Au côté de la voix vive et rafraîchissante de Françoise David, il manquait aussi la présence importante d'un cinquième joueur qui ne manque pourtant pas de pertinence: Jean-Martin Aussant d'Option Nationale. Mais, je crois que ça aurait été le coup de grâce pour les vétérans que sont devenus avec le temps Marois, Legault et Charest. Trop d'idées nouvelles, trop de sincérité, trop de discours vrais. On ne bouscule pas l'establishment du jour au lendemain, surtout si c'est pour le bien de tous.
Après une passe d'armes verbale de deux heures, où l'on a su ce que disait ou ne disait pas le rapport Moisan, où l'on a débattu du nombre de médecins nécessaires à notre réseau, de la loi 10 ou de la posture envers le gouvernement fédéral, force est de constater qu'il n'y a qu'une seule grande perdante du débat d'hier soir : l'éducation. L'éducation pour laquelle plus de 200 000 étudiants ont battu le pavé le printemps dernier. L'éducation qui, de l'avis de tous, devrait être LA priorité pour une société qui se veut ancrée dans la réalité du XXIe siècle. L'éducation, faut-il le rappeler, pour laquelle nous sommes en élection cet été, après le conflit historique qui a agité les cégeps et les universités du Québec.
Le premier débat des chefs de la campagne électorale était, à bien des niveaux, historique, étant le premier débat avec autant d'hommes que de femmes et marquant la première participation de la Coalition Avenir Québec et de Québec Solidaire à ce débat. C'était d'ailleurs, pour ce dernier parti, l'une des rares occasions de visibilité égale aux autres partis, une opportunité que Françoise, co-porte-parole de QS, devait saisir pour sortir son parti de la marginalité. Bilan de la performance des 4 chefs de partis.
Ce débat n'a rien tranché et laisse le jeu ouvert pour le PLQ, le PQ et la CAQ. Celle qui n'avait rien à perdre et tout à gagner a amélioré ses chances d'arracher Gouin au PQ mais, Dieu merci, un gouvernement de QS n'est pas à nos portes. Pour Mme Marois, la menace viendra peut-être plus de la gauche que de la droite d'ici le 4 septembre.
En cette campagne estivale, en plus d'avoir droit à une joute électorale des plus imprévisibles, nous assistons aussi à une lutte entre la télévision publique (Radio-Canada et Télé-Québec) et la télé privée (TVA). Avec l'annonce d'un grand débat à quatre (ou cinq) chefs le 19 août sur les ondes de la télé publique et de trois face-à face entre les chefs des trois principaux partis du 20 au 22 août sur TVA, les Québécois pourront pour une fois tirer profit de cette bataille que se font les géants des médias depuis des années.