Que le tueur terroriste soit déclaré sain d'esprit ou pas, une chose nous explose dans la tronche: cet homme carburait à la haine. De plus en plus, des gens carburent à la haine et à la peur d'autre. Et cela peut difficilement conduire à des attitudes d'ouverture, d'inclusion et de respect réciproques. Allophobie, sexisme, racisme, misogynie, homophobie, toutes les attitudes haineuses sont les métastases d'une tumeur principale: la peur de l'autre, de la différence. Trop facile de dire « C'est un fou ! ». Cela donne bonne conscience. On se lave les mains, on tourne la page et on ne change rien.
Suite aux paroles proclamées par le responsable de l'attentat d'hier au métropolis, il me vient cette pensée : C'est fini le temps de se séparer, il faut s'unir....et si au lieu de se séparer, on s'unissait tous pour un Québec plus libre et vivant par ses idées et ses projets? Dans le fond, peu importe la langue que l'on parle, on est tous québécois et on aime tous le Québec puisqu'on y demeure.
Comment, le soir d'une élection cruciale, un homme armé d'un AK47, la mine patibulaire cachée par une cagoule noire et affublé d'un peignoir ridicule peut-il se promener en plein centre ville sans se faire appréhender par la police alors qu'un étudiant avec un masque de clown peut se faire arrêter, menotter et verbaliser manu militari?
«Un mort, huit millions de blessés». J'emprunte cette éloquente métaphore publiée sur Twitter au journaliste Bruno Savard. Un des résultats ponctuels de cette victoire paradoxale: un mort, un blessé grave, une collectivité en état de choc. Une première dans l'histoire du Québec: une femme première ministre. Une première dans l'histoire du Québec: un attentat visant, de toute évidence, la nouvelle première ministre et ce qu'elle représente, lors du rassemblement festif suivant sa victoire.
Comme plusieurs d'entre vous je regardais le discours de victoire de Pauline Marois hier soir à Radio-Canada quand tout à coup ... on connaît la suite; un évènement tragique qui nous a tous laissé bouche-bée. Surtout quand on le voit pratiquement se dérouler devant nos yeux, ou du moins on en apprend les détails en même temps que des millions d'autres Québecois, figés eux aussi devant leurs téléviseurs, en même temps que les policiers dans la rue, ainsi que les militants dans la salle. Pour quelques minutes, le Québec au complet a figé.