La première ministre Pauline Marois a créé une surprise en annonçant que le ministère des Transports du Québec serait converti en agence. Cette intention, qui n'a pas été évoquée durant la campagne électorale, s'est retrouvée dans son discours du 19 septembre alors qu'elle présentait son conseil des ministres.
Les candidats aux élections doivent franchir un premier filtre quand ils représentent un parti. Ils doivent confesser tous leurs péchés pour éviter justement que les squelettes ne sortent du placard. Quand vient le temps de nommer un ministre la SQ mène une vérification supplémentaire qui être censée être très fouillée. Ces contrôles visent à assurer que le futur ministre ne se placera pas en situation de vulnérabilité.
«Un budget écrit par la main gauche, mais livré par la main droite». C'est ainsi qu'un de mes amis décrivait le tout premier budget du gouvernement de Pauline Marois. En maintenant le cap sur le retour à l'équilibre budgétaire en 2013-14, le ministre Marceau a verrouillé la porte des dépenses et annoncé, sans le nommer, un budget d'austérité. Contenir la hausse des dépenses dans l'ensemble des ministères en déca de 1,8% tient de l'exploit ou d'un jovialisme débridé.
Le premier budget de l'ère Marois, budget qui sera connu mardi, constitue un test de crédibilté pour le nouveau gouvernement, tant au plan financier que politique. Si l'opération réussit, le gouvernement pourra respirer jusqu'au printemps prochain. Dans le cas contraire, la fin de session à Québec sera houleuse. Le Parti québécois a beaucoup promis en campagne électorale, avant de se river le nez sur l'État réel des finances publiques.
Pauline Marois a pris une chance en confiant le ministère l'Environnement à un néophyte en politique, considéré comme un exalté de la cause environnementale. Le jour de son assermentation le nouveau ministre plastronnait en proclamant que les verts étaient au pouvoir à Québec. La fermeture de Gentilly-2, le retrait du prêt consenti à la mine Jeffrey sont venus confirmer rapidement que le nouveau gouvernement pense effectivement vert.
Depuis son élection, le gouvernement du Parti québécois se comporte comme s'il était majoritaire. Seulement quelques jours après les élections du 4 septembre, les ministres du gouvernement ont pris des décisions unilatérales sans consulter personne: la fermeture de Gentilly 2, l'annulation de la hausse des frais de scolarité par décret, la mise au rancart de l'exploitation du gaz de schiste et une hausse d'impôts pour les riches. Le Parti québécois a continué sur sa lancée en prenant des décisions qui sentent le dogmatisme à plein nez.
Le gouvernement québécois en est encore à gérer les troubles du printemps dernier et cible l'enseignement supérieur. En éducation il y a d'autres besoins criants comme le décrochage scolaire scandaleusement élevé, la grosseur des classes et l'intégration des élèves en difficulté... mais de ça il n'en sera pas question. Pendant ce temps on apprenait que le gouvernement a discrètement retranché 50 millions de dollars dans le budget qui servait à diminuer les listes d'attente pour opérer une cataracte, un genou, une hanche. C'est, au total, 400 millions de dollars de moins dans le budget du réseau de la santé à récupérer d'ici le 31 mars.
Pauline Marois a bien lu l'humeur des Québécois. Le discours de la nouvelle première ministre démontre en effet que sa marge de manoeuvre est bien mince et qu'elle doit larguer certains de ses engagements. Sur l'intégrité, les intentions sont claires et cherchent à calmer la grogne populaire. Sur le reste, il y a beaucoup de «on verra».
Il fallait entendre les nouveaux ministres péquistes faire des pirouettes et des arabesques quand la commission Charbonneau a commencé à mettre à nu le système de corruption qui sévit à Montréal et lorsque la police a débarqué chez Gilles Vaillancourt, maire de Laval. On ne demande plus la démission des élus municipaux, on les invite, tout au plus «à réfléchir» dans l'intérêt de leurs citoyens, et la tutelle, mon dieu, qui a osé évoquer ça?
Pour ceux que l'économie intéressent au-dessus de tout, il devrait suffire d'indiquer que la France est le second investisseur au Québec. Que l'implantation de ses 166 entreprises chez nous dépasse en nombre leur présence dans n'importe quelle province ou État américain et qu'elles emploient directement 8 000 salariés québécois, dans de bons secteurs d'emploi, devrait clore le débat sur la valeur de cette relation.
C'est tout à fait particulier de voir aller les membres et partisans du Parti libéral et de la Coalition Avenir Québec depuis l'élection du Parti Québécois le 4 septembre dernier. Ceux mêmes qui dénonçaient haut et fort le supposé immobilisme du PQ, qui à leurs dires voulait gouverner à coups de moratoires, font en fait tout en leur possible pour que le gouvernement fasse du sur-place et que le Québec cesse d'avancer, et même recule à de nombreux égards.
Il faut que vous le sachiez: elle est increvable! Sachez que la Première ministre est arrivée à Kinshasa à 22 h jeudi soir, après 12 heures de vol, et a entrepris sa journée, le lendemain à 7:00, sans le moindre délai pour amortir le décalage horaire. (En fait, un peu plus tôt, car il y a chaque matin l'exercice à faire sur le tapis roulant, et le coiffeur.)
Le 14e Sommet de la Francophonie s'est terminé il y a quelques heures à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Une quinzaine de dirigeants étrangers ont fait la route jusqu'à « Kin la belle » dont, étonnamment, Stephen Harper et Pauline Marois. Les critiques sur leurs présences et sur l'organisation même du Sommet dans un pays traversé par la pauvreté extrême, les guerres et les violations quotidiennes des droits furent nombreuses.
Il faut le dire: le Québec a une image de marque dans les pays de la Francophonie. Sur 50 ans, l'engagement, l'énergie, le professionnalisme des artisans québécois ont construit une réelle réputation de probité et d'efficacité. Mais nous ne sommes pas une grande puissance. Nous n'avons pas les muscles des États-Unis ou de la France.
Nul besoin d'être un génie pour en comprendre les raisons: le Québec n'en a pas besoin (moins de 3% de ses besoins), le prix du kw/heure est excessif, le potentiel de danger catastrophique est élevé et des déchets mortels seront laissés sur place pour des siècles. Dès lors, il faut être insensé pour vouloir maintenir l'usine en opération, au seul motif du développement régional.
Il me semble que ces dernières années, on ne nous parle pas beaucoup d'humanité, on n'entend peu parler de bonheur, on ne discute plus vraiment de joie de vivre. On parle plutôt d'argent, de rentabilité, de cash, de fortune, de luxe, d'abondance. On dirait que la course à la richesse est le dernier sport à la mode. Moi, ce sport, il m'essouffle. Au lieu de prendre le temps de vivre, on passe notre temps à gagner notre vie. Et il ne nous reste plus assez de temps pour la dépenser et en profiter.