«Le pouvoir tend à corrompre. Le pouvoir absolu corrompt absolument.» Cette formule saisissante de Lord Emerich Acton, historien et philosophe anglais, me revient en tête constamment depuis quelques semaines dans mes fonctions au Parlement. Le raisonnement de Lord Acton pour lier pouvoir et corruption est simple: ceux qui détiennent le pouvoir politique n'ont pas de compte à rendre à personne et croient pouvoir agir en toute impunité.
Brian Topp est un des candidats favoris à la direction du NPD, donc au poste de chef de l'opposition, donc au poste de Premier ministre aux élections de 2015. Je l'ai connu en 1998 lorsqu'il était le conseiller du Premier ministre néo-démocrate de la Saskatchewan, Roy Romanow. Oui, le Romanow qui a négocié avec Jean Chrétien l'entente fameuse de la Nuit des longs couteaux qui isolerait le Québec pour l'avenir prévisible.
Alors que le Québec politique au complet a passé les dernières semaines, si ce n'est les derniers mois, rivé sur les difficultés de leadership de la chef du Parti québécois Pauline Marois, le parti que les Québécois ont choisi pour les représenter à Ottawa fait aussi face à d'importants défis de leadership. Comme toute formation politique idéologique, le Nouveau Parti Démocratique est divisé entre idéalistes et pragmatiques.
Il est important que le NPD se maintienne au Québec. Non seulement le parti représente fidèlement les idées et les attitudes des Québécois contemporains, mais il a de véritables chances de gouverner le Canada seul ou en coalition et ainsi de sortir le Québec d'un isolement qui existe depuis l'échec des pourparlers constitutionnels de Lac Meech et de Charlottetown.