Que le politicien qui n'a jamais été invité au 357c lève la main. Les travaux de la Commission Charbonneau, révèlent que ce club privé est le rendez-vous des décideurs québécois, qu'ils soient des élus, des hommes d'affaires ou même des syndicalistes.Après les ex-ministres Line Beauchamp et Tony Tomassi, la liste des invités s'est allongée. Pauline Marois, Jean-Marc Fournier, François Legault ont mentionné avoir choisi cet endroit discret pour tenir des rencontres privées ou de nature mondaine.
Jean Charest a toujours semblé avoir sept vies. Chaque fois qu'il paraissait affaibli par une crise ou par la démission de l'un de ses ministres (Séguin, Bellemare, Couillard, Mulcair, etc.), il épatait les chroniqueurs politiques en rebondissant, tel un véritable chat politique, et en sortant une nouvelle carte de sa manche. Aujourd'hui, alors que le gouvernement annonce le dépôt d'une loi spéciale pour tenter de dénouer les fils inextricables de la grève étudiante qu'il a contribué à prolonger, je ne peux m'empêcher de penser qu'il flotte une certaine odeur de fin de régime sur le Québec.
Le gouvernement Charest a invité les chefs des trois grandes centrales syndicales à participer aux négociations. Qu'est-ce que ceux-ci faisaient là? Le litige entre les deux camps ne les concerne pas du tout. Normalement, le rôle d'un leader syndical est de défendre les intérêts des travailleurs face à l'employeur, mais le syndicaliste québécois fait plus que cela dans notre province.
Dans une négociation, chacun doit faire son bout de chemin. Quand on annonce aux étudiants qu'on les fait venir un vendredi à 16 heures pour rouvrir le dialogue, pour parvenir à une entente, c'est qu'on est prêt à faire son bout de chemin. Sa «juste part» dans la négociation. Quand on les fait négocier pendant 20 heures de temps, passer la nuit debout, c'est qu'on s'attend à ce qu'enfin, il y ait compromis.
Ça commence par un coup de gueule, une idée criée plus fort que les autres. Ça commence par une opinion exprimée à voix haute qui ne plaît pas à tout le monde. Ça commence par un désir pressant de mettre en doute les mauvaises habitudes d'un gouvernement embourbé dans les scandales et corrompu par un manque patent d'éthique. Ça commence par des gens assis qui décident de se tenir debout.
Qu'arrive-t-il en décembre 2012 si, dans le cadre des travaux de ce conseil provisoire, on ne réussit pas à réinjecter dans la réduction des frais afférents et dans les services aux étudiants, les dollars prétendument consacrés aux mauvaises pratiques administratives présumées du milieu universitaire? J'ose à peine l'imaginer.