Comment rater la première journée de rentrée parlementaire? Voter avec l'opposition pour dénoncer ses propres compressions en éducation, composer avec un député (Daniel Breton) qui roupille au début de la période des questions et passer l'avant-midi à répondre à Jacques Parizeau sur la gratuité scolaire.
Le conseil national du Parti québécois a endossé dimanche une proposition pilotée par son aile jeunesse qui ouvre toutes les options susceptibles de réduire l'endettement étudiant, y compris le gel des frais. Cette proposition constitue toutefois une brèche dans la position du gouvernement qui, depuis des mois, privilégie l'indexation des frais. Un gel effectif serait toutefois un nouveau recul de la part du gouvernement péquiste qui beaucoup concédé au mouvement étudiant.
C'est notamment au gouvernement libéral de Robert Bourassa que nous devons la loi 22 de 1974, loi qui faisait du français la langue officielle du Québec. Malgré son manque de mordant, cette loi était un pas majeur vers l'avant et allait mener à la loi 101 du Parti Québécois en 1977. Mais à entendre les Libéraux d'aujourd'hui et leur allié médiatique, on jurerait que le français est sans importance au Québec.
La décision du gouvernement Marois de tuer dans l'oeuf six projets de minicentrales hydroélectriques est logique, compte tenu du fait qu'Hydro-Québec ne réussit pas à écouler ses gigantesques surplus. La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a d'ailleurs expliqué qu'il s'agit d'une décision d'affaires. Difficile, par contre, de retracer la cohérence dans le discours et l'action gouvernementale.
Les premiers ministres du Québec qui voyagent à l'étranger ont toujours tendance à gonfler la portée de leurs rencontres avec les dirigeants des autres pays, mesurant les retombées économiques ou politiques. C'est sans doute ce qui est arrivé avec la «rencontre historique» entre Pauline Marois et Alex Salmond, premier ministre de l'Écosse qui a été ramenée à une simple rencontre «de courtoisie».
Le Carnaval de Québec, ce rendez-vous annuel de la neige et de l'hiver s'amorce ce vendredi à Québec. Mais avant l'ouverture du carnaval, nous aurons droit cette semaine à Québec au dernier bal du nucléaire québécois: une commission parlementaire où viendront défiler une pléthore d'acteurs favorables à la réfection de la centrale. Bien que la Commission parlementaire soit sensée porter sur les impacts économiques du déclassement, la table est mise pour un procès en règle d'Hydro-Québec et du gouvernement Marois.
Pour le Parti Québécois, la question de l'indépendance fait partie de son ADN et elle reviendra à son agenda tant et aussi longtemps que le Québec sera une province. Il n'est donc pas étonnant que les militants, qui sacrifient beaucoup de temps pour cette cause, souhaitent en retour voir leur parti se diriger vers la souveraineté (Note à Gérard Deltell; ce n'est pas être radical que de souhaiter que les choses bougent!). Mais parfois en politique certaines décisions trahissent votre incapacité d'agir.
Nous sommes donc en plein « no man's land » politique, pris entre deux fronts bien distincts qui ne rallient pas la majorité de la population. Et qu'on se le tienne pour dit : dans cette situation intenable, nous ne pouvons que perdre. Espérons que cette histoire finira mieux que dans le film du même nom...
Pauline Marois peut passer la période des Fêtes l'esprit tranquille, son parti se maintient dans les intentions de vote. Les 2 sondages publiés samedi contiennent, aussi, des signaux d'alerte. Le Léger Marketing-Le Devoir pointe le Parti québécois à 33% d'appuis tandis que le Crop-La Presse le gratifie de 36%des intentions de vote, 4 point de mieux que le 4 septembre. Compte tenu des nombreux reculs et des «affaires» qui ont mis en évidence un manque de cohésion au sein du nouveau gouvernement, c'est un bon score.
La Coalition Avenir Québec (CAQ) de François Legault avait beaucoup à prouver au cours de cette courte session parlementaire à Québec. Elle a réussi à se démarquer et à incarner le besoin de faire de la politique autrement pendant que les libéraux se cherchent. Chassés du pouvoir, sans chef permanent, les libéraux ont eu de la difficulté à trouver leurs marques, malgré une députation plus imposante que prévu
L'automne qui s'achève s'est déroulé sous la domination du gel. Et je n'évoque pas ici la température extérieure qui nous fait maintenant réaliser que l'hiver est bel et bien installé. Je fais plutôt référence à cette tendance qui semble à nouveau bien installée à l'Assemblée nationale, du moins du côté du gouvernement minoritaire... Frais de scolarité, tarifs en garderies, investissements en recherche et dans le réseau universitaire, tarifs du bloc patrimonial, modernisation des infrastructures...
Une bien courte session parlementaire à Québec -- six semaines au total -- mais qui permet de mesurer déjà la performance en Chambre de la nouvelle équipe au pouvoir. Mme Marois s'est glissée avec aisance dans ses nouvelles fonctions. Depuis le temps qu'elle rêvait de remplacer Jean Charest! Quand les journalistes lui ont demandé lors de son bilan de session si l'emploi de premier ministre était plus difficile que prévu, elle a répondu que, non, elle savait exactement à quoi s'attendre en raison des postes qu'elle a occupés depuis 30 ans.
Les Québécois vont devoir endurer pendant encore quelques mois, l'incompétence et l'improvisation du gouvernement Marois. Cela a pris trente-cinq ans à Pauline Marois pour réaliser son rêve. Force est de constater qu'elle n'était pas encore prête pour assumer la plus haute fonction québécoise. En tout cas, il faut saluer la prudence de l'électorat québécois qui a refusé de donner une majorité au Parti québécois le 4 septembre dernier.
Parmi les bons coups, mentionnons la participation de Mme Marois au Sommet de la Francophonie et sa rencontre avec François Hollande, le président français. La première ministre en a surpris plus d'un en participant de façon constructive au Conseil de la fédération qu'elle dénonçait sur les banquettes de l'opposition. Par ailleurs, la liste des reculs est interminable et elle risque de s'allonger au cours des prochains mois. Taxe-santé, redevances minières, dégel du tarif d'électricité, compensation financière aux universités, compressions dans les dépenses, la loi 101 appliquée aux cégeps...les reculs sont en voie de devenir la marque de commerce du gouvernement Marois.
Cette nomination partisane peut se défendre, car Jean Charest avait accordé ce poste à un vieux libéral: John Parisella. Il y a une chose importante que Pauline Marois n'a pas rendue publique: l'octroi à l'ancien chef péquiste d'un emploi à vie comme fonctionnaire adjoint au Ministère des Relations internationales. Ce qui me pue au nez dans ce geste est le fait que ce gouvernement a voulu cacher cette décision aux contribuables qui vont payer le salaire de M. Boisclair. On est dirigé par une femme sans jugement et non transparente, c'est totalement inacceptable.
Vous le savez peut-être, je suis ministre du Commerce extérieur et, comme l'a indiqué Mme Marois dans son discours d'ouverture, nous sommes en train de redéfinir la politique commerciale du Québec. Pour ceux que ça intéresse, j'ai fait deux interventions récentes sur ce sujet.