Moi aussi, dans la vingtaine, j'ai été un jeune animé du désir de tout changer lors de la décennie charnière de 1960. Je trouvais alors « outrageusement vieux » les gens de 60 ans...et même de 50 ans. La voie d'évitement, la voie de service, me semblait toute désignée pour eux. Je déplorais leur conservatisme, c'est-à-dire leur attachement à des valeurs passées, surtout dépassées aux yeux de ma génération.
Les données linguistiques du recensement 2011 sont venues confirmer ce que plusieurs d'entre nous avaient déjà constaté: le français recule au Québec. Dans le reste du Canada, la situation du français est catastrophique : hors Québec, 43 % des francophones (langue maternelle) utilisent plus souvent l'anglais à la maison que le français. Ces « assimilés » sont, pour la plupart, des jeunes, ce qui laisse entrevoir une assimilation quasi totale à l'anglais hors de l'Acadie dans un avenir relativement proche.
Mercredi matin, à Montréal, j'ai annoncé ma candidature à la direction du Parti libéral du Québec et mon engagement envers l'équipe libérale au terme de la course qui débute. Je me lance dans cette aventure, car j'ai la ferme conviction d'être celui qui est en mesure de rassembler tous les libéraux: ceux d'aujourd'hui, ceux d'hier, de même que toutes les Québécoises et tous les Québécois qui voudront se joindre à nous. Comme plusieurs Québécois, je souhaite un changement de ton dans le discours politique. Je souhaite des débats francs, dans le plus grand respect des personnes et des institutions. Le PLQ doit y jouer un rôle important en se modernisant à nouveau,
J'habite un vieux quartier de Montréal, aussi blanc que du bon pain Weston. Blanc et francophone et catholique et cultivé et aisé et de bon goût, toujours. Un microcosme de la parfaite société du Nous. D'ailleurs, on y vote PQ et Bloc en masse. On n'y voit presque jamais d'individus à la peau foncée, même si mon quartier se trouve juste à côté d'un des secteurs les plus multiethniques de Montréal. N'ayez crainte, citoyens, les frontières semblent bien étanches. Mais comme on a l'esprit ouvert, on y tolère quelques femmes portant hijab, mais ça grommèle dans les chaumières.
Le Québec est redevenu une entité vibrante, grouillante, vivante et axée sur une piste dont les horizons demeurent malgré tout quelque peu embrouillés, en dépit des nombreux soubresauts qui peuvent secouer certains milieux de notre société remplie, pourtant, de belles promesses, de projets qui, tous, peuvent être enthousiasmants...
Alerte rouge! Les "valeurs québécoises" sont à nouveau en danger. Courez le dire à vos voisins. On croyait en avoir fini avec toutes ces musulmaneries, mais, après voir vaillamment mis un stop à la lapidation des femmes adultères à Hérouxville, nous voici à nouveau menacés. Dieu sait où saigner ces pauvres petites poules pourrait nous mener... Aux chiottes, tout au moins, puisque les animaux abattus selon le rituel halal (musulman) ou casher (juif) comporteraient un risque accru de contamination, selon le porte-parole péquiste en matière d'agriculture, André Simard. Vétérinaire de son métier, M. Simard pousse l'enveloppe plus loin en disant que ce type d'abattage est cruel et "ne correspond pas aux valeurs du Québec."
Mais où diable est donc passé le maudit Français? Quid de l'arrogant, du chiant et de son air supérieur? Quid du salaud qui nous abandonna jadis, nous laissant à nous même dans la mâchoire de l'ogre britannique? Quid de l'ingrat qui poussa l'humiliation jusqu'à sous-titrer nos films à l'accent agricole et si risible?
Conversons cher Maka Kotto. J'ai lu ton billet: La liberté et la culture québécoise et je suis resté pour le moins estomaqué, malgré ton éloquence, devant la quantité de pensée magique, de raccourcis et distorsions de faits historiques au service de «la cause».