Droits De Scolarité

cp

Comprendre le Printemps érable québécois

C'est véritablement à partir des années 1960, à partir de la Révolution tranquille, que la recherche constante d'une doctrine de relèvement national aboutit chez les Canadiens français, qui devinrent des Québécois. Collectivement ils se sont emparés de l'État québécois pour s'en servir de levier et d'outil d'affirmation nationale. La conception collective qu'ils s'étaient toujours faite d'eux-mêmes, en plus de la morale catholique qui était la leur, les emmena à préconiser un type d'État providence, des mesures keynésiennes et la social-démocratie.
AFP/Getty Images

La transparence de l'action et de la gouvernance

Un article au Devoir a particulièrement attiré mon attention sur le sujet de la transparence de l'action et de la gouvernance. Dans « Le silence numérique du gouvernement aurait empiré la crise », Fabien Deglise analyse les impacts qu'aurait pu avoir le «silence du gouvernement de Jean Charest dans les nouveaux espaces numériques de communication» sur le conflit actuel. Il es ressort un constat d'échec.
Myriam Lefebvre

Révolution tranquille, phase 2?

Toujours fin analyste, Jacques Parizeau l'a constaté, et dans le cadre d'une conférence a fait un rapprochement de ce mouvement avec la Révolution tranquille des années 60, dont il a été un des artisans. «Cela, a-t-il dit, sent, à l'heure actuelle, un extraordinaire réveil d'une génération...» Par leur courage, leur générosité et leur détermination, les étudiants québécois ont déclenché un soulèvement collectif d'une rare ampleur, qui attire l'intérêt, voire l'admiration, du monde entier.
Myriam Lefebvre

Ces enfants qu'on dit rois

Ceux qui se sentent impuissants devant la rage de cette jeunesse qui déferle à grands coups de créativité, de pacifisme et de joie de vivre, mais qui refuse obstinément de se taire, n'ont qu'une explication: ce sont des enfants rois. On leur a toujours tout donné tout cuit dans le bec et ils sont incapables d'essuyer un refus. Pourtant, ils sont le pur produit d'une évolution sociale qui se révélera sans doute salutaire pour l'avenir du Québec.
Olivier Lauzon

La Rebelle Province

Entre deux coups sur les casseroles, c'est tout le Québec qui prend son air! Et tout le monde avec lui. Car pour des millions maintenant, partout, de Denver à Paris en passant par le Caire ou Ramallah, ce « printemps érable » s'inscrit clairement dans un mouvement mondial, qui va des révolutions arabes aux manifestations grecques et espagnoles, ou encore au mouvement Occupy en lutte contre l'austérité. La solidarité internationale qui déferle de partout est indéniable et quoiqu'en dise Monique Gagnon-Tremblay, ce n'est pas des futilités!
PC

Un fossé infranchissable

Les négociations sont rompues. La ronde de discussions à laquelle participaient la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, et les représentants des associations étudiantes, n'a pas permis de dén...

Les Forums jeunesse brillent par leur absence

Devant la réaction massive des jeunes suite à la hausse des frais de scolarité, les Forums jeunesse auraient pu organiser des débats pour favoriser l'échange d'idées, organiser des panels d'experts pour que les jeunes comprennent mieux les enjeux en cause, superviser les votes de grève pour stimuler l'intérêt à la démocratie. Mais non. Rien.
Myriam Lefebvre

Le fantôme

Nous en sommes rendus là, vers ce besoin, où la cause veut son symbole pour s'offrir un second souffle. Maintenant que le fantôme est apparu, la thèse du complot pourra s'installer confortablement. Nous n'avions pas assez d'un gouvernement surréel, il nous fallait aussi un héros fantôme. Comme si, cinq mille, dix mille, cent mille personnes, ce n'était pas assez héroïque pour qu'un peuple puisse se prendre en main.
AP

Et si l'on regardait ce qui se passe ailleurs dans le monde?

Je n'aime pas l'expression « Quand on se compare on se console », parce que je suis fondamentalement convaincue que la consolation est un bien piètre objectif, et qu'une société qui se respecte doit viser l'excellence et non chercher à éviter la relative médiocrité. Ceci étant, un regard -- même furtif -- sur d'autres régions du globe permet de mieux saisir la mesure de ce à quoi peuvent ressembler des démocraties menacées.

Pardon pour la casserole

C'est fini. Enfin presque. Enfin sûrement. Enfin j'imagine. Il faut sauver les festivals, le grand prix, le dollar. Priorités. Tu te souviens de moi le jeune? C'est moi, le passant. Je t'écrivais, c'était au début, c'était en mars, je te parlais de mon impuissance et de mon scaphandre. Je te demandais de l'aide. Tu te souviens pas? Je comprends. Avoir pris autant de coups de matraque sur la gueule, avoir été poivré comme un steak à relever, ça se peut bien ...
KPAX

Modèle américain ou utilitarisme

À l'occasion de cet interminable conflit étudiant, plusieurs ont voulu voir dans les revendications étudiantes le rejet d'un soi-disant modèle universitaire américain qu'on aime opposer à un modèle européen. Le premier serait fondé sur des frais de scolarité élevés, sur l'esprit de compétition et la marchandisation du savoir. Le second s'appuierait au contraire sur un financement étatique assurant la gratuité scolaire, sur une tradition humaniste et la valorisation des connaissances pour l'amour d'elles-mêmes.
Myriam Lefebvre

Conflit étudiant: passer de la rue à l'action politique

Je lance aujourd'hui un appel, qu'au-delà de la rue, de ces manifestations, de la désobéissance civile, du combat de terrain qui se mène, des casseroles, qu'émerge un véritable Québécois politisé; qu'il devienne membre d'un parti, qu'il crée des associations de comté, qu'il y milite, s'y joigne, participe, organise et transforme en or ce qui n'est que présentement et probablement qu'éphémère.
CP

Malgré Jean Charest, une hausse légitime et souhaitable

Au moment même où les négociateurs des quatre principaux groupes représentants des associations étudiantes d'universités québécoises sont réunis pour une autre ronde de négociations avec le gouvernement, il faut rappeler la légitimité et l'importance d'une hausse des droits de scolarité à l'université.
PC

Réplique d'une Gérin-Lajoie à Gérin-Lajoie

Cher monsieur Gérin-Lajoie, J'ai toujours eu le plus grand respect pour vous pour l'excellence de vos actions posées en éducation et son rayonnement international. Je suis néanmoins en net désaccord avec l'analyse que vous posez sur la situation actuelle. Contrairement à ce que vous pensez, si le méli-mélo actuel perdure, c'est justement à cause de la position intransigeante de la part du gouvernement Charest qui n'aura réussi qu'à exacerber les tensions avec l'imposition de la loi 78.
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Je suis un con. J'enseigne la littérature

Je suis un prof de littérature, vous savez, j'enseigne une de ces matières obligatoires au cégep et que plusieurs estiment complètement inutile. Je suis donc un de ces profs au cours de qui personne ne s'inscrit (pas besoin, c'est automatique) et à qui tout le monde reproche de voler le temps.
Montage

Rendez-vous à 14h

Pour la première fois depuis l'adoption de la loi spéciale 78, il y a une dizaine de jours, la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne et les leaders étudiants se sont réunis autour d'une même tab...

Police au Québec: l'échec du renseignement

Alors que le FBI, Scotland Yard et la Police judiciaire française, dont la direction du renseignement, exigent des futurs membres et ce, depuis des lunes, l'école de droit pour faire partie de leur organisation, le Québec en grande partie à cause des syndicats de policiers, a choisi le modèle de l'école technique et d'une courte formation spécialisée à son école de police. Alors que les universitaires composent l'essentiel des troupes au sein des forces de l'ordre dans les grandes démocraties, nous avons choisi de traiter nos policiers comme de simples techniciens du recours à la force.
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Le sens des casseroles

La saison touristique s'en vient et les casseroles ne semblent pas vouloir se taire. La contestation reçoit des appuis du monde entier : France, États-Unis, Chili. Le ras-le-bol est mondial. L'hiver avait mis le couvercle sur la casserole des indignés, mais le printemps leur a fait prendre racine et se multiplier.
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Trois grands-mères et la grève étudiante

Il est peut-être bon de prendre un petit temps d'arrêt dans toute cette crise étudiante - l'espace d'un après-midi de début d'été, je vous rassure! - afin d'apprécier, dans ses plus infimes ramifications, la portée du mouvement. Étant moi-même un épicurien devant l'Éternel (si tant est qu'il existe!), j'ai profité comme beaucoup de gens de l'après-midi ensoleillé de jeudi afin de m'attabler avec trois amis à la terrasse d'un restaurant l'espace d'une petite heure.
CP

À genoux

Dans son message inaugural en 2003, le premier ministre Charest avait annoncé qu'il prenait sous son aile le dossier Jeunesse. «Je tiens par ailleurs à dire aux jeunes Québécois que les dossiers jeunesse sont sur le bureau du premier ministre. J'en fais une préoccupation personnelle. Les jeunes ont une conscience des enjeux et des considérations universelles....On a besoin de leurs idéaux», disait-il en juin 2003.
PC

Merci, Gabriel!

Depuis le début de la grève étudiante, le gouvernement et la plupart des éditorialistes et commentateurs ne cessent de s'en prendre à Gabriel Nadeau-Dubois, le leader de la CLASSE. Pourquoi donc? Parce qu'il est le seul à garder le cap sur la raison qui a amené les étudiants à entrer en grève : la hausse des frais de scolarité. Sans Gabriel Nadeau-Dubois, ce réveil des étudiants et, plus généralement, de la population québécoise, aurait-il lieu? Permettez-moi d'en douter.
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Sortie de crise

Au moins deux solutions pourraient satisfaire aux exigences d'un test de solidarité intergénérationnelle. La première consisterait à réduire quelque peu la hausse prévue des droits de scolarité d'une somme à récupérer auprès de la population active, sous la forme d'un impôt spécial sur le revenu. Dans l'esprit utilitaire qui l'anime, ce partage n'est pas injuste dans la mesure où la population active se dit majoritairement favorable à une hausse des droits de scolarité, alors même que ses leaders auraient sous-contribué (financièrement) au développement de l'Université.
CP

Vive la poêle à frire

Le mouvement des femmes au Québec s'est bâti précisément sur le contournement de la loi interdisant l'avortement. Comme bien d'autres féministes à l'époque, j'ai aidé des femmes à avorter dans la plus parfaite illégalité. Arrêtez-moi quelqu'un. Il y a parfois des gestes plus dignes de respect, certainement plus courageux, que de simplement faire les génuflexions d'usage devant la primauté du droit. On comprend, bien sûr, le besoin de juristes et politiciens de réitérer leur attachement aux règlements démocratiques puisque leur pain et beurre en dépend.

Étudiants et jeunes dans la rue : un changement de génération au Québec?

Comment est-on arrivé au Québec au bord d'une « guerre » civile, qui revêt plutôt les allures d'un conflit de générations que d'une lutte de classes? Car il faut tout de même souligner que les donneurs de conseil ne sont pas toujours les payeurs dans cette bataille, puisque l'on sait que les études universitaires sont le plus sûr moyen d'assurer une mobilité sociale ascendante à ses détenteurs, et que la population qui est ainsi sommée de payer les études par ses taxes considère à juste titre qu'elle a un mot à dire dans ce débat.