Les salles de nouvelles en région subissent ainsi de plein fouet le contrecoup de cette barbarie à visage mondain, avec l'appauvrissement durable appréhendé de l'offre de l'information. Jean Pelletier, premier directeur de l'information télévisée, déclarait le 4 avril dernier : «Sur le front de l'information, les moyens deviennent de plus en plus réduits.»
Je croyais rêver lorsque RDI a interrompu sa programmation régulière pour que les téléspectateurs puissent être témoins de l'ovation qu'a réservée la salle de nouvelles de Radio-Canada à son ancien patron. Rarement un mouvement de personnel n'aura causé autant d'émoi au Québec. Quotidiennement, dans plusieurs médias, des gens sont appelés à d'autres fonctions ou sont remerciés. Pourquoi faut-il que ceux qui vivent ce genre de changements soient élevés au rang de héros national lorsqu'il s'agit de Radio-Canada?
La SRC alimente la critique en associant de trop près ses émissions d'information, d'affaires publiques et même de variétés à l'empire de la famille Desmarais. Il ne se passe pas une journée, au Québec, sans que des journalistes du groupe Gesca (Power Corporation) ne soient présents sur les ondes de la radio et de la télévision de la SRC. C'est ce que certains appellent Radio-Gesca.