Comment est-ce possible de dénigrer des héros comme Jacques Parizeau ou Lucien Bouchard? Aussitôt que ces grands cerveaux québécois expriment une opinion étoffée par l'expérience, ils sont nombreux à grimper sur les tréteaux pour les inviter à réintégrer leur tanière et à se taire. Eux, qui ont laissé leurs empreintes indélébiles sur le Québec. Ne sommes-nous pas capables d'honorer des héros autres que les joueurs de hockey et les humoristes?
Le gouvernement Marois est obsédé, à juste titre à mon avis, par la volonté d'éliminer le déficit budgétaire du Québec, dès l'an prochain. Ce qui est loin d'être clair et ce qui inquiète c'est: qu'arrive-t-il après le déficit zéro? Le message qui est martelé par la première ministre et ses principaux ministres consiste à dire que le Québec a un «mauvais moment à passer» avant de retrouver l'équilibre...
Pour le Parti Québécois, la question de l'indépendance fait partie de son ADN et elle reviendra à son agenda tant et aussi longtemps que le Québec sera une province. Il n'est donc pas étonnant que les militants, qui sacrifient beaucoup de temps pour cette cause, souhaitent en retour voir leur parti se diriger vers la souveraineté (Note à Gérard Deltell; ce n'est pas être radical que de souhaiter que les choses bougent!). Mais parfois en politique certaines décisions trahissent votre incapacité d'agir.
Ne cherchez pas la cohérence ces jours-ci. Outre les évidentes lacunes en communication du gouvernement péquiste et ses propres contradictions, de nombreuses critiques contre ce même gouvernement sont elles-mêmes intrinsèquement contradictoires. Nombreux sont ceux qui critiquent la visite de Pauline Marois au Congo et en France : pour eux, la francophonie ne sert à rien et un premier ministre devrait rester au Québec pour s'occuper de problèmes plus urgents.
Il faut croire Bouchard quand il dit qu'il n'aurait pas reculé. Sous sa gouverne, le Québec a vécu une grève illégale des infirmières de trois semaines. Les «douces» bénéficiaient de l'appui des Québécois. Le premier ministre Bouchard a dit non et forcé le retour au travail avec une des lois les plus dures de l'histoire du Québec (amendes individuelles salées, perte d'ancienneté...).
Gramsci a aussi défini une crise sociale par la célèbre citation: "La crise, c'est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître". Dans le contexte d'un mouvement étudiant contre une hausse injuste des frais de scolarité universitaires qui a muté en une crise sociale sans précédent au Québec (et au Canada), il est fascinant de constater à quel point il est facile de trouver une figure qui incarne parfaitement le vieux.
Cette mauvaise gestion, qui ne se limite pas qu'au monde de l'éducation, vous en êtes également coupable en tant qu'ancien premier ministre du Québec. L'élite politico-économique dont vous faites partie est responsable de l'endettement record du Québec, du délabrement de nos infrastructures et du plus haut taux de taxation d'Amérique du Nord. Vous parlez du gel et de ses effets néfastes avec le temps, pourtant vous n'avez pas eu le courage d'indexer lorsque vous étiez premier ministre. Malgré tout, aujourd'hui vous donnez la leçon aux étudiants