Une autre semaine est passée et pourtant j'ai l'impression d'avoir vécu, médiatiquement parlant, la même rengaine. Les informations présentées par les médias étaient certes différentes en surface, mais le contenu réel était le même; des mauvaises nouvelles en voulez-vous, en vlà! En scrutant attentivement les téléjournaux et la presse écrite, je me suis aperçu que nous étions de moins en moins informés, c'est-à-dire amenés à penser, à réfléchir et à débattre.
L'homo-médiaticus, plus que jamais auparavant, souhaite se faire un capital socio-médiatique et, en ce sens, il est prêt à faire toute sorte de courbettes mentales (à ne pas confondre avec le mot intellectuel), allant même jusqu'à la spéculation et l'interprétation grotesque et absurde, dans le but exclusif de faire parler de lui. Après tout, le vieux proverbe «Parlez-en en bien ou parlez-en en mal, mais parlez-en» semble être devenu l'adage de prédilection de l'homo-médiaticus crétinus.
Alors que le reporter de guerre James Foley, correspondant de Global Post/JOL Press en Syrie a disparu depuis plusieurs semaines, je me joins, ainsi que toute la rédaction, à sa famille qui a lancé une pétition en ligne pour exiger sa libération. Une disparition emblématique du conflit syrien, qui a choisi l'opacité et le muselage de la communication pour poursuivre ses exactions sans témoins.
Depuis quelques années, j'en suis arrivé à la constatation qu'il n'avançait pas à grand-chose de s'adresser à ceux qui pensent déjà comme nous. J'aime et je lis Le Devoir. Mais si j'écrivais dans Le Devoir, j'aurais l'impression d'une conversation en vase clos, entre des gens qui pensent presque pareil, mais pas tout à fait. C'est au cœur du camp adverse qu'il faut oser aller, pour affronter les opinions des autres, débattre avec eux, s'engueuler avec eux, peut-être en convaincre quelques-uns, peut-être être convaincus pas quelques autres. Changer, évoluer, débattre, s'opposer. Offrir aux lecteurs un choix de visions du monde plutôt qu'une seule, dictée par les impératifs économiques du moment.
Chris Hedges était de passage cette semaine à Montréal afin de présenter la version française de son ouvrage,The Death of the Liberal Class. Ancien correspondant de guerre et ex-journaliste au New York Times, récipiendaire du prix Pulitzer en 2002, il figure parmi les critiques les plus acerbes de l'élite libérale américaine et de sa mainmise économique et politique sur les principaux leviers du pouvoir.
Ciao de Rome, où je suis ravie d'annoncer le lancement du Huffington Post apportant le mélange d'informations, blogs, esprit communautaire et engagement social qui sont sa marque de fabrique. J'ai toujours eu une profonde affection pour le pays en forme de botte (malgré ma croisade contre les talons hauts) et en tant que Grecque, je me suis toujours sentie des affinités avec ce voisin méditerranéen où quelqu'un vous propose toujours quelque chose à manger et où rien ne commence jamais à l'heure.
Si, comme lors de nombreuses campagnes électorales dans le passé, les médias mettent plus d'efforts à analyser la course à la victoire qu'à informer les gens sur les qualités et défauts des chefs de partis, des candidats et les valeurs qu'ils défendent, cela confirmera le changement qui s'est observé aux États-Unis et au Canada au cours des dernières années. La course à la victoire est plus importante que les idées véhiculées dans cette même course.
Diffusion dans un journal télévisé de l'intégralité de l'exécution d'une femme à une heure de grande écoute; diffusion dans un magazine télévisuel de la voix d'un tueur en série quelques minutes avant son exécution par la police, toujours à une heure de grande écoute; publication de la photographie d'une adolescente psychologiquement perturbée qui témoigne de son « affection » pour un tueur sanguinaire en première page d'un journal Web.