Au fil des semaines et des mois, nous entendons à la barre des témoins des ingénieurs et des entrepreneurs raconter le fonctionnement d'un système de collusion et de corruption impliquant des fonctionnaires, souvent eux-mêmes des ingénieurs, ce qu'ils viendront confirmer à leur tour tout en profitant de l'immunité prévue par la loi. Mais qu'en est-il au juste de ces conseillers, avocats, comptables ou notaires, auxquels les ingénieurs et les entrepreneurs s'en remettent le plus souvent et auxquels ils paient des fortunes en honoraires?
Quelques journalistes ont été étonnés que j'utilise le mot « crapules » pour parler des corrupteurs qui ont gangréné notre société ces dernières années. Comme si on devait se gêner. Le tort qu'ils nous ont causé est considérable. Les outils que nous déployons -- la nomination de Jacques Léonard au comité conseil de Montréal n'était que la dernière en date -- doit faire en sorte de faire du Québec, et de Montréal, un endroit particulièrement hostile... aux crapules !
Le témoignage de Michel Lalonde devant la Commission Charbonneau ébranle sérieusement certaines illusions qui bercent le Québec depuis des décennies. Les révélations du PDG de Géniu conseil sont aussi retentissantes que celle de Lino Zambito. La collusion et la corruption se sont installées chez les entrepreneurs, mais aussi chez les firmes d'ingénieurs qui faisaient affaire avec la ville de Montréal et, sans doute, d'autres municipalités. Nous avons été bien naïfs, bien longtemps.
La commission Charbonneau a péché en ne filtrant pas suffisamment le témoignage du témoin Dumont. Elle a péché à nouveau en ne réagissant pas immédiatement quand ce dernier a fait des révélations inattendues, aux lourdes conséquences. L'impression que l'on garde, c'est que la commission, furieuse, a décidé d'enfoncer Martin Dumont publiquement, en le faisant parader à la reprise de ses travaux. Mal lui en pris, parce que, ce faisant, elle a ouvert la porte à la coriace avocate Suzanne Gagné.
En principe, avec notre véhicule affichant une plaque d'immatriculation diplomatique, nous ne devrions pas payer de frais d'accès au port. Malheureusement, l'employé contrôlant l'accès au port ce matin-là décide de nous imposer un montant sans quoi nous ne pouvons pas nous rendre à notre quai de départ. Un montant plutôt aléatoire. On lui répète maintes fois que ces frais sont inadmissibles, compte tenu de notre statut diplomatique. Rien à faire. On abdique. Il se met l'argent dans les poches. Et ainsi va la corruption en Indonésie.
Nous voilà déjà dans la frénésie des fêtes et votre liste de 'quoi offrir à qui' n'est pas complétée. Et depuis la commission Charbonneau avec tous 'les petits cadeaux au petits amis', vous êtes pas mal embêté. Voici quelques lignes directrices pour vous aider dans l'attribution de vos cadeaux de Noël et trois solutions pour vous tirer d'embarras dans des situations délicates.
La destitution cette semaine du maire de Toronto, Rob Ford, relève à nouveau le contraste entre Montréal et Toronto. Bien que le tempérament du maire pose problème, le fait d'avoir utilisé du papier entête de la ville pour mousser ses bonnes oeuvres est une peccadille en comparaison à ce que l'on découvre à Montréal. Alors, avant que Macleans magazine nous refasse le coup, disons-le tous en choeur: la corruption a une ville, voire une province, et jusqu'à preuve du contraire, elles se trouvent de ce côté-ci de l'Outaouais. La question, maintenant, celle qu'on répugne à se poser, c'est pourquoi?
Dans les dernières années, nous avons pu voir un gouvernement défendre jusqu'au seuil du ridicule l'ancien ministre Tomassi, aujourd'hui accusé de fraude et d'abus de confiance. Nous avons également vu une ministre dîner en compagnie de membres présumés du crime organisé, sans que cela n'émeuve les membres de l'ancien gouvernement libéral. L'opposition libérale, qui se levait jadis pour applaudir Tony Tomassi, vient de faire tomber la tête d'un ministre à qui l'on reproche de ne pas avoir payé son loyer. Visiblement, l'indignation et le sens moral sont à géométrie variable au Salon de la race ...
Que reproche-t-on à Daniel Breton? En 2009, pendant que les membres du club 357c s'échangeaient des millions, il était incapable de payer son loyer. Même chose en 2005. On lui a aussi retiré son permis de conduire pour contraventions non payées et on l'a condamné pour conduite sans permis. Ceux qui connaissent Daniel Breton connaissent l'histoire du militant qui faisait des tournées du Québec et qui devait parfois coucher dans son char, comme le chante Richard Desjardins. Qu'il ait été pauvre ne le disqualifie pas d'être ministre.
Que le politicien qui n'a jamais été invité au 357c lève la main. Les travaux de la Commission Charbonneau, révèlent que ce club privé est le rendez-vous des décideurs québécois, qu'ils soient des élus, des hommes d'affaires ou même des syndicalistes.Après les ex-ministres Line Beauchamp et Tony Tomassi, la liste des invités s'est allongée. Pauline Marois, Jean-Marc Fournier, François Legault ont mentionné avoir choisi cet endroit discret pour tenir des rencontres privées ou de nature mondaine.
Quand le gouvernement du Québec ne dispose pas des lois appropriées pour sévir contre la corruption endémique et systématique de ses propres créatures que sont les villes, alors que la situation était connue de plusieurs donc prévisible pour des gestionnaires compétents, c'est encore une fois la sécurité qui est en péril au plus haut niveau.
Denis Coderre est un personnage en soi. C'est une évidence que de le dire. Celui qui s'est bâti une stature publique par son franc-parler et par une habile mise en marché sur les médias sociaux est désormais pressenti comme candidat potentiel à la mairie de Montréal, en novembre 2013. Il ne s'en cache pas lui-même, faisant durer inutilement le suspense sur une nouvelle qui n'en est plus une, démultipliant les entrevues (Larocque-Lapierre, Tout le monde en parle) afin de ne pas annoncer sa non-candidature, tout ceci donnant naissance à des scènes quelque peu incroyables où des intervieweurs usent de contorsions langagières, de questions détournées afin de soutirer un semblant de réponse ou quelques idées au futur candidat. Idées qui ne viennent pourtant pas.
On peut dire que c'est la fin d'une époque dans la troisième plus grande ville québécoise. Depuis 1989, le roi de Laval a dirigé la ville d'une main de fer. C'était lui Laval. Que sera l'héritage de ce politicien municipal? C'est évident que les soupçons de corruption et de marchandage vont entacher son règne. Malgré cela, il faut quand même reconnaître que M. Vaillancourt laisse une ville bien en ordre sur le plan économique.
Depuis quelques jours, les têtes tombent les unes après les autres. On sent l'énervement, la fébrilité de la population, assoiffée de détails sur un milieu qu'on ne découvre généralement que dans les films, et de manière très séduisante. On sent aussi le découragement, ou même parfois l'indifférence « bah, ça faisait longtemps qu'on s'en doutait ». Pour ma part, je suis cette saga avec un brin de cruauté : qui sera le prochain à tomber?
Il n'y a rien de satisfaisant à voir le maire de la première ville au Québec quitter ainsi, sous l'opprobre public. Non pas que je crois que Gérald Tremblay soit une victime, mais dans cette crise que traverse le monde politique québécois, la responsabilité est en réalité partagée, tant par les politiciens que par la population québécoise. Nous sommes tous responsables de l'état misérable de nos institutions publiques et de la probité de notre classe politique qui, au fond, n'est que le reflet de nos propres choix.
C'est une mauvaise idée que de vouloir limiter à trois les mandats des maires des villes de plus de 5000 habitants. Heureusement, le nouveau gouvernement est en mode recul sur cette question. Mme Marois en a glissé un mot dans son discours d'ouverture de la session parlementaire. Cet engagement est devenu, par contre, une «possibilité» qu'il faut discuter avec les élus municipaux et l'opposition... l'équivalent d'un enterrement de première classe.