent à ne pas profiter du territoire inoccupé au centre droit.