Il y a sept ans jour pour jour que Stephen Harper a été assermenté au poste de premier ministre du Canada. L'homme autrefois lié au Reform Party et aux bigots intolérants a évolué : il est désormais adepte en langue française, il caresse les chats, et il a parfait l'art de courtiser le vote ethnique pour devenir chef des partis de droite désormais fusionnés.
Dès leur élection, les conservateurs ont annoncé leur intention de couper dans le financement public des partis politiques. Au-delà du Bloc Québécois, du NPD et du Parti libéral, ce financement qui attribuait à chaque parti un peu moins de 2 dollars par vote a permis aux plus petits partis, le Parti Vert, par exemple, d'avoir l'argent nécessaire pour établir une permanence et financer une campagne électorale. En coupant dans ce financement, les conservateurs sabotent la pluralité politique sur la scène fédérale.
«Le pouvoir tend à corrompre. Le pouvoir absolu corrompt absolument.» Cette formule saisissante de Lord Emerich Acton, historien et philosophe anglais, me revient en tête constamment depuis quelques semaines dans mes fonctions au Parlement. Le raisonnement de Lord Acton pour lier pouvoir et corruption est simple: ceux qui détiennent le pouvoir politique n'ont pas de compte à rendre à personne et croient pouvoir agir en toute impunité.