Nous avons souvent l'occasion d'échanger entre collègues de la Coalition et inutile de dire que le fait d'accumuler les annonces de candidats de grande compétence ajoute au plaisir de faire campagne. Les comtés de Taschereau et Terrebonne étant un à la suite de l'autre dans l'ordre alphabétique, j'ai pu discuter avec le docteur Barrette lors de la soirée de lancement dans la circonscription de François Legault jeudi soir dernier et l'énergie du personnage est contagieuse.
Dès qu'il a obstinément refusé de rencontrer les étudiants au début du conflit que l'on sait, pour ensuite se moquer d'eux à la conférence sur le Plan Nord, il devenait clair que la stratégie du gouvernement serait celle de la wedge issue. C'est-à-dire la politique de la pomme de discorde qui a pour objectif de diviser l'électorat sur un enjeu émotif (avortement, armes à feu, peine de mort?) et ainsi mieux stigmatiser l'Autre.
Lorsque j'étais petit, j'étais le style d'enfant très nerveux. Je ne me souviens pas d'avoir eu peur des monstres sous mon lit ou des abominations qui se cachaient dans le placard. Non, gamin, ce qui me terrorisait, c'est la peur que mes parents meurent, qu'en me couchant, je me réveille dans une autre réalité. J'avais peur de la mort, la mienne, mais celle des autres aussi. Dans mes moments de malaise trop intense, j'allais dans mon lit et là, sous la couverte, je me reconstruisais le monde.
Pour les plus âgés qui peuvent se souvenir, comme pour les historiens, ce que nous vivons en ce début de période électorale peut rappeler les dernières années du règne de Duplessis. L'élection de 1956 avait donné lieu à un raz de marée en faveur de l'Union Nationale. L'achat massif des votes, le patronage donnant-donnant érigé en système incontesté, la création d'un ennemi imaginaire (le communisme) partout dissimulé et prêt à introduire le chaos dans la rue et dans les entreprises, la complicité active ou silencieuse de la majorité du clergé, etc., faisaient du vote une mascarade.
"Ton style, c'est ton cul", chantait Ferré dans une autre de ses envolées fameusement sexistes. N'empêche que la phrase résume bien le phénomène: le style, c'est ce qui nous définit, c'est l'essence d'une personne. C'est parfois des habits, mais c'est surtout une attitude, une façon de se comporter, de s'incarner aux yeux des autres. Au jour 2 de la campagne (tant attendue), le style des trois chefs en tête de peloton frappe bien davantage que leurs thèmes, slogans ou discours électoraux.
On ne peut pas blâmer les sondeurs, pour qui le fonds de commerce payant est ailleurs mais, le fait que les Léger et cie soient à l'avant-scène du commentaire médiatisé, est simplement aberrant. En quoi sont-ils qualifiés pour extrapoler, imaginer, analyser, supputer, délirer, improviser à partir de probabilités et, de surcroît, influencer de par leur avis les électeurs.
Si, comme lors de nombreuses campagnes électorales dans le passé, les médias mettent plus d'efforts à analyser la course à la victoire qu'à informer les gens sur les qualités et défauts des chefs de partis, des candidats et les valeurs qu'ils défendent, cela confirmera le changement qui s'est observé aux États-Unis et au Canada au cours des dernières années. La course à la victoire est plus importante que les idées véhiculées dans cette même course.
Le 16 août 2011, Jean Charest était présumé mort d'après un texte publié sur le site internet du Devoir. Il aurait succombé à une crise cardiaque pendant la nuit. Il s'agissait bien sûr de l'œuvre canularesque de pirates informatiques.
Sur le plan politique, Twitter est un média captivant quand on fait partie de la « bulle politique ». Mais si c'est facile de s'abonner aux vedettes de la twittosphère, c'est plus difficile de les séduire par nos humbles commentaires et d'en faire nos abonnés. Les journalistes et politiciens ne s'abonnent pas aux 140 caractères de simples citoyens. Quelques exemples? Richard Martineau peut se vanter de 39 300 abonnés, mais de seulement 72 abonnements; François Legault, 12 500 abonnés et 390 abonnements; Justin Trudeau 143 000 abonnés, 620 abonnements; Chantal Hébert, 27 800 abonnés, 47 abonnements.
Les immigrants qui viennent au Québec ont pour la plupart des diplômes universitaires et de fortes compétences et qualifications. Dans leur quête d'intégration au marché du travail, ils retournent parfois sur les bancs d'école pour acquérir des diplômes québécois, alors qu'ils détiennent parfois déjà des diplômes équivalents et même plus. Malgré ces diplômes québécois obtenus, ils se retrouvent toujours sans emploi. Pourquoi? La majorité des immigrants que j'ai rencontrés m'ont déclaré « l'expérience québécoise ».
Jean Charest est bien téméraire de précipiter la tenue d'élections générales au Québec dans un contexte politique aussi volatil. Quand on est rendus à présenter d'éphémères députés adéquistes comme des grosses prises c'est qu'il y a un problème de recrutement.
Lorsque Bernard Landry a déclenché la campagne électorale qui devait finalement coûter le pouvoir au Parti Québécois au printemps de 2003, sa formation politique était virtuellement à égalité dans les sondages avec le PLQ, à 36% (Léger Marketing). Si la partie semblait de prime abord jouable (comme elle l'est aujourd'hui pour le premier ministre Charest), un mois d'une campagne laborieuse marquée par de nombreuses anicroches et un traitement médiatique somme toute défavorable (visionner l'excellent « À hauteur d'homme ») ont finalement donné le pouvoir à Jean Charest.
Je me souviens de ce gouvernement qui donne nos ressources naturelles (pétrolière, minière et gazière) à des multinationales multimilliardaires alors qu'on pourrait nationaliser ces ressources et financer adéquatement nos services publics, comme l'éducation et la santé...
Beaucoup d'acteurs politiques, parlementaires ou non, accaparent déjà une part enviable des discussions qui trouvent une niche dans le cyberespace. Les propos qui y sont tenus sont majoritairement teintés d'une couleur politique avouée. Qui pourrait en toute sincérité s'en étonner? 140 caractères, c'est très peu pour exprimer une pensée politique précise, nuancée et complète. Je serais portée à pousser la réflexion et à dire que c'est trop peu...
Durant cette campagne, les objectifs du Huffington Post Québec seront de vous informer objectivement sur la campagne des cinq grands partis (PLQ, PQ, CAQ, Option Nationale et Québec Solidaire) et de provoquer des débats par le truchement de nos blogueurs et experts invités. Sur le terrain, nos journalistes Caroline D'Astous et Patrick Bellerose iront vous rencontrer un peu partout au Québec, feront des interviews avec les chefs, les candidats, les organisateurs, les bénévoles, etc., pour tâter le pouls électoral et comprendre ce qui se passe. Ils seront vos yeux et vos oreilles.
Le taux de participation aux dernières élections provinciales de 2008 ayant vu M. Charest prendre le volant par les deux mains a été de 57,3%. Il s'agit du plus bas taux de participation depuis 1927, alors que la Grande Crise de 1929 n'était qu'un futur lointain et où Céline Dion ne chantait pas encore. Et les Libéraux ont eu le mandat majoritaire qu'ils réclamaient à grands cris, puisque les méchants péquistes jouaient les empêcheurs de délibérer tout seul en rond et qu'ils ne pouvaient donc pas gouverner à leur guise.