On cible des acteurs sans avoir l'intime conviction qu'ils seront reconnus coupable par un tribunal. On enquête et on produit un rapport de recommandations pour le gouvernement. C'est comme si t'apprenais que ta femme te trompe depuis des années, mais que la seule action que tu peux prendre, c'est de lui écrire une lettre pour lui expliquer pourquoi elle s'est fait pogner et quels moyens doit-elle entreprendre pour ne plus que ça se reproduise.
Suis-je la seule qui déprime à cause de la commission Charbonneau? Je ne suis pas naïve. Je sais bien que la corruption en politique, ce n'est pas une nouveauté. Mais de voir ça dévoilé en bloc, jour après jour, je commence à perdre foi en nos institutions. Ce n'est pas que les élus et les soi-disant ''servants civils'' qui sont croches; c'est le système au complet qui est érigé sur des valeurs douteuses. Le comité éxécutif de la Ville de Montréal qui reçoit des pots-de-vin? Un coffre fort si plein qu'il est difficile de le fermer? Le maire, qui ferme les yeux sur le financement illégal? Pincez moi. Je ne croyais pas voir ça dans notre démocratie.
L'ex-futur vice-premier ministre d'un ex-futur gouvernement de la CAQ, Jacques Duchesneau, a jugé hier 'irresponsables' mes propos tenus lors de l'émission Larocque-Lapierre, diffusée ce dimance. Prenons d'abord connaissance des propos, et revenons ensuite pour un commentaire.
Il fallait entendre les nouveaux ministres péquistes faire des pirouettes et des arabesques quand la commission Charbonneau a commencé à mettre à nu le système de corruption qui sévit à Montréal et lorsque la police a débarqué chez Gilles Vaillancourt, maire de Laval. On ne demande plus la démission des élus municipaux, on les invite, tout au plus «à réfléchir» dans l'intérêt de leurs citoyens, et la tutelle, mon dieu, qui a osé évoquer ça?
Depuis quelques jours, j'ai des hauts le cœur persistants. Ces hauts le cœur ne sont pas dûs à un virus quelconque, non pas du tout. En fait, oui. À bien y penser, il s'agit d'un virus qui se nomme TPS! Encore là, j'hésite à employer le titre Monsieur pour parler de cet ignoble individu qui nous explique le plus simplement du monde la façon dont lui et sa gang nous ont volés pendant des années. Je ne décolère pas.
Les journalistes québécois se ruent sur toute allégation de corruption au Québec et celles-ci se retrouvent rapidement à la première page des journaux. Au Canada anglais, lorsque une affaire éclate, elle se retrouve en première page des journaux puis sera rapidement reléguée à d'autres pages. Et n'imaginez pas que la Commission Charbonneau et la couverture médiatique de cette affaire puisse se répéter ailleurs au Canada: le dossier serait rapidement étouffé.
Lino Zambito a mis à nu devant la Commission Charbonneau un système de corruption et de collusion. Son témoignage, étalé sur 7 jours, en a fait une vedette instantanée, un statut confirmé par sa prestation à Tout le Monde en Parle dimanche soir.
Lino Zambito, le gars "aux faux airs de Robert de Niro", est partout. Le rôle que l'ex-boss de la construction a joué à la Commission Charbonneau le rend sans doute incontournable. Mais de là à inviter le témoin vedette à Tout le monde en parle? Et surtout, à l'applaudir sur le plateau? Lino Zambito, malgré ce qu'on lui doit, est un homme accusé d'une bonne partie des crimes qu'il a si bien décrits devant la Commission Charbonneau.
La Commission Charbonneau est comme un téléroman, suivi de près et parfois en direct par des milliers de Québécois avides de révélations-chocs et de scandales. Et présentement, Lino Zambito, ancien entrepreneur en construction et ex-propriétaire d'Infrabec Inc., en est l'acteur principal. Ce téléroman tient en haleine la population et l'ensemble du monde municipal, déjà plutôt malmené ces dernières années par des histoires aussi louches que nombreuses.
Quand il annoncé qu'il y aurait du «croustillant» à la reprise des travaux de la Commission Charbonneau, son procureur en chef, Me Sylvain Lussier, ne savait pas qu'il en ferait partie. La démission-surprise de Me Lussier, alors que la Commission expose sur la place publique un réseau de magouillage, soulève des questions sur le jugement de ce dernier et, par ricochet, sur la Commission Charbonneau elle-même.
Lino Zambito est un peu comme une arme de destruction massive dans notre univers politique. L'ancien entrepreneur en construction et témoin-vedette de la Commission Charbonneau a de nouveau fait des révélations dévastatrices. L'ex-pdg d'Infrabec n'a pas encore subi le test du contre-interrogatoire. Mais, depuis six jours, il déshabille sur la place publique un système de corruption et de collusion tentaculaire.
Je soupçonne Gérald Tremblay, Gilles Vaillancourt et Nathalie Normandeau d'avoir participé au même voyage organisé, quelque part en Asie. Non pas parce qu'ils en sont revenus avec une sagesse grandie, mais bien parce que leurs récentes déclarations aussi naïves que choquantes ne peuvent trouver de sens que s'ils ont croisé cette sculpture de l'artiste Hidari Jingoro dans un sanctuaire japonais. En Asie, la croyance veut qu'à celui qui suit cette maxime, il ne lui arrivera que du bien. À chacun ses croyances...
Que M. Moreau, qui pourrait devenir le chef du PLQ, ait un ami haut placé chez ArcelorMittal Mines Canada, c'est pour moi un détail qui n'est pas nécessairement important. Mais que cette personne lui donne des conseils, après toutes les allégations susmentionnées sur le PLQ, et que ces conseils soient de nature pouvant possiblement influencer quelque chose quelque part, voilà qui est beaucoup plus discutable.
Colère et dégoût. Ce sont les réactions que suscite le témoignage de Lino Zambito devant la commission Charbonneau. Les révélations de l'ancien propriétaire d'Infrabec demeurent, pour le moment, des allégations et le témoin-vedette n'a pas encore passé le test du contre-interrogatoire. Mais, c'est le «système» lui-même qui est en train d'être démonté.
Lorsque le premier ministre récite comme une litanie la longue liste des initiatives de son gouvernement pour combattre la corruption, il devrait avoir l'honnêteté de remercier le Parti québécois, l'ADQ et Québec solidaire sans oublier les médias qui lui ont montré du doigt les problèmes et l'ont forcé à corriger certaines des lacunes les plus criantes.
Pour les plus âgés qui peuvent se souvenir, comme pour les historiens, ce que nous vivons en ce début de période électorale peut rappeler les dernières années du règne de Duplessis. L'élection de 1956 avait donné lieu à un raz de marée en faveur de l'Union Nationale. L'achat massif des votes, le patronage donnant-donnant érigé en système incontesté, la création d'un ennemi imaginaire (le communisme) partout dissimulé et prêt à introduire le chaos dans la rue et dans les entreprises, la complicité active ou silencieuse de la majorité du clergé, etc., faisaient du vote une mascarade.