Le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, en rajoute une couche. Dans sa lettre envoyée aux médias, il demande une période d'accalmie à l'approche de la période estivale. Il faudrait donc arrêter d'être indigné parce qu'une vingtaine de millionnaires bardés de logos veut faire des tours de chars à 300 km/h? Qu'on rentre dans les rangs parce qu'il va bientôt y avoir des défilés de clowns dans nos rues? Qu'on cesse de penser parce que c'est la saison des festivals? Qu'on ferme nos gueules parce qu'on installe des podiums dans le centre-ville?
«Conne, blondasse, condescendante, matante bourgeoise, vendue, frustrée, jalouse sans talent, ignorante de banlieue, vieille peau qui ne comprend rien». Je ne suis pas un fan de Sophie Durocher. Mais Isabelle Maréchal a un show de radio pas mal du tout. La question : méritaient-elles ce genre d'insultes, malgré leur position par rapport au conflit étudiant? Je pense que personne ne mérite cela.
Devant la réaction massive des jeunes suite à la hausse des frais de scolarité, les Forums jeunesse auraient pu organiser des débats pour favoriser l'échange d'idées, organiser des panels d'experts pour que les jeunes comprennent mieux les enjeux en cause, superviser les votes de grève pour stimuler l'intérêt à la démocratie. Mais non. Rien.
Devions-nous rire en réaction aux propos de Gilbert Rozon, président du Festival juste pour rire, dans l'émission 24 heures en 60 minutes d'Anne-Marie Dussault sur RDI, ce mercredi 23 mai 2012? En fait, je n'ai pas ri du tout! Ce n'étaient pas des blagues! C'est avec beaucoup de sérieux que M. Gilbert Rozon s'est exprimé sur la Loi 78, sur le conflit actuel entre les étudiants et le gouvernement, sur la jeunesse québécoise, sur les interventions de la police lors des manifestations. Nous avons eu droit à une vision très personnelle de la société québécoise.
Nous en sommes rendus là, vers ce besoin, où la cause veut son symbole pour s'offrir un second souffle. Maintenant que le fantôme est apparu, la thèse du complot pourra s'installer confortablement. Nous n'avions pas assez d'un gouvernement surréel, il nous fallait aussi un héros fantôme. Comme si, cinq mille, dix mille, cent mille personnes, ce n'était pas assez héroïque pour qu'un peuple puisse se prendre en main.
À l'occasion de cet interminable conflit étudiant, plusieurs ont voulu voir dans les revendications étudiantes le rejet d'un soi-disant modèle universitaire américain qu'on aime opposer à un modèle européen. Le premier serait fondé sur des frais de scolarité élevés, sur l'esprit de compétition et la marchandisation du savoir. Le second s'appuierait au contraire sur un financement étatique assurant la gratuité scolaire, sur une tradition humaniste et la valorisation des connaissances pour l'amour d'elles-mêmes.
Je suis libéral, car ce terme désigne de par son étymologie deux valeurs fondamentales: la défense des libertés et la générosité sociale. Je suis libéral, dans la tradition de Wilfrid Laurier, préférant l'unité à la division, le dialogue à l'affrontement, l'ouverture à la haine. Je suis libéral, dans la lignée de ceux qui ont combattu la Grande Noirceur et son «cheuf» Duplessis, grand amateur de loi matraque.
Je n'aime pas l'expression « Quand on se compare on se console », parce que je suis fondamentalement convaincue que la consolation est un bien piètre objectif, et qu'une société qui se respecte doit viser l'excellence et non chercher à éviter la relative médiocrité. Ceci étant, un regard -- même furtif -- sur d'autres régions du globe permet de mieux saisir la mesure de ce à quoi peuvent ressembler des démocraties menacées.
Aujourd'hui, je relayais sur Twitter le commentaire d'un internaute qui s'inquiétait du peu d'empathie de plusieurs internautes qui expriment une joie non dissimulée quand le chaos numérique s'empare du pignon sur Web d'une institution. J'ai bien aimé la réaction d'un autre membre de la communauté Web qui exprimait mon malaise en moins de cent-quarante caractères... "J'espère qu'un jour les gens comprendront que de pirater un site web c'est comme casser les vitres d'un magasin".
C'est fini. Enfin presque. Enfin sûrement. Enfin j'imagine. Il faut sauver les festivals, le grand prix, le dollar. Priorités. Tu te souviens de moi le jeune? C'est moi, le passant. Je t'écrivais, c'était au début, c'était en mars, je te parlais de mon impuissance et de mon scaphandre. Je te demandais de l'aide. Tu te souviens pas? Je comprends. Avoir pris autant de coups de matraque sur la gueule, avoir été poivré comme un steak à relever, ça se peut bien ...
Quand la jeunesse se mobilise, elle peut faire trembler le pouvoir en place... et même le renverser. À preuve, au Sénégal, en Afrique de l'Ouest, il a suffi d'une coupure d'électricité. Une seule. Au Sénégal, dans l'obscurité s'est levée une jeunesse. Celle-là même qui a pris d'assaut les rues de la capitale. Qui a organisé des réunions et des rassemblements populaires. Dans la foulée des protestations contre le pouvoir en place, elle a appris à s'exprimer. Mais, le plus important : cette jeunesse a fait émerger une génération consciente.
Rappelons-nous qu'en novembre 2010, en moins d'une semaine, ils étaient plus de 165 000 à signer une pétition autorisée par l'Assemblée nationale du Québec, demandant la démission de Jean Charest comme premier ministre et comme député de Sherbrooke. L'intimé et les membres de son gouvernement avaient fait la sourde oreille. Cette fois, la contestation s'est faite en direct, dans la rue.
Je lance aujourd'hui un appel, qu'au-delà de la rue, de ces manifestations, de la désobéissance civile, du combat de terrain qui se mène, des casseroles, qu'émerge un véritable Québécois politisé; qu'il devienne membre d'un parti, qu'il crée des associations de comté, qu'il y milite, s'y joigne, participe, organise et transforme en or ce qui n'est que présentement et probablement qu'éphémère.
Au moment même où les négociateurs des quatre principaux groupes représentants des associations étudiantes d'universités québécoises sont réunis pour une autre ronde de négociations avec le gouvernement, il faut rappeler la légitimité et l'importance d'une hausse des droits de scolarité à l'université.
Vous vous rappelez de cet esprit qui nous animait quand nous étions enfants? L'insouciance des certitudes, des journées remplies de jeux, des matins clairs, des espoirs fous, des rêves insensés et des utopies essentielles. L'insouciance des copains sans questions, des balades sans raisons, d'un monde sans frontières, des soupers sans vaisselle, des nuits sans réveil, des devoirs sans conséquences, des dimanches sans lessive, des balades en vélo sans casque.
Cher monsieur Gérin-Lajoie, J'ai toujours eu le plus grand respect pour vous pour l'excellence de vos actions posées en éducation et son rayonnement international. Je suis néanmoins en net désaccord avec l'analyse que vous posez sur la situation actuelle. Contrairement à ce que vous pensez, si le méli-mélo actuel perdure, c'est justement à cause de la position intransigeante de la part du gouvernement Charest qui n'aura réussi qu'à exacerber les tensions avec l'imposition de la loi 78.