C'est tout à fait particulier de voir aller les membres et partisans du Parti libéral et de la Coalition Avenir Québec depuis l'élection du Parti Québécois le 4 septembre dernier. Ceux mêmes qui dénonçaient haut et fort le supposé immobilisme du PQ, qui à leurs dires voulait gouverner à coups de moratoires, font en fait tout en leur possible pour que le gouvernement fasse du sur-place et que le Québec cesse d'avancer, et même recule à de nombreux égards.
Le moindre que l'on puisse dire est qu'un changement de gouvernement n'est jamais facile. L'état des finances publiques n'est jamais aussi rose que le prétendait le gouvernement sortant et les premiers jours à la tête d'un ministère peuvent parfois être chaotiques étant donné la nécessaire acclimatation. Un pour qui la transition fut laborieuse est Nicolas Marceau. Le nouveau ministre des Finances est aujourd'hui le grand responsable de la concrétisation de nombreuses promesses électorales.
Selon Réjean Hébert, la perte d'autonomie ne touche que 20% des personnes âgées et à peine 5% devraient se retrouver dans un centre de soins longue durée. Pour financer cette migration vers le domicile le gouvernement veut créer une caisse qui serait mise à contribution le moment venu. Le Dr. Hébert assure qu'il suffit de rediriger le 3 milliards$ déjà consacré à ce type de soins et ajouter 500 millions$ par année pour y arriver. Le demi-milliard il faudra bien le prendre quelque part.
Ce matin, alors que je démarrais la Yaris-mobile tout en grelottant dans l'attente que le moteur se réchauffe, j'ouvris la radio (oui à Radio X, ça vous choque ?). On y annonçait que la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, demande l'abolition les tests de sélection dans les écoles privées en précisant que le financement public leur serait coupé s'ils ne suivaient pas les nouvelles règles! Je vous jure que je n'ai pas eu besoin de mon latté mocha pour me réveiller! Je n'en croyais pas mes oreilles! Le Parti Québécois serait-il plus « free-market » qu'on pourrait le penser?
Aujourd'hui, on s'époumone contre le fait qu'une personne ayant étudié aux frais de l'État et qui gagne aujourd'hui 200 000 $ (et disons 175 000 $ en revenu imposable) doive payer 1 600 $ de plus... On dénonce la potentielle fuite de cerveaux alors qu'on applaudissait une hausse des frais de scolarité qui en aurait découragé plus d'un d'étudier!
J'ai pensé qu'il serait instructif de consigner pour moi-même, et pour vous chers internautes, le tourbillon dans lequel un nouveau ministre est plongé pendant ses premières 48 heures. Je n'en ferai pas une habitude, n'ayez crainte. Je me réveille donc ministre, jeudi 20 septembre, à 6h30.
Le gouvernement Marois aurait intérêt à faire le point le plus rapidement possible sur la situation financière du Québec, par un énoncé budgétaire par exemple. Toutes sortes de chiffres circulent depuis l'élection du nouveau gouvernement qui a annoncé une série de décisions à incidence financière. Interrogé à l'émission Larocque-Lapierre dimanche, le nouveau président du Conseil du Trésor, Stéphane Bédard, avait bien de chiffres à divulguer et il s'est contenté de répéter que le cadre financier présenté par le Parti québécois avait tout prévu. C'est loin d'être certain.
Je me suis entretenu, le 1er septembre dernier, avec Daniel Breton, candidat vedette du Parti québécois et fier militant écologiste pour qui le développement durable et la reprise économique devraient, normalement, fonctionner main dans la main. Contrairement à bien des militants écologistes, Daniel Breton n'oppose pas le développement durable à l'économie.
Il faut croire Bouchard quand il dit qu'il n'aurait pas reculé. Sous sa gouverne, le Québec a vécu une grève illégale des infirmières de trois semaines. Les «douces» bénéficiaient de l'appui des Québécois. Le premier ministre Bouchard a dit non et forcé le retour au travail avec une des lois les plus dures de l'histoire du Québec (amendes individuelles salées, perte d'ancienneté...).
Impossible de commencer cette lettre sans remercier le 25% estimé de québécoises et de québécois qui ont décidé de voter stratégiquement pour le PQ afin que vivent certaines idées de gauche, les nôtres, qu'ils défendent corps et âme. Et gardons bien à l'esprit leur pincement au cœur lorsqu'ils ou elles ont déposé leur bulletin dans l'urne...Sans eux, Charest serait encore au pouvoir, les frais de scolarité auraient augmenté de 75%, la langue française continuerait de s'éteindre, la corruption se serait accrue, etc.
Gérald Godin est méconnu, comme le sont plusieurs poètes et politiciens de l'histoire du Québec. C'est bien triste de réaliser qu'une génération entière (peut-être plus) a été privée de cette richesse historique, de cette mémoire survivante. Ma génération n'a connu que des histoires de référendums volés, de « love-in » hypocrite, de scandale des commandites, de commission Charbonneau, de ponts qui tombent, de scandale des garderies, de mafia, de corruption, de financement illégal et surtout, de partis politiques qui s'écroulent, les uns après les autres.
Des femmes qui ont brigué les suffrages et qui ont réussi à se hisser au poste de premières ministres ou de présidentes se comptent désormais par dizaines, dans le monde. Depuis une quarantaine d'années en effet, les pratiques d'action positive en faveur d'une meilleure représentation des femmes en politique se sont répandues. Même si nous sommes loin de la parité femmes-hommes en politique, force est de constater que la présence de femmes à la tête de pays, petits et grands, a contribué à changer la donne durant cette période.
Il est bien regrettable que des quartiers montréalais autrefois francophones se soient transformés aussi rapidement. Non pas qu'il faille déplorer l'apparition de la multiethnicité dans plusieurs secteurs de la ville. C'est là, au contraire, un enrichissement. Le grand mal, c'est plutôt l'exode massif des francophones vers les banlieues. Comment voulez-vous que les immigrants s'intègrent à la majorité si cette majorité n'est plus visible autour d'eux?
La nature exceptionnelle des résultats de mardi dernier tient au fait que le gouvernement libéral a été défait sans que l'électorat n'appuie pour autant le Parti québécois et son programme. Par ailleurs, la CAQ a raflé juste assez de votes pour que le gouvernement tombe, mais pas assez pour s'imposer de manière permanente sur la scène politique.
N'en déplaise à certains, l'objectif de ce texte est de vous encourager à voter Parti québécois et par le fait même, vous contribuerez à l'élection d'un gouvernement du Parti québécois majoritaire. On pourrait me répondre que cet objectif est bassement électoraliste. Je rétorquerais alors qu'une campagne électorale n'a d'autre objectif que celui-là.
Le 4 septembre prochain, j'annulerai donc mon vote pour signifier démocratiquement mon insatisfaction face au manque de vision de l'ensemble des partis politiques qui me semblent avant tout souhaiter leur (re)élection plutôt que de propulser le Québec vers l'avenir, à l'aube de ce qui pourrait bien être une ère de grands bouleversements pour l'Occident tel qu'on le connait.