J'ai une question pour François Legault, le chef de la Coalition "Avenir" Québec: t'as déjà vu un arbre réussir à pousser sans s'enraciner profondément dans la terre? Plusieurs savent, sauf toi et les autres opportunistes carriéristes de la politique bien sûr, que l'avenir d'une nation s'enracine dans son histoire et son passé. Toi et tes semblables carriéristes semblez croire que seul le pouvoir du "cash" compte pour être heureux dans la vie, tant comme individu que comme société.
Le grand intellectuel Justin Trudeau a bien voulu nous éclairer cette semaine, sur l'ampleur de sa réflexion démocratique. Devant des étudiants Montréalais, il a fixé la barre que devraient franchir les Québécois pour accéder à la souveraineté: « Si on est pour changer la Constitution canadienne et l'état de notre pays de façon aussi profonde, on devrait au moins exiger le même seuil que celui qui est nécessaire pour changer la constitution du parti néo-démocrate, qui est des deux tiers. »
Notons d'abord que les néo-québécois et les francophones de souche qui s'inscrivent dans les collèges anglophones ont fait au préalable 11 années de scolarité en français. Leur choix se fonde sur un désir de mieux maîtriser la langue de Shakespeare pour bien réussir dans la vie. S'il est indéniable que plusieurs se rapprochent ainsi de la communauté anglophone, ils ne deviennent pas pour autant des assimilés au terme de ce processus et ne désapprennent pas à parler français.
Deux grands "maux" irréconciliables diront certains. C'est du moins ce que plusieurs croient, étant donné la seule option fédéraliste actuelle qu'incarne le Parti libéral du Québec. En effet, ce dernier a plutôt sombré du côté centre avec légère tendance à droite, comme nous l'a laissé voir la crise du conflit étudiant et le dernier budget Bachand. Ceci étant, je crois sincèrement qu'il est possible de rallier le progressisme de centre-gauche au fédéralisme asymétrique.
Comment peux-tu te sentir d'un même pays qu'un type que tu rencontres et qui ne parle pas la même langue que toi, qui ne lit pas les mêmes livres, les mêmes journaux, qui n'écoute pas la même musique, qui ne prépare pas les mêmes mets, qui ne voit pas le même présentateur au téléjournal le soir à la télé et qui te regarde, l'oeil ahuri, quand tu lui parles, ému, de Passe-Partout? Comment t'appelles ça toi?
Présentement, le Québec traverse une période de transition et de flottement, à la recherche de nouvelles balises. Les années de réveil et de rattrapage qui ont suivi la Révolution tranquille des années '60 ont épuisé leur cours et le Québec est maintenant devenu une société moderne qui aspire à tenir sa place dans le peloton de tête des pays développés. Comment, alors, poursuivre la marche en avant? Comment redéfinir la question nationale à la lumière des réalités d'aujourd'hui, qui sont bien différentes ce celles d'il y a quatre décennies.