Sur son blogue du Journal de Montréal, Lise Ravary explique pourquoi, selon elle, le mariage homosexuel est sujet à débat, particulièrement en France depuis quelques semaines. Bien qu'elle pose certaines questions légitimes et intéressantes, notamment en ce qui concerne la composition d'une famille idéale pour un enfant, je crois qu'elle est dans l'erreur sur plusieurs aspects.
C'est en regardant le célèbre bulletin de Claire Chazal sur TF1 (la Sophie Thibault française) que j'ai aperçu les nombreuses pancartes où apparaissait, parmi d'autres, le slogan «pas touche à mon Code civil!». Premièrement, «ton» Code civil? Ambitieux... Deuxièmement, «pas touche»? Déplacé. J'ai fait mute sur Claire Chazal et j'ai tenté de raisonner. Sur les bancs d'une faculté de droit, on nous apprend à appliquer cette logique, parfois fâcheuse mais nécessaire, voulant que les libertés des uns se terminent là où commencent celles des autres.
Dans le conte d'Andersen, le roi est nu et seul un enfant ose le dire. L'image fut reprise de multiples fois, (notamment par Simon Leys dans Les Habits neufs du Président Mao) et figure dans le langage courant pour signifier une imposture que personne n'ose énoncer, mais que l'évidence finit par faire éclater. Il en va tout au contraire pour le président François Hollande qui est aujourd'hui revêtu de deux habits différents, visibles par tous, mais regardés différemment.
La France réactionnaire a arpenté Paris en masse dans le froid pour clamer qu'elle ne changera pas. Ce n'est pas nouveau. Elle rompt son silence pour dire une fois de plus non. Non à tout ce qui peut réveiller un pays qui n'a que trop tendance à s'assoupir dans la certitude de son exceptionnalité. Une France réactionnaire -surtout en retrait des grandes agglomérations- vit les avancées de la société comme une insulte à son conservatisme.