Les joies sauvages s'en vont l'hiver dans le fond des garde-robes. Elles partent pour la grande migration sous les chandails de laine, sous les manteaux doublés, derrière les foulards de cachemire, sous les bonnets de poil. Les joies sauvages passent les six mois de la saison froide emmitouflées de plumes Canada Goose et de poil d'animal qu'on préfère ne pas imaginer dépecés de leur pelage. Elles sont loin des regards et des envies. Elles hibernent en silence derrière les doubles vitrages de leurs nids douillets. Elles n'émergent de la couette que pour plonger dans le polar et se glisser dans le fantex en morvant et en toussant.