Chère Madame Pauline Marois, D'ordinaire, ce type de communication sert principalement à fustiger la personne à qui s'adresse le message. Ce n'est pas le cas! Comme des dizaines de milliers, voire des millions, de personnes qui désirent ardemment que leur vote compte, que leurs opinions soient entendues, je m'adresse à vous aujourd'hui pour vous demander d'entreprendre une réforme du mode de scrutin actuel que René-Lévesque, fondateur de votre parti, qualifiait lui-même de « démocratiquement infect ».
En mai dernier, la campagne présidentielle française se concluait par la victoire du candidat socialiste François Hollande face au président sortant Nicolas Sarkozy. À moins de dix jours du scrutin, certains parallèles peuvent être faits entre le candidat de gauche et la candidate au poste de première ministre du Québec. Pauline Marois s'inspire-t-elle de la campagne du socialiste français? Est-elle 'Hollandaise'?
Je ne représente qu'une goutte d'eau dans l'océan. Et on ne parle ici que d'un pauvre petit x à inscrire sur un bout de papier, qu'on plie ensuite pour le déposer dans une boite, qui sera décomptée plus tard. Je sais. C'est rien. Mais ce x, moi, j'y crois. Et ce sentiment de fierté de me présenter à l'école primaire du coin pour aller voter m'envahit chaque fois. Je fais partie des gens qui croient en une démocratie saine. Con de même, le gars.
Pauline Marois et le Parti québécois se sont engagés à abolir, s'ils prennent le pouvoir, le Fonds des générations afin d'allouer directement 5.5 G$ au remboursement de la dette. Mais nuance importante: ils ne se sont pas ainsi engagés à réduire davantage l'endettement du Québec! Pauline Marois omet de rappler que les sommes cumulées dans le Fonds des générations sont déjà déduites dans le calcul de la dette par le ministère des Finances. Le PQ prévoit donc s'approprier les intérêts de la dette pour financer ses promesses électorales sur le dos des générations futures.
Notons d'abord que les néo-québécois et les francophones de souche qui s'inscrivent dans les collèges anglophones ont fait au préalable 11 années de scolarité en français. Leur choix se fonde sur un désir de mieux maîtriser la langue de Shakespeare pour bien réussir dans la vie. S'il est indéniable que plusieurs se rapprochent ainsi de la communauté anglophone, ils ne deviennent pas pour autant des assimilés au terme de ce processus et ne désapprennent pas à parler français.
Surtout, la chef du PQ a fait valoir ses états de service, et a rappelé les luttes qu'elle a menées durant sa longue carrière de 30 ans. Profitant du fait qu'elle s'adressait directement aux indécis elle a posé comme la leader rassurante qui a fait le ménage «en douceur» sans dresser les syndicats contre elle. C'est elle qui a aussi réduit de moitié le nombre de commissions scolaires au Québec, devait-elle rappeler.
La supposée crise du français n'existe pas. Un simple regard aux données des recensements de Statistiques Canada le démontre. Le français comme langue d'usage augmente au Québec. Les allophones (souvent des immigrants) qui utilisent le français comme langue d'usage à la maison sont plus nombreux que ceux qui utilisent l'anglais (24% contre 21%). Lorsque les allophones québécois effectuent un transfert vers l'une des deux langues officielles du pays, ils sont majoritaires à choisir le français.
Le premier tête-à-tête télévisé entre Jean Charest et Pauline Marois a placé sous les projecteurs deux stratégies diamétralement opposées pour le Québec. Bien assis, face-à-face, le chef du PLQ et celle du PQ avaient bien préparé leurs «punchs», et ils les ont livrés avec beaucoup de passion. Que ce soit sur la façon de gouverner, la politique sociale, l'économie, la santé, le Plan Nord, le referendum, il y avait de l'électricité dans l'air. Ces deux politiciens se mesurent depuis des années et en ont profité pour régler leurs comptes.
Au côté de la voix vive et rafraîchissante de Françoise David, il manquait aussi la présence importante d'un cinquième joueur qui ne manque pourtant pas de pertinence: Jean-Martin Aussant d'Option Nationale. Mais, je crois que ça aurait été le coup de grâce pour les vétérans que sont devenus avec le temps Marois, Legault et Charest. Trop d'idées nouvelles, trop de sincérité, trop de discours vrais. On ne bouscule pas l'establishment du jour au lendemain, surtout si c'est pour le bien de tous.
Le premier débat des chefs de la campagne électorale était, à bien des niveaux, historique, étant le premier débat avec autant d'hommes que de femmes et marquant la première participation de la Coalition Avenir Québec et de Québec Solidaire à ce débat. C'était d'ailleurs, pour ce dernier parti, l'une des rares occasions de visibilité égale aux autres partis, une opportunité que Françoise, co-porte-parole de QS, devait saisir pour sortir son parti de la marginalité. Bilan de la performance des 4 chefs de partis.
Nous avons regardé le débat des chefs strictement sous l'angle de la communication non verbale de Mesdames Marois et David et de Messieurs Charest et Legault. Ceci, à partir de la grille de la synergologie (discipline permettant de décoder le langage corporel ). Les commentaires qui suivent nous sont donc dictés strictement par la gestuelle et les mimiques corporelles et faciales des participant-es. Dans ce débat, sans ambiguité, les gagnantes sont les deux femmes.
Mine de rien, nous sommes arrivés à la mi-temps de la campagne électorale estivale imposée par Jean Charest. Le chef libéral a choisi, rappelons-nous, de déclencher cette campagne avant que les travaux de la commission Charbonneau ne reprennent pour une raison qui demeure encore aujourd'hui obscure. Avait-il peur de révélations juteuses? On ne sait pas.
Bravo au Parti Québécois qui, après près de dix ans d'inertie du Parti libéral, ose enfin se tenir debout pour réaffirmer le caractère français du Québec en renforçant substantiellement la loi 101. On peut être d'accord ou pas avec certaines politiques ou stratégies du PQ, mais en ce qui concerne le renforcement de notre Charte de la langue française, j'y adhère à 100%. Reste à voir si le parti aura la force de ses convictions pour agir s'il est élu le 4 septembre.
Depuis sa fondation, en 1968, le Parti québécois a toujours eu de la difficulté à obtenir une pluralité d'appuis auprès des Québécoises, que ce soit sous le leadership de René Lévesque, de Pierre-Marc Johnson, de Jacques Parizeau ou de Bernard Landry. Or, pour l'électorat féminin, le premier enjeu est d'ordre social, devançant nettement la question nationale. Pauline Marois semble être parvenue à lever l'embâcle qui empêchait une adhésion massive des électrices à son parti.
Pour toutes sortes de raisons, parfois obscures et qui n'ont rien à voir avec l'idéologie politique, plusieurs n'aiment pas Pauline Marois. Combien de fois ai-je entendu : «Malgré toutes ses forces, elle ne passe pas." "Elle n'a pas de charisme». Si Pauline Marois est rieuse, sensible, touchante et susceptible d'être touchée et de s'émouvoir et bien, pour jouer son rôle de future première ministre, elle le cache bien. Trop bien. Et elle a tort. Je crois, hélas, que c'est ce qui lui nuit, et lui nuira encore.
Personnellement, je suis très mal-à-l'aise de penser que le Québec va limiter le droit de nos jeunes adultes qui veulent fréquenter le cégep de choisir l'institution qui correspond le mieux à leur choix de vie et à leurs ambitions. Est-il légitime de restreindre l'accès aux cegeps anglophones aux seuls étudiants dont le père ou la mère a reçu son éducation primaire et secondaire en anglais au Canada? Pourquoi permettre à un jeune adulte francophone de fréquenter l'Université McGill, mais pas le Collège Dawson? Quel genre de société voulons-nous construire?