Lors des manifestations bruyantes des étudiants en 2012, j'ai regardé à la télévision ce qui me semblait un grand party d'étudiants. Des démonstrations dans la rue qui me rappelaient les grandes marches et les grands rassemblements des années 60 et 70. En consultant leur manifeste, je relisais les manifestes de l'époque de la révolution tranquille et même bien avant comme le Refus global, l'Option souveraineté-association, celui du FLQ et de tant d'autres, même sur la scène internationale. Et je me suis dit: rien de nouveau sous le soleil.
En 2012, plus de 350 blogueurs nous ont fait parvenir des lettres ouvertes et des textes d'opinion allant de la politique québécoise à l'élection américaine en passant par la religion, l'environnement, la culture, l'économie et bien sûr, le conflit étudiant. La communauté et les réseaux sociaux étant une partie intégrale de l'ADN du Huffington Post Québec, nous vous présentons aujourd'hui le Top 21 des billets de blogues les plus partagés et commentés sur le site en 2012. Vous aurez peut-être déjà lu certains de ses textes et, je l'espère, en découvrirez de nouveaux. Retour sur une année mouvementée.
Alors que débute la première rencontre thématique précédent le Sommet sur l'enseignement supérieur, je suggère aux participants de convenir de quelques définitions. C'est parfois si simple de ne pas s'entendre et de se déchirer parce qu'on interprète différemment un concept, même usuel. Prenez l'éducation par exemple. Qu'est-ce que ça signifie pour vous, l'éducation?
La condamnation d'un jeune leader étudiant crée des remous au sein de la communauté internaute... Le titre d'un billet récemment publié sur ce site m'a interpelé : «Coupable d'inspirer». Le problème est qu'on peut inspirer et respecter la loi en même temps - peu importe qu'on soit d'accord avec la loi ou pas. Précisons d'abord qu'il est important d'avoir des jeunes qui se « tiennent debout ». Peut être pourront-ils « inspirer » une génération plus âgée qui a depuis longtemps plié l'échine devant des situations inacceptables: corruption, iniquités sociales croissantes, pauvreté chez les enfants, etc.
Je n'ai aucun problème à ce que des groupes et des individus revendiquent la gratuité scolaire, le droit à la dissidence, ou n'importe quoi qui reste dans les limites du bon sens. Là où je fulmine, c'est lorsque les menaces sortent avant même qu'on débatte réellement du sujet. On retrouve ici la bonne vieille ASSÉ, celle-là même pour qui les compromis sont signes de faiblesse, pour qui la grève est un moyen de pression parmi tant d'autres et non le dernier recours.
Fort mauvaise blague que ce jugement d'outrage au tribunal émis contre Gabriel Nadeau- Dubois. Quelqu'un devrait avertir l'honorable Denis Jacques qu'il y a eu (grâce justement au mouvement étudiant) élection au Québec, que les Libéraux ont perdu et que les méthodes dures préconisées par le PLQ, notamment la loi 78 et l'appel aux tribunaux, ont non seulement été condamnées par le Barreau du Québec mais rejetées par la majorité des Québécois.
Combien de fois a-t-on entendu les gens de la CLASSE défendre l'idée de désobéissance civile? Un concept très noble en soi, mais il ne peut être appliqué à moitié. Quand des individus décident de défier l'État de droit, ils le font en toute connaissance de cause et doivent impérativement assumer les répercussions judiciaires au risque de passer pour révolutionnaires de pacotille.
Montréal est une ville de coupables. Depuis des mois, les voleurs et les corrompus font la sellette oubliant même les sommes dérobées, les dates, les autres dérobeurs de biens publics impliqués. Ces gens se promènent en cravate et beaux atours, sont invités et applaudis à Tout le monde en parle et retournent tranquillement dans leurs maisons récemment léguées à leurs femmes ou enfants. Pourtant aujourd'hui c'est un jeune militant de 22 ans qui est trouvé coupable pour avoir fait valoir des droits collectifs.
Peut-on vraiment espérer bâtir une société privée de philosophes, de sociologues ou d'historiens? Une société privée de chercheurs dont les travaux les mènent à développer une vision globale de notre expérience collective, une analyse sur le long terme qui ne peut qu'être utile lorsque vient le temps, par exemple, de se pencher sur nos rapports à l'autre, comme ce fut le cas avec la Commission Bouchard-Taylor.
Je suis heureux de voir les employés de Gentilly-2 prendre la rue et se choquer, pas parce que je supporte le nucléaire, mais parce qu'au-delà de la décision économique et environnementale de fermer ou non la centrale, il y a des individus que l'on oublie. Peut-être que si Gentilly-2 brasse suffisamment, peut-être, qu'on y repensera deux fois avant de créer des emplois sans durée. Peut-être que les gouvernements vont se garder une petite gêne avant de développer des projets dans l'instantanée, sans continuité, sans durabilité.
Le Parti Québécois avait promis l'annulation de la hausse et l'abrogation de la loi 12, il l'a fait. Pourtant, pour en arriver là, il a fallu un travail énorme, tant pendant le printemps que pendant la période électorale. La Fédération étudiante universitaire du Québec, en collaboration avec sa consoeur la Fédération étudiante collégiale du Québec, a mis en place une ambitieuse campagne pour faire sortir le vote des jeunes, prenant le pari que plus les jeunes iraient voter, plus le gouvernement libéral avait des chances d'être défait. Nous voulions faire la différence.
L'indignation qui s'est manifestée en 2011 n'est pas une aspiration romantique. C'est un pouls. Le pouls d'une humanité qui sent que la course folle au profit est un non-sens, qu'elle n'est pas source de bonheur, qu'elle assassine air, arbres et enfants, et finalement qu'elle ne profitera bientôt plus à personne. À quoi sert Occupy? À nous maintenir en éveil et attentif. À nous inviter à écouter ce pouls-là battre, le pouls de notre existence collective.
Ils sont accusés de tous les maux, ces pauvres. Pourtant, ils ont tout inventé. La sociale démocratie, c'est eux. Les grands travaux hydrauliques, c'est eux. L'assurance maladie, le système de santé gratuit et l'enseignement supérieur accessible aussi. On pourrait continuer encore. Alors, pourquoi sont-ils si mis à mal? La liste de critiques les concernant pourrait être aussi longue que celles des bons coups pour les encenser.
Hier matin c'était tranquille dans ma ruelle. Je ne sais pas si c'est juste moi qui aie ralenti le tempo, ou la ville au complet. Il me semble que ça grouillait la veille, nous dans les quartiers généraux, dans les débats, dans les journaux, eux sur le perron, au coin de la rue, au dépanneur, dans la ruelle. Il me semble qu'il m'était impossible de sortir de chez moi sans tomber sur un voisin assoiffé d'analyses et de prédictions « pis, qui c'est qui va être élu tu penses ?». Ce matin il n'y avait personne. D'un bout à l'autre de la ruelle. Au dépanneur par contre, plus un seul journal. C'est peut-être ça qu'ils faisaient les gens, ils lisaient et relisaient et réfléchissaient. .
Je quitte. Montréal, la ville folle, la métropole qui a sorti le Québec d'une illusion de petit village d'irréductibles gaullois légèrement ouverts sur le monde mais soi disant protégé de ses pires vices.Or, nous nous sommes trompés sur nous-même. L'image d'un petit peuple chaleureux a trahi celle d'un peuple divisé selon les pires clichés du pouvoir libéral pendant la crise étudiante: une élite éloquente et habile se donnant une image progressiste de la nation québécoise, et une majorité (j'oserai dire silencieuse) se retrouvant dans la démagogie des commentateurs réactionnaires à grand tirage.
Je me suis levé ce matin, le cœur léger, empreint d'excitation, car c'est jour de vote. Mais pas n'importe quel jour de vote. Aujourd'hui, je l'espère, marquera un pas important dans l'Histoire du peuple québécois. Peut-être même que ce sera le début de la construction de notre « pyramide égyptienne » à nous, peuple historiquement opprimé, bafoué, voire ridiculisé par les autres provinces, certains anglophones et trop souvent, nous-mêmes. Rappelons-nous, en ce 4 septembre 2012, que si nous allons aux urnes aujourd'hui, et fort probablement avec un taux de participation historique, nous le devons aux étudiants et étudiantes de ce printemps érable.