La découverte de gaz naturel dans l'Utica pourrait entraîner des répercussions beaucoup plus importantes sur l'économie et les impôts qu'on ne le croyait de prime abord. Même selon les prévisions les plus pessimistes, le bilan est percutant: 37 milliards de dollars au PIB, 14 000 emplois de pointe et plus de 10 milliards de dollars en nouvelles recettes fiscales. Le plus incroyable, c'est que l'exploitation locale du gaz naturel de l'Utica serait plus écologique que les sources que le Québec utilise à l'heure actuelle.
Préférez-vous les bananes ou le printemps? La question peut vous sembler absurde, mais c'est exactement le genre de fausse opposition qu'un sondage continental publié à l'occasion du Jour de la Terre propose. Le sondage révèle que les Nord-Américains priorisent l'indépendance énergétique par l'entremise de l'expansion des sables bitumineux à la lutte aux changements climatiques...
L'avenir du secteur énergétique au Canada déterminera le sort de notre société. Cette question doit être largement discutée, tant à l'échelle nationale que provinciale, et doit dépasser les frontières politiques et économiques. Nous devons définir le genre de pays que nous voulons léguer à nos enfants et à nos petits enfants.
En toute logique, ceux qui veulent alourdir le fardeau fiscal des compagnies minières n'ont pas vraiment intérêt à revoir le régime des redevances au moment où ce secteur connaît un ralentissement important. Il serait pour le moins paradoxal d'augmenter les impôts de ces dernières au moment où les investissements prévus sont plus incertains que jamais!
S'il faut en croire certains groupes environnementalistes, le projet d'Enbridge visant à inverser le flux du pipeline Sarnia-Montréal en vue d'acheminer du pétrole de l'Ouest vers le Québec est une mauvaise idée. Les sables bitumineux sont sales, disent-ils, et les pipelines sont dangereux. Ils veulent que les gouvernements fassent échec au projet. De toutes les positions adoptées par le mouvement anti-pétrole au Canada, celle-ci doit être considérée comme l'une des plus déraisonnables.
Avons-nous déjà été aussi divisés que maintenant ? Loin de moi la prétention d'avoir tout le recul historique nécessaire pour répondre à cette question adéquatement, mais quelle qu'en soit la réponse, je n'ai aucun doute sur l'importance de cette division. Et je ne crois pas faire preuve d'originalité en établissant qu'il s'agisse peut-être là d'un des maux les plus graves qui affligent le Québec.