Augmentation Des Frais De Scolarité

CP

Le choc des valeurs

Le gel en vigueur au cours des neuf années précédentes ne pouvait plus perdurer. N'oubliez pas que nous sortons d'une crise économique, nos exportations reculent ou au mieux stagnent depuis deux ans. Sans compter qu'Ottawa a réduit ses paiements de transfert pour l'éducation postsecondaire dans le cadre de sa lutte contre le déficit. Bref, nos finances publiques sont mal en point. Le gel était un luxe, on n'en a plus les moyens.
afp

Vive le sens des priorités!

Mon grand-père avait pour son dire: «Quand le feu pogne dans maison, peu importe qu'il aille commencer dans la cuisine ou ben non dans le salon, tu l'éteins.» En ce moment, que les étudiants soient violents ou non, qu'ils boycottent ou qu'ils grèvent, on s'en fout. Ce qui est important, c'est qu'en ce moment, le point de rupture est bientôt atteint. Bientôt, des sessions devront être annulées, bientôt, les esprits vont s'échauffer, bientôt, les impacts économiques vont s'aggraver. Bientôt, il sera trop tard.
CP

Qu'il ose!

Charest veut mentir le Plan Nord comme seul avenir économique, la stabilité constitutionnelle dans un Canada déjà rompu, la loi et l'ordre par la répression. Sur le dos des étudiants, des travailleurs, de notre langue, de notre richesse, de notre environnement. Et de son devoir solonnel. Ce sont ses lignes de campagne. Avec la loi, l'ordre et la hausse des frais de scolarité, il pige à deux mains dans le marché de la CAQ déjà aux enchères.
PC

Comment expliquer la popularité de Gabriel Nadeau-Dubois?

Gabriel Nadeau-Dubois et ses collègues ont su profiter de la conjoncture politique actuelle. Ils personnifient l'opposition à l'équipe Charest. En plus d'être jeune, Gabriel Nadeau-Dubois, ce politicien en herbe s'exprime dans un discours accrocheur et syndicaliste ce qui a naturellement attiré les médias. Malheureusement pour les Québécois, son discours cache une tout autre réalité, celle de la promotion de la désobéissance civile, du non-respect des décisions de la Cour, du saccage du bien public et des biens privés et l'appel à la Révolution.
CP

Radicalisme étudiant: une bénédiction pour Charest

S'il est important d'avoir des amis en politique, il est encore plus fondamental d'avoir un ennemi. La présence de celui-ci permet aux hommes et aux femmes politiques de se définir. Jean Charest ne cèdera pas. Son intérêt est de poursuivre ce combat jusqu'aux élections. Il avait besoin d'incarner une cause et se cherchait un ennemi. Les casseurs et la CLASSE se sont offerts sur un plateau d'argent. Le radicalisme étudiant est une bénédiction pour les libéraux.
PC

Arrêtez de frapper sur nos enfants, c'est peut-être le vôtre!

Je n'en reviens pas. Tout simplement pas. Je regardais les images de la manifestation hier soir en direct à CUTV, et ce que je voyais, c'était une foule pacifique. Tout se passait bien. Et voilà que sur Twitter, le SPVM se met à parler de casseurs. Et tout à coup, sur CUTV, je vois la police charger les manifestants, sans raison apparente.
CP

Cher Monsieur Pratte

Il y a crise, Monsieur Pratte, lorsque l'on refuse de reconnaître la légitimité démocratique de décisions prises en assemblées délibérantes, et ce, avec des taux de participation qui feraient rougir toute notre classe politique. Il y a crise, Monsieur Pratte, lorsqu'un gouvernement préfère laisser aux tribunaux et aux corps policiers le soin de dénouer les conflits dans le milieu de l'éducation, ne faisant qu'alimenter les tensions plutôt que d'apaiser la grogne estudiantine.
CP

La révolution et les individualistes

Le discours des étudiants pour la hausse représente bien cet individualisme : « Moi, je veux aller à mes cours si je le veux, eux peuvent manifester s'ils le souhaitent! ». Autrement dit, manifestez pour le bien commun, moi je profiterai de votre victoire et en plus je terminerai ma session! L'image parfaite du passager clandestin!
PC

Une solution honorable

La solution simple que je propose est la suivante. Le gouvernement accepterait de répartir la hausse prévue sur six ans, au lieu de cinq, et celle de la première année serait coupée de moitié. Le manque à gagner des universités serait compensé par une augmentation équivalente du financement public. Les modifications annoncées au régime de prêts et bourses seraient mises en place. L'opportunité d'établir une commission de surveillance des finances universitaires ferait l'objet de discussions ultérieures.
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Le pathétisme (postmoderne) du conflit étudiant

Peu importe la résultante, peu importe la résolution du conflit, la grève étudiante de l'année 2012 sera synonyme d'une démonstration sans équivoque du pathétisme postmoderne dont souffre la société québécoise. D'un côté, il existe un regroupement d'étudiants, divisé en diverses factions qui ne représentent pas les mêmes intérêts et qui ne défendent pas la même idéologie, mais qui parle au nom desdits étudiants comme étant un tout uniforme et homogène sans représenter la majorité de ces derniers.
CP

Cette crise est une trilogie

Chaque jour, plus profondément je me révolte. Et n'allez pas croire que je porte le carré rouge sur mon manteau déjà rouge. Pas besoin. Le rouge orne de plus en plus mon regard, et teint mes principes comme une chaussette oubliée dans une brassée de blanc.
Radio-Canada.ca

Arriver à ce qui commence

On critique l'entêtement idéologique des jeunes dans la rue, mais qui des deux, gouvernement ou étudiants, est le plus aveugle à votre avis? Même si les étudiants sont forcés de réintégrer leurs classes, et ils devront bien le faire à un moment donné, la grogne est désormais plus large, le besoin de s'exprimer plus vaste et la nécessité de reprendre ce qui nous appartient, de plus en plus aiguë.
CP

Le prix du cynisme

Cela fait désormais huit semaines que les étudiants sont dans la rue, que les classes des universités sont vides. Cela fait désormais huit semaines qu'une grande partie de la jeunesse étudiante du Québec tente de faire passer un message somme toute simple au gouvernement : la hausse de 75% des frais de scolarité ne peut que nuire à l'accessibilité aux études. Cela fait aussi huit semaines que le gouvernement ignore souverainement les doléances étudiantes, faisant passer pour du « leadership » ce qui est en réalité de l'obstination et de l'entêtement. Huit semaines de condescendance et de cynisme.
CP

Frais de scolarité: Quel enjeu au coeur du débat?

Le débat sur la question de la hausse des droits de scolarité au Québec a pris une tangente qui me fascine. J'ai vaguement l'impression que les tenants du gel tentent d'en faire un combat dogmatique duquel les deux véritables enjeux -- la qualité du réseau universitaire québécois et son accessibilité -- sont évincés. D'une part, la question de l'avenir du réseau universitaire, et de la qualité de la formation est complètement occultée par les porte-parole étudiants appelés à s'exprimer sur la question. Pourtant, il s'agit bien là du noeud du problème, non? S'assurer que nos établissements universitaires sont en mesure d'offrir des services à la hauteur du potentiel des Québécois.
PC

Droit à l'éducation: tel est pris qui croyait prendre

Depuis quelques jours, les démarches juridiques se multiplient en rapport à la grève estudiantine. Des étudiants voulant retourner en classe se tournent vers les tribunaux pour que ceux-ci ordonnent la reprise des cours à coup d'injonctions. Certains obtiennent gain de cause et d'autres non. En entrevue au Devoir, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, a réagi en dénonçant la «judiciarisation» du conflit, c'est-à-dire l'utilisation des tribunaux et du droit pour régler un litige entre le gouvernement et les étudiants. «C'est un conflit qui est politique, et la justice ne saurait servir quand tu as perdu sur le terrain politique.»
CP

Ode à la victoire

Nous sommes prêts. Quel beau slogan, n'est-ce pas? Il fut un temps où celui-ci suggérait des images d'avenir, de stabilité et de prospérité. Si les libéraux prenaient cette formule une seconde fois, ils ne pourraient pas le faire passer aussi doucement. Par contre, si les étudiants militant pour la cause de l'éducation l'empruntaient, l'espoir renaîtrait. C'est au tour de la jeunesse à prendre le micro.
PC

Étudiants boursiers et grévistes

Candidats à la maîtrise et au doctorat en fin de parcours, nous sommes en outre de ceux que la hausse n'affectera pas, ou si peu. Nous serons sortis de l'université bien avant 2017, année où elle atteindra 1 625$. Et pourtant, nous avons choisi de nous engager dans la grève étudiante actuelle, et ce pour trois raisons.
ESA/NASA

Trois vœux pour le printemps érable

Ça y est. Nous y sommes. La mèche a été allumée l'automne dernier par les indignés, puis les étudiants ont embrasé le Québec. Les artistes, les écologistes, les syndicats, même les églises attisent le feu depuis des semaines. Le printemps érable est en marche. Depuis trop longtemps, on nous a enfermés dans une bouteille trop petite pour nos rêves. Maintenant que le génie en est sorti, faisons trois vœux.
CP

Pauline Marois: le flou artistique

Si le PQ est sérieux dans sa démarche, pourquoi ne pas prendre clairement le parti du gel ou de la baisse des frais en mettant sur la table des propositions alternatives de financement? À son arrivée à la tête du Parti Québécois en 2007, Pauline Marois se disait favorable au dégel des frais de scolarité. Elle était d'ailleurs au ministère de l'Éducation lorsque le PQ avait tenté de mettre en place une hausse au milieu des années 90. Si le passé est garant de l'avenir, les associations étudiantes devraient se méfier. Tout ce verbiage politique ne cadre que dans un seul objectif: consolider la base électorale social-démocrate du PQ en vue des prochaines élections, quitte à tenter de ménager la chèvre et le chou.
PC

Lettre à madame la ministre de l'éducation

Je parle rarement de politique publiquement. Mais les événements des dernières semaines, liés à l'annonce par votre gouvernement d'une augmentation brutale des frais de scolarité au Québec me mettent dans une rage folle. Non, je ne suis plus étudiant. J'ai même foulé les bancs des HEC, là ou le mot grève ne franchit que rarement la porte d'entrée. Aujourd'hui, je n'écris pas par solidarité. Ni par compassion. J'écris parce que je suis en colère. L'éducation n'est pas une marchandise.
CP

Cher Monsieur Bachand

Alors que le Québec a subi, au mois de mars des records de chaleur inégalés, alors que l'Europe souffre d'une sécheresse précoce pour la saison, alors que la saison des ouragans aux États-Unis fut encore destructive, alors que l'Afrique meurt toujours, vous voulez transformer le nord du Québec en une usine polluante à ciel ouvert, vous voulez transformer le paysage québécois en une vaste autoroute remplie de camions pour soutirer jusqu'à la dernière goutte de pétrole, jusqu'à la dernière molécule de gaz, tout cela au profit des compagnies privées et des banques.Nous disons non, Monsieur Bachand.
JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Des étudiants pourraient contester l'accréditation de leurs associations

J'ai récemment appris que des étudiants du Cégep de St-Hyacinthe souhaiteraient invoquer des dispositions de la Loi sur l'accréditation et le financement des associations d'élèves ou d'étudiants pour dissoudre leur association. Des sources anonymes confirment que le RÉÉCSH (Regroupement des étudiants et des étudiantes du Cégep de Saint-Hyacinthe) violerait ses propres règles de fonctionnement et refuserait l'accès aux documents constitutifs et à la charte associative à ses propres membres qui seraient partisans d'un retour en classe
PA

De la juste part à la juste place

L'argument central est simple: toute hausse des droits de scolarité mettrait à mal non seulement l'accessibilité aux études universitaires, mais les principes mêmes de la justice et de la solidarité sociale. Ces petits coups de force rhétoriques ont bien sûr pour effet de caser tous ceux qui reconnaissent la pertinence de cette hausse dans le camp des méchants « néo-libéraux », des individualistes désancrés et insensibles à la misère des autres. Un bien triste sort pour ceux et celles qui n'entrent pas dans la marche et qui ne bénéficient pas de cette surexposition médiatique consentie au camp adverse plus bruyant et sans doute mieux organisé.
PC

La grève et les minorités

Dans la photo, il y a au moins quatre étudiants costumés et maquillés en « blackface ». On les voit ainsi pousser à l'aide d'une charrue une tête massive de Jean Charest en papier mâché, sous laquelle une enseigne indiquait «Sir John James Charest». Quel était le message? Les Québécois sont les nègres du Canada? Ben ouais, et quoi encore? Cet étalage de blackface et la manipulation de l'histoire des Noirs est totalement en contradiction avec les appels retentissants du Mouvement pour la solidarité.
PC

Rendez-vous, lundi matin, en Cour supérieure pour l'Université Laval et les associations étudiantes

Un groupe d'élèves a décidé de dire « STOP » à ce que certains confondent à la démocratie. Lundi prochain, dans la salle 3.14 du Palais de Justice de Québec, à 8 :45 du matin aura lieu le procès en cours supérieure du « groupe des 10 » contre l'Université Laval, ses 2 syndicats, la Confédération de toutes les associations étudiantes, l'Association de Sciences sociales et l'Association d'Anthropologie. Si le juge tranche en faveur de Laurent Proulx et du «groupe des 10», cela constituera un précédent historique: le fait de bloquer l'accès aux salles de cours et pavillons deviendra illégal.

Une éducation pour l'égalité

La hausse vient renforcer les inégalités pourtant déjà flagrantes au Québec. En effet, obnubilés par le mensonge de l'égalité déjà-là, nous semblons oublier que les femmes, à travail égal, gagnent toujours moins que les hommes. En 2008, les statistiques du gouvernement du Canada démontraient que les femmes gagnaient en moyenne 71% du salaire des hommes. Donc, puisque les femmes, dans la majorité des cas, ont un statut économique précaire, demander à la population étudiante de faire sa juste part se résume à demander aux femmes de s'appauvrir davantage.
CP

Tort sur la hausse, mais pas le laissez-faire

Avec la probabilité d'une élection provinciale imminente, il y aura des débats et des décisions d'importance capitale et si la population peut s'intéresser avec autant de vigueur aux enjeux beaucoup plus graves, ce sera bénéfique pour tous. Cela dit, je crois que le mouvement de protestation des étudiants devrait plutôt être dirigé vers quelque chose de réellement inquiétant pour l'avenir, par exemple notre dette record qui va coûter bien plus cher aux étudiants que la hausse elle-même.
Flickr: TheCulinaryGeek

Un bac avec ça?

Depuis que Richard Martineau s'est permis de critiquer des étudiants qui ont osé déguster un verre de sangria à la lumière du jour, la question sur les dépenses des étudiants semble s'être multipliée. Martineau n'est certainement pas le seul à avoir utilisé cette tactique pour faire valoir son opinion, car on peut l'observer dans de nombreux débats sur la question de la hausse. L'argument suit toujours la même formule pathétiquement prévisible: «Les étudiants ont juste à se priver de leur (insérer objet de valeur) et ils pourront couvrir la hausse».
Radio-Canada.ca

Hausse des droits de scolarité: voir la forêt derrière l'arbre

Les études coûtent moins cher dans notre province qu'ailleurs, oui, mais qui analyse les revenus des diplômés québécois par rapport à ceux de l'Alberta, de Vancouver ou de Toronto? En maintenant des politiques salariales parmi les plus basses au Canada, doit-on s'étonner que les coûts de scolarité doivent être plus bas chez nous? On encourage ensuite ce travailleur (ex-étudiant déjà endetté avant sa première journée de travail) à consommer et à faire rouler l'économie, sans quoi le pays sera déficitaire. Du même souffle, on lui reproche d'être irresponsable et de s'endetter, la dette moyenne par famille au Canada étant plus élevée que jamais.