La condamnation d'un jeune leader étudiant crée des remous au sein de la communauté internaute... Le titre d'un billet récemment publié sur ce site m'a interpelé : «Coupable d'inspirer». Le problème est qu'on peut inspirer et respecter la loi en même temps - peu importe qu'on soit d'accord avec la loi ou pas. Précisons d'abord qu'il est important d'avoir des jeunes qui se « tiennent debout ». Peut être pourront-ils « inspirer » une génération plus âgée qui a depuis longtemps plié l'échine devant des situations inacceptables: corruption, iniquités sociales croissantes, pauvreté chez les enfants, etc.
Je n'ai aucun problème à ce que des groupes et des individus revendiquent la gratuité scolaire, le droit à la dissidence, ou n'importe quoi qui reste dans les limites du bon sens. Là où je fulmine, c'est lorsque les menaces sortent avant même qu'on débatte réellement du sujet. On retrouve ici la bonne vieille ASSÉ, celle-là même pour qui les compromis sont signes de faiblesse, pour qui la grève est un moyen de pression parmi tant d'autres et non le dernier recours.
Combien de fois a-t-on entendu les gens de la CLASSE défendre l'idée de désobéissance civile? Un concept très noble en soi, mais il ne peut être appliqué à moitié. Quand des individus décident de défier l'État de droit, ils le font en toute connaissance de cause et doivent impérativement assumer les répercussions judiciaires au risque de passer pour révolutionnaires de pacotille.
Montréal est une ville de coupables. Depuis des mois, les voleurs et les corrompus font la sellette oubliant même les sommes dérobées, les dates, les autres dérobeurs de biens publics impliqués. Ces gens se promènent en cravate et beaux atours, sont invités et applaudis à Tout le monde en parle et retournent tranquillement dans leurs maisons récemment léguées à leurs femmes ou enfants. Pourtant aujourd'hui c'est un jeune militant de 22 ans qui est trouvé coupable pour avoir fait valoir des droits collectifs.
En pleine saison électorale, Nadeau-Dubois quitte donc le devant de la scène et je dois dire que c'est tant mieux! Après avoir été outrageusement diabolisé par le gouvernement Charest, ce qu'il déplore à juste titre, Nadeau-Dubois vient de retirer une carte importante d'entre les mains du premier ministre: en s'évacuant du débat public, il vient peut-être de poser le geste le plus habile (sans le vouloir?) de cette jeune campagne électorale.