Il existerait un déséquilibre systémique et récurrent: alors que la population anglophone du Québec compte pour moins de 9 % de la population totale, les universités anglophones du Québec recevraient quelque 25 %, et plus, des fonds du gouvernement québécois et quelque 35 % de l'aide du gouvernement fédéral. Ceci revient à dire que les universités québécoises francophones ne reçoivent pas leur juste part.
N'en déplaise à M. Fukuyama, l'Histoire n'est pas encore finie. La hargne politique et le débat idéologique persistent. Mais si l'on tient encore à faire paraitre le corps policier comme un arbitre impartial dans cette arène, ne changeons surtout pas de réalisateurs ni de scripteurs, car la critique est depuis longtemps conquise...
Il n'y a pas si longtemps, quelle était l'attitude de Jean Charest alors que tout le Québec lui réclamait une commission d'enquête publique sur la construction et le financement des partis politiques? Entêté, obstiné, orgueilleux et acculé au pied du mur, et, pendant deux ans, l'ex-PM s'est endurci dans une position intenable... Et à ce que je sache, il était vertement critiqué par le Parti québécois. Ça ne vous dit rien, j'imagine M. Bergeron?
S'il est important de revenir sur les événements du printemps 2012 et d'en faire un bilan critique, cela ne doit pas devenir une foire d'empoigne entre organisations étudiantes ou, encore pire, une guerre d'égos entre ex-porte-paroles. Il est dommage que Martine Desjardins, qui critiquait la «petite politique» du gouvernement libéral de Jean Charest, décide au moment de tirer sa révérence de cracher dans la soupe de cette manière.
Le recours aux tribunaux semble être devenu l'ultime moyen d'assurer la régulation et la gestion des affaires publiques comme privées. J'ai cependant beaucoup de difficultés à croire que la solution doive être appréhendée à travers la perspective d'une judiciarisation de la gouverne. La clé ne se retrouverait-elle pas plutôt dans le retour à des pratiques plus respectueuses d'autrui comme le dialogue, la négociation, ainsi que le compromis? Peut-être suis-je trop utopiste...
Travaillons avec les mouvements sociaux en tant qu'allié et non en tant que gérant d'estrade. Oui, nous sommes leur relais à l'Assemblée nationale, mais non, ils ne sont pas nos faire-valoir. La meilleure synthèse que j'ai entendue sur ce sujet est: «Marcher côte à côte, mais frapper ensemble». J'adhère à l'objectif de faire de QS un parti des urnes et de la rue, mais nous n'y arriverons pas en tentant de remplacer ou d'inféoder les groupes déjà existants.
Il y a un peu plus d'un an débutait ce qui allait devenir l'un des plus grands mouvements sociaux qu'ait connu le Québec. En cette journée de congrès d'Option nationale, et en tant que membres fondateurs de ce parti, nous avons cru nécessaire de faire un retour sur les évènements de l'année écoulée, et sur la responsabilité, ou les possibles, que portent en eux les acteurs actuels d'un Québec en quête de changement.
J'avais hâte du Sommet sur l'enseignement supérieur. Il m'intriguait, et je refusais de croire, peut-être un peu naïvement, que les dés étaient joués d'avance. J'avais hâte de pouvoir suivre les discussions, de voir les enjeux cruciaux remis au cœur des débats, de pouvoir parler ouvertement de gratuité scolaire sans se faire répondre que c'est impossible. J'avais hâte de rêver d'une vision commune sur l'éducation supérieure au Québec. Mais rien de tout ça n'est arrivé.
Je reconnais facilement que sur la question des droits de scolarité, aucun consensus n'était envisageable. Les associations étudiantes et les organisations syndicales qui occupaient plusieurs des sièges autour de la table travaillaient pour une utopique gratuité universitaire. Les administrations universitaires et les milieux d'affaires penchaient quant à eux pour une augmentation substantielle des droits de scolarité. Le gouvernement a tranché pour une indexation qui couvre les effets de l'inflation. Tout le monde est insatisfait.
Il a beaucoup été question ces dernières semaines de droits de scolarité et de gestion universitaire, mais personne ne s'est posé LA question: quelles sont, dans la société d'aujourd'hui et seront demain, les fonctions d'une université moderne? Elle doit certes entretenir des contacts fertilisants avec tous les milieux, spécialement les milieux économiques et sociaux, mais elle doit continuer à consacrer la part essentielle de son effort à l'enseignement et à la recherche désintéressée.
Il y a un an, jour pour jour, cinq femmes pénètrent dans la Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou pour interpréter un Te-deum punk cinglant. Vladimir Poutine est accusé d'avoir manipulé les résultats d'élections et un mouvement d'opposition tente tant bien que mal de se mobiliser. Mais le peuple russe est désabusé tant par les oligarques corrompus qui financent l'opposition que par le gouvernement corrompu qui a au moins l'avantage de nourrir leur fibre patriotique. Là-bas comme ici, l'indifférence marie la désillusion.
L'objectif du gouvernement Marois est désormais clair. Avec l'atteinte, à vitesse grand V, du déficit zéro, le gouvernement péquiste veut être en mesure de se présenter devant l'électorat avec un budget équilibré et un consensus imposé au milieu universitaire, et ce, avant la fin du printemps. Or, en faisant l'économie de la nécessaire réflexion qui s'imposait après le printemps étudiant, le gouvernement ne fait que repousser une problématique qui, elle, ne se résoudra pas d'elle-même.
Il y a un an, les premiers votes de grève commençaient à rentrer, depuis, bien des choses ont changé. Est-ce que les étudiants ont gagné? Difficile à dire. Il reste qu'il y a un peu moins d'un an, des gens ont tenté de transformer une grève en boycott et qu'aujourd'hui, avec la même finesse, «l'indexation est un gel».
La communauté et les réseaux sociaux étant une partie intégrale de l'ADN du Huffington Post Québec, nous vous présentons aujourd'hui le Top 21 des billets de blogues les plus partagés et commentés sur le site en 2012. Vous aurez peut-être déjà lu certains de ses textes et, je l'espère, en découvrirez de nouveaux. Retour sur une année mouvementée.
De retour au Québec, où j'espère trouver un poste universitaire, je me dis: tant mieux, ça bouge ces temps-ci. Printemps érable. Sommet de l'éducation. Je dois être à la bonne place. Je me suis vite détrompé! À voir le peu de disponibilités et les salaires offerts, j'en arrive à l'impasse : au Québec, même si je réussi à dénicher un de ces rares postes, il me sera quasiment impossible de rembourser ma dette. Pendant ce temps, à l'étranger, non seulement les postes sont plus nombreux, mais ils sont rémunérés à un niveau proportionnel à l'investissement que représente mon diplôme. Sitôt arrivé à la maison, me voilà déjà décidé à repartir.
Lors des manifestations bruyantes des étudiants en 2012, j'ai regardé à la télévision ce qui me semblait un grand party d'étudiants. Des démonstrations dans la rue qui me rappelaient les grandes marches et les grands rassemblements des années 60 et 70. En consultant leur manifeste, je relisais les manifestes de l'époque de la révolution tranquille et même bien avant comme le Refus global, l'Option souveraineté-association, celui du FLQ et de tant d'autres, même sur la scène internationale. Et je me suis dit: rien de nouveau sous le soleil.