En écoutant la radio mardi dernier, j'ai réalisé que Jacques Parizeau est un nobody pour bien des gens. Un nobody dont l'opinion vaut autant que celle de n'importe qui. Est-ce simplement une extension du peu de reconnaissance sociale que l'on témoigne envers nos aînés? Il y a quand même quelque chose d'indécent là-dedans. On devrait collectivement accorder plus de mérite aux interventions de nos anciens premiers ministres (péquistes). D'abord parce qu'il est sain et souhaitable qu'ils participent toujours au débat public. Mais aussi parce qu'ils disposent d'une incroyable expérience politique et publique qui ne peut être que bénéfique.
Ne cherchez pas la cohérence ces jours-ci. Outre les évidentes lacunes en communication du gouvernement péquiste et ses propres contradictions, de nombreuses critiques contre ce même gouvernement sont elles-mêmes intrinsèquement contradictoires. Nombreux sont ceux qui critiquent la visite de Pauline Marois au Congo et en France : pour eux, la francophonie ne sert à rien et un premier ministre devrait rester au Québec pour s'occuper de problèmes plus urgents.
Lorsque Bernard Landry a déclenché la campagne électorale qui devait finalement coûter le pouvoir au Parti Québécois au printemps de 2003, sa formation politique était virtuellement à égalité dans les sondages avec le PLQ, à 36% (Léger Marketing). Si la partie semblait de prime abord jouable (comme elle l'est aujourd'hui pour le premier ministre Charest), un mois d'une campagne laborieuse marquée par de nombreuses anicroches et un traitement médiatique somme toute défavorable (visionner l'excellent « À hauteur d'homme ») ont finalement donné le pouvoir à Jean Charest.