Il est parfois étonnant de voir à quel point des symboles s'entrecroisent lors de grands événements religieux. Dans la foulée de l'inauguration du ministère du pape François le 19 mars, l'expression «frère André» fait partie de ces petits détails lourds de sens.
Après l'élection du pape, bien des observateurs n'ont cessé de désigner chez le pape François un contraste criant: entre d'une part des positions «progressistes» sur le plan social sinon politique, et de l'autre des déclarations «conservatrices». L'on peut et même l'on doit s'inscrire en faux contre ce constat dualiste, reflet flagrant d'une méconnaissance totale de ce qu'est l'Église.
Bien que non-catholique, les événements qui se sont déroulés au Vatican ces derniers jours ne m'ont pas laissé indifférent. En fait, ils ne peuvent laisser personne indifférent. La démission de Benoît XVI suivie par le conclave en place pour le choix de son successeur François sont non seulement des faits historiques, ils auront un impact sur le plus de 1,2 milliard de catholiques - de même que pour de nombreux non-catholiques.
Rappelant que les historiens sont souvent et paradoxalement sollicités par les médias pour jouer les prophètes et dire, au regard du passé, ce qui va advenir dans le futur, il trouve grande la tentation de se livrer, en épilogue à sa merveilleuse histoire de vingt siècles, au jeu de l'anticipation. Bruley succombe à l'attrait et invente à son tour un scénario imaginaire et joue un moment au jeu de la papauté-fiction. Je vous rappelle que le livre a été publié en 2011. Laissons-le parler.
La crise économique et l'envie de changement sont deux facteurs qui ont inspiré les cardinaux à choisir Jorge Mario Bergoglio. Aujourd'hui plus que jamais, l'Église catholique a démontré qu'elle était en adéquation avec son époque.
Il serait prétentieux d'affirmer connaître le programme du nouveau pape 24 heures après son élection. Mais en choisissant le nom François - une première dans l'histoire de l'Église catholique - l'Argentin Bergoglio permet d'espérer. Car ce choix témoigne déjà d'une direction et d'un style que le nouveau pape pourrait adopter.
Au lendemain de l'avènement d'un nouveau pape, revenons un peu à des questions de religion. Qu'on y croit ou pas, si notre société est ce qu'elle est, c'est quand même en grande partie à cause de la religion qui a édicté des lois, montré la voie, lancé des conquêtes, enseigné des connaissances, bâti des cités,... et parfois fait des conneries.
On imagine mal le pape sponsorisé par de vils marchands. On imagine encore plus mal le souverain pontife portant haut les couleurs d'une marque, et se produisant, façon tapis rouge avec des vêtements prêtés l'espace d'une soirée par un grand couturier.
Non mais, vraiment, vous êtes bien d'accord, François 1er, ça ne le faisait pas. Honnêtement, cela m'évoquait un vieux film de Fernandel que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître. Donc, cela sera juste François.
Aujourd'hui, c'est d'une gigantesque conversion dont l'Église a besoin. Le collège des cardinaux a voulu montrer que l'exemple vient d'en haut. Mais François est-il une chance pour les femmes catholiques?
Difficile de passer à côté ces dernières semaines, l'Église s'est dotée d'une nouvelle figure de proue cléricale avec l'élection d'un nouveau pape. Mais en même temps d'être une véritable figure religieuse et médiatique, le pape est aussi une figure... publicitaire. Et pourtant ce n'était pas gagné...
Dans les romans, il y a des conclaves qui se passent d'une façon totalement inattendue, des hommes qui deviennent pape alors que rien ne le laissait présager, et même des papes qui prennent des noms que jamais personne n'avait eu portés avant eux.
J'avais pourtant préparé mon coup de longue date : une longue robe rouge, très élégamment ceinturée, un chapeau et des chaussures assortis... Mais ça n'a pas suffi, je ne serai pas la 116e cardinale de ce conclave, et ceci pour une simple anomalie chromosomique !
Les mots du catholicisme me ravissent. Prenez «camerlingue», c'est joli, non? Ça roule bien dans la bouche. On le dit et le redit avec plaisir. Nous l'avons redécouvert à l'occasion de la démission de Benoit XVI.
Le choix du public devrait s'arrêter sur un cardinal brésilien, pour une question évidente, logique, légitime: la représentativité. 41,3 % des catholiques de la planète se trouvent en Amérique latine. Soit 483 millions de personnes, dont 123 millions au Brésil, la plus grande nation catholique du monde. Si le Saint-Siège permettait à ses disciples de voter, les Brésiliens partiraient avec une longueur d'avance.
Le sud a définitivement des candidats solides qui entrent en conclave aujourd'hui. Excellents théologiens, Tagle et Scherer sont également charismatiques. Ils représentent des choix stratégiques pour l'avenir et le développement et l'Église catholique dans l'ensemble du monde, chacun à leur manière, et pour des raisons différentes.De toute façon, comme on s'évertue à le dire depuis quelques jours, «c'est l'Esprit saint qui éclairera les cardinaux». Mais qui a dit que l'Esprit saint n'était pas fin stratège?