La chef péquiste a décidé de se camper clairement à gauche dans ce conflit afin de damner le pion à Québec solidaire. Elle s'est prononcée contre la hausse actuelle des frais de scolarité et elle porte fièrement le carré rouge (le symbole du mouvement pro-boycottage) à l'Assemblée nationale. Sur cette question, la députée de Charlevoix est une véritable girouette. Sa prise de position sent l'opportunisme à plein nez.
Le gouvernement tente de nous faire croire qu'il a fait tous les efforts possibles pour sortir de la crise. Line Beauchamp soutient que c'est l'intransigeance des leaders étudiants qui l'a menée à démissionner. J'aurais davantage tendance à croire que c'est l'intransigeance du premier ministre qui aura eu raison d'elle. Les ordres, ils viennent de là.
Les associations étudiantes ont eu la tête de Line Beauchamp, ex-ministre de l'Éducation, mais il auraient tort de pavoiser. Cette petite victoire annonce peut-être une grande défaite. Car tant le premier ministre que son ministre des Finances, Raymond Bachand, ne veulent pas céder devant la grogne étudiante et Jean Charest est un homme têtu.
Depuis des années, la deuxième grande fonction de l'État (l'éducation), avait laissé toute la place à la santé, la priorité des priorités disaient les libéraux en 2003. Bien sûr, on parlait occasionnellement du système éducatif, mais tous les sondages identifiaient la santé comme la préoccupation numéro 1 des citoyens.
Se battre contre le capitalisme, c'est comme vouloir éliminer les maringouins de la surface de la Terre. C'est ridicule, dangereux, voire impossible. Rappelez-vous donc que vous avez tout ce que vous avez GRÂCE au méchant capitalisme. Tous vos loisirs sont capitalistes. À moins que votre activité favorite ne soit de récolter de l'eau de pluie avec des feuilles vertes. Note : se promener à Bixi, c'est très capitaliste.
Une manifestation, c'est rarement une partie de plaisir, il y a des tensions partout: entre les manifestants et les policiers, entre les passants et les policiers, entre les passants et les manifestants, entre les manifestants et les manifestants. Il faut une certaine expérience et une bonne dose de contrôle de soi pour rester posé dans une manifestation lorsque ça pète, l'adrénaline est forcément au rendez-vous et beaucoup de gens se sentent menacés.
Le Barreau du Québec juge légitime l'objectif poursuivi par la proposition législative. Cependant, fait-on valoir, les manifestants pacifiques désireux de conserver l'anonymat ne devraient pas être ciblés si leur déguisement « n'a pas pour but de faciliter la perpétration d'une infraction criminelle, incluant la participation à une manifestation tumultueuse ».
N'est-ce pas mieux d'accepter les dernières offres liées à la bonification des prêts et bourses, obliger un meilleur financement des universités et ensuite, réclamer un véritable plan des générations? Un plan de match qui saurait répartir le poids financier de notre système équitablement par génération?
Dans le débat sur l'accessibilité aux études, les « carrés rouges » ont perdu la bataille intellectuelle puisqu'aucune étude sérieuse ne soutient leur point de vue. Aucune. Au contraire, les propositions du gouvernement accroissent l'accessibilité aux études. Ils ont aussi perdu la bataille de l'opinion publique puisque la majorité de la population ne les soutient pas.
Il me semble que si tous les partis s'étaient unis pour demander un retour en classe le message aurait eu de l'impact autant sur les étudiants, les profs que les directions d'établissement. Après 13 semaines de conflit, les étudiants en grève sont dans une logique voulant que la session est, de toutes façons, foutue, donc aussi bien continuer.
Du côté des étudiants, que s'est-il passé durant cette vingtaine d'heures de négociations pour que cela se termine par une entente qui donne carte blanche au gouvernement? Et pourquoi les premières déclarations des présidents des associations, dont Gabriel Nadeau-Dubois et Léo Bureau-Blouin, allaient dans le sens de la victoire étudiante?
Le gouvernement Charest a invité les chefs des trois grandes centrales syndicales à participer aux négociations. Qu'est-ce que ceux-ci faisaient là? Le litige entre les deux camps ne les concerne pas du tout. Normalement, le rôle d'un leader syndical est de défendre les intérêts des travailleurs face à l'employeur, mais le syndicaliste québécois fait plus que cela dans notre province.
Le contenu de « l'entente » que le gouvernement a rentré dans la gorge des quatre leaders étudiants, le 5 mai dernier, est absolument grotesque! Le gouvernement les a endormis avec cette vieille stratégie technocratique, usée à la corde, consistant à faire semblant de régler un problème en le dissimulant derrière une pléiade de comités.
Dans les mots de Wente, les étudiants dans les sciences sociales d'aujourd'hui «sont les baristas de demain». Quel dommage pour ces diplômés en science politique ou sociologie, dont le plus grand accomplissement de carrière sera de servir des soya-cappucino décaf à des clients comme Margaret Wente.
Dans une négociation, chacun doit faire son bout de chemin. Quand on annonce aux étudiants qu'on les fait venir un vendredi à 16 heures pour rouvrir le dialogue, pour parvenir à une entente, c'est qu'on est prêt à faire son bout de chemin. Sa «juste part» dans la négociation. Quand on les fait négocier pendant 20 heures de temps, passer la nuit debout, c'est qu'on s'attend à ce qu'enfin, il y ait compromis.
Ça commence par un coup de gueule, une idée criée plus fort que les autres. Ça commence par une opinion exprimée à voix haute qui ne plaît pas à tout le monde. Ça commence par un désir pressant de mettre en doute les mauvaises habitudes d'un gouvernement embourbé dans les scandales et corrompu par un manque patent d'éthique. Ça commence par des gens assis qui décident de se tenir debout.