Jeune, dès que j'ai eu assez d'argent pour m'abonner à un journal, c'est au Devoir que je l'ai fait. Bien que plus mince que ses concurrents, la qualité des analyses et des lettres d'opinion inspiraient le militant politique précoce que j'étais. C'est donc avec une grande tristesse que je vois Le Devoir glisser dans la non-pertinence. En période d'éclipse de la question nationale, cette déliquescence est surtout visible sur les enjeux internationaux.
La guerre de Corée aura lieu, c'est inévitable. Les chances que le continent américain soit fortement touché sont cependant faibles. Il reste que cette guerre pourrait marquer le pas: comme le 11 septembre aura confirmé la fin de l'État-nation comme unique détenteur de la capacité de projection de la force, la guerre de Corée pourrait confirmer la fin de l'hégémonie onusienne américaine.
Les changements climatiques se sont définitivement installés dans notre quotidien. Les impacts environnementaux, vous les connaissez. Vous en entendez parler depuis quelques années déjà. La situation devient beaucoup plus intéressante lorsqu'on considère les changements climatiques dans une perspective de santé: votre santé, la santé de votre famille, mais aussi la santé des sept autres milliards d'humains sur cette planète.
Toutes les deux heures, les mines, les bombes à sous-munitions et autres restes explosifs de guerre font une victime dans le monde. 72 % des victimes de ces armes sont des civils, dont 42 % d'enfants. Malgré deux traités d'interdiction, celui d'Ottawa, adopté en 1997, qui interdit les mines antipersonnel et celui d'Oslo, adopté en 2008, qui interdit les bombes à sous-munitions, certains pays continuent d'avoir recourt à ces armes. Aujourd'hui, c'est au mépris du droit international humanitaire que des mines antipersonnel et des sous-munitions sont utilisées en Syrie dans le cadre du présent conflit.
Qui défend la nécessaire diversité, qui défend la représentation des peuples et nations et donc ultimement qui défend l'équilibre démocratique de la gouvernance mondiale. De fait la langue française est le dernier contre-pouvoir. Contre-pouvoir agressé, faiblissant, mais contre-pouvoir résistant face au pouvoir dominant.
Le Canada vient d'annoncer en cachette, sans le signifier officiellement aux Nations Unies et aux Canadiens, qu'il se retire de la Convention de l'ONU sur la lutte à la désertification. Ayant eu la chance de travailler à maintes reprises avec cette convention de 2002 à 2008, et constaté moi-même dans le cadre de missions en Afrique l'importance du travail de coopération internationale réalisé par cet accord international, cette décision me désole particulièrement.
Ce ne sont pas seulement dix ans qui séparent l'intervention en Irak de 2003 et aujourd'hui, mais deux mondes.Le monde d'aujourd'hui est tout à fait différent, d'abord parce que l'Amérique de Barack Obama semble n'avoir que très peu à voir avec celle de l'administration Bush. Le monde est aussi très différent aujourd'hui, quand on regarde la France qui mène actuellement une coalition africaine au Mali pour combattre des groupes terroristes jihadistes liés à Al-Quaida, avec le soutien du Conseil de sécurité et des États-Unis.