Je n'aime pas l'expression « Quand on se compare on se console », parce que je suis fondamentalement convaincue que la consolation est un bien piètre objectif, et qu'une société qui se respecte doit viser l'excellence et non chercher à éviter la relative médiocrité. Ceci étant, un regard -- même furtif -- sur d'autres régions du globe permet de mieux saisir la mesure de ce à quoi peuvent ressembler des démocraties menacées.
Chaque crise économique débouche sur une prise de conscience collective. En Europe, ce moment approche. Des millions de personnes devront bientôt faire face au chaos et admettre que l'euro, tel que nous l'avons connu, est chose du passé. Pour comprendre le pourquoi de cette situation, il faut avant tout perdre quelques illusions. Jusqu'à maintenant, la crise de la dette européenne s'est traduite par une série de "moments charnières", qui devraient plutôt être qualifiés de "marches d'escalier" descendant toujours plus bas.