Le 4 septembre 2012 fût une soirée électorale québécoise inoubliable et je l'ai vécue avec d'intenses émotions ici en Afrique, à 6228 km de Montréal. j'ai suivi avec grand intérêt la campagne électorale et ai contribué, selon ce que permettaient la technologie et les moyens, au débat de la société, en particulier les préoccupations des communautés culturelles.
Le 4 septembre prochain, j'annulerai donc mon vote pour signifier démocratiquement mon insatisfaction face au manque de vision de l'ensemble des partis politiques qui me semblent avant tout souhaiter leur (re)élection plutôt que de propulser le Québec vers l'avenir, à l'aube de ce qui pourrait bien être une ère de grands bouleversements pour l'Occident tel qu'on le connait.
Mais vous direz, c'est ça la politique. C'est l'art de glisser, d'utiliser les statistiques à son avantage, et de faire paraître l'adversaire comme un incompétent. Françoise David n'a donc pas l'air d'en faire, elle, de la politique. Elle se dit parfaitement heureuse de voir une femme à la tête du gouvernement, sachant très bien que ce ne sera pas elle, mais sa « rivale » Pauline Marois qui a des chances de l'être.
Le chat vient de sortir du sac! Après avoir dit regarder d'un « œil positif » la reconstruction de Gentilly-2, mais de vouloir attendre les chiffres, voilà que François Legault fait une véritable profession de foi envers le nucléaire ce matin dans le Nouvelliste de Trois-Rivières. Il aurait même affirmé que de ne pas procéder avec la réfection de Gentilly-2 serait «irresponsable». Comment se fait-il que Monsieur Legault, qui dit vouloir rendre Hydro-Québec plus rentable en coupant 4000 postes, souhaite maintenant lancer la société d'État dans une aventure financière risquée qui coûtera au bas mot plus de trois milliards de dollars qui pèsera lourdement sur sa rentabilité?
Le discours d'Aussant est contradictoire puisqu'il demande aux électeurs de voter avec leur cœur plutôt qu'avec leur tête, aussi nuisible ceci puisse être dans de nombreuses circonscriptions à cause de notre système politique, tout en ayant lui-même un discours électoraliste et une stratégie centrée autour du système uninominal à un tour.
En mode séduction, François Legault a promis des femmes dans un éventuel cabinet ministériel de la CAQ, comme s'il pouvait en être autrement en 2012. Puis, en présentant les femmes de son parti en point de presse, il a souligné qu'elles pourraient s'occuper des enfants et des aînés. Sans commentaire.
Je ne représente qu'une goutte d'eau dans l'océan. Et on ne parle ici que d'un pauvre petit x à inscrire sur un bout de papier, qu'on plie ensuite pour le déposer dans une boite, qui sera décomptée plus tard. Je sais. C'est rien. Mais ce x, moi, j'y crois. Et ce sentiment de fierté de me présenter à l'école primaire du coin pour aller voter m'envahit chaque fois. Je fais partie des gens qui croient en une démocratie saine. Con de même, le gars.
C'est la question que nous pouvons nous poser en analysant la performance des chefs sur le strict point de vue de la crédibilité. Depuis le début de la campagne électorale, notre comité a accordé ses meilleurs pointages aux chefs des partis dont on peut affirmer qu'ils ne formeront pas le prochain gouvernement. Est-ce à dire qu'un porte-parole n'est jamais plus fort que son organisation? J'ai personnellement tendance à croire que oui.
François Legault ne s'en cache pas, il veut poursuivre la réingénierie de l'État que Jean Charest avait dû abandonner devant l'opposition massive que son projet avait suscitée. Le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ) a au moins l'honnêteté d'afficher ses couleurs contrairement à Jean Charest qui avait gardé le silence sur ses véritables intentions au cours de la campagne électorale de 2003. C'est ce qui avait fait dire à toutes les organisations syndicales et tous les groupes populaires qui avaient pris la rue : « Nous n'avons jamais voté pour ça ».
Bien que l'application de la loi 101 au cégep ne soit pas la plus gracieuse des politiques, elle fait partie intégrante d'une série de mesures qui doivent être appliquées afin d'empêcher Montréal de devenir un nouvel Ottawa (ville avec une importante minorité francophone où la langue commune est l'anglais). Pour ma part, j'appuie cette mesure qui, sans être élégante, est un mal nécessaire pour la vitalité et la survie du français à Montréal.
La société néolibérale n'est pas une société. C'est plutôt une collection d'individus atomisés, individualistes et égoïstes qui consomment, entreprennent et se divertissent au sein d'un énorme marché. Toute poursuite de jouissance personnelle qui n'entrave pas les autres est érigée en droit absolu. Dans une telle société, impossible de penser en commun ou de convenir ensemble d'une quelconque norme collective, car celle-ci en viendra inévitablement à brimer certains individus, à constituer une contrainte dans la recherche de leurs intérêts privés.
Le premier débat des chefs de la campagne électorale était, à bien des niveaux, historique, étant le premier débat avec autant d'hommes que de femmes et marquant la première participation de la Coalition Avenir Québec et de Québec Solidaire à ce débat. C'était d'ailleurs, pour ce dernier parti, l'une des rares occasions de visibilité égale aux autres partis, une opportunité que Françoise, co-porte-parole de QS, devait saisir pour sortir son parti de la marginalité. Bilan de la performance des 4 chefs de partis.
Il n'y a qu'un parti qui se montre en mesure de nettoyer les écuries d'Augias, et c'est la Coalition Avenir Québec. Il n'y a qu'un parti qui est en mesure de s'attaquer à une bureaucratie de plus en plus envahissante, c'est la CAQ. Et l'abolition des commissions scolaires me paraît être une mesure nécessaire si l'on veut vraiment réformer notre système d'éducation. Quant à la santé, le débat public-privé est déjà obsolète: les cliniques indépendantes ne cessent d'augmenter et c'est là un essor qui ne s'arrêtera plus. C'est pourquoi je souhaite une victoire de la Coalition Avenir Québec le 4 septembre prochain.
François Legault refuserait de collaborer avec un gouvernement péquiste ou libéral minoritaire, quitte à provoquer de nouvelles élections à brève échéance. Habituellement, les chefs de parti sont plus prudents que le leader de la Coalition Avenir Québec et se contentent de dire répéter qu'ils font campagne pour gagner, point final. Fini donc le «on verra», la CAQ s'assume.
J'ai décidé de faire une expérience pendant toute la durée de la campagne électorale: ne m'informer qu'à partir du web. Je consulte occasionellement les journaux en papier, mais je boycotte la TV. Et je compare aux précédantes élections. Je me suis abonné à la page Facebook des grands partis en lice, et je suis sur Twitter les partis et leurs ténors (quand ils sont présents). Je suis aussi les hashtags les plus populaires tels que #qc2012 et #polqc ou encore le toujours actif #assnat.
Plus tôt au cours de la campagne électorale, la CAQ a pourtant dévoilé une imposante plateforme électorale, dans laquelle on retrouve l'intention de lutter contre le décrochage scolaire. À travers les 114 pages qui constituent la plateforme électorale du parti, ce que j'ai compris de la vision de la CAQ, c'est que le taux de diplomation au Québec est uniquement l'affaire des écoles, des structures, du gouvernement. Et donc, les solutions proposées ne visent que les écoles, les structures et le gouvernement.