Les discussions qui opposent les exégètes du Coran sur le sens précis à donner à tel ou tel verset à tonalité pacifique ou guerrière et sur le fait qu'il ait été ou non abrogé par des versets d'inspiration contraire sont suffisamment vives pour que l'on puisse exclure que l'islam appelle avec constance à la violence.
Le silence des musulmans dits modérés a de quoi laisser pantois. Il vient un temps où il faut cesser de s'accouder à la fenêtre, pour enfin prouver au monde notre «extraordinaire vision». En effet, aucun vœu pieux ne fera l'affaire : ce qu'exigent maintenant tous les États éclairés de la communauté internationale, ce sont des preuves, des données tangibles, empiriques, irréfutables, exprimant hors de tout doute que l'Islam est bel et bien une religion de paix.
Qui écrit une biographie de Mahomet est en effet confronté à deux problèmes fondamentaux. Les musulmans ne considèrent pas Mahomet comme une personne de l'histoire mais comme l'idéal d'une vie dirigée par Allah, un idéal que le croyant doit imiter dans l'accomplissement des rites de l'islam, mais aussi et avant tout dans la vie profane de tous les jours; c'est à cette condition seulement qu'Allah le traitera avec bienveillance lors du Jugement dernier.
Aujourd'hui, la violence indonésienne réside fort probablement dans les inégalités économiques, ainsi que dans les disparités régionales. Bien que la religion et l'ethnicité soient souvent utilisées comme éléments catalyseurs, il n'en demeure pas moins que la situation économique en exaspère plusieurs. Somme toute, il en faudra beaucoup plus pour faire taire ce mythe stipulant que la violence est intrinsèque à l'Islam.
Jean Leloup est un grand sage. Prenez, par exemple, sa chanson Le monde est à pleurer. Lorsque j'ai pris connaissance des violentes manifestations qui ont secoué, notamment, le monde arabe suivant la sortie du film anti-islam intitulé L'innoncence des musulmans, début septembre, j'ai immédiatement pensé à cette chanson.
Dans un monde marqué par la crise économique, par les gigantesques convulsions politiques nées de la lutte entre l'espoir démocratique et les régimes autoritaires ainsi que par la redéfinition de la hiérarchie des puissances, la tentation du populisme, de la recherche névrotique des racines et de l'instauration d'une prétendue pureté sont des maux que seule la fermeté de l'expression politique du camp démocratique et laïque permettra de combattre. Sans haine mais avec détermination.