Le tintamarre des casseroles a visiblement assourdi quelques-uns de mes compagnons de guerre, qui avant aujourd'hui, plaçaient l'indépendance avant tout, y compris dans l'urne. Aujourd'hui, notre chemin se sépare, moi chez Option nationale, eux au Parti québécois. Je vous comprends. C'est déchirant. Mais si je vous résume la situation: il y a trois luttes prépondérantes aujourd'hui: celle de sortir nos vidanges, celle de la hausse des droits de scolarité, et celle de l'indépendance. Le PQ ne peut répondre qu'à la première. Vous sacrifiez donc les deux autres.
Nous appelons maintenant «éducation» tout ce qui est du domaine de la «formation». La différence? Éduquer, c'est pousser à la réflexion, former l'esprit, faire des citoyens capables de critique sociale. Une société qui n'éduque pas ses élèves, mais qui les forme pour le marché du travail, c'est une société en déclin intellectuel. C'est une société qui se moque de ses citoyens en nommant un sénateur analphabète, qui demande aux pauvres de payer plus pour ses services tout en continuant de réduire les impôts pour les compagnies multimillionnaires.
Notre dernière intervention a suscité bien des commentaires et nous aimerions poursuivre la conversation. Plusieurs ont noté, avec grande pertinence, que le mot « grève » peut s'appliquer à une situation ou l'on refuse de faire quelque chose (grève de la faim, et grève étudiante). Nous sommes absolument d'accord sur ce point. Éloignons-nous donc de la terminologie et parlons relation. Le problème n'est pas dans les mots mais dans la qualification de la relation entre les étudiants et leur institution scolaire.