J'ai une question pour François Legault, le chef de la Coalition "Avenir" Québec: t'as déjà vu un arbre réussir à pousser sans s'enraciner profondément dans la terre? Plusieurs savent, sauf toi et les autres opportunistes carriéristes de la politique bien sûr, que l'avenir d'une nation s'enracine dans son histoire et son passé. Toi et tes semblables carriéristes semblez croire que seul le pouvoir du "cash" compte pour être heureux dans la vie, tant comme individu que comme société.
La pièce de Dennis Kelly, présentée à La Licorne, traite d'argent. Les personnages en sont obsédés au point d'abandonner des grands pans de leur humanité. Je suis persuadée que, dans la salle, plus d'un spectateur s'est reconnu, sinon dans les gestes posés, du moins dans les pensées qui agitent les personnages.
En toute honnêteté, les changements en profondeur que requiert le milieu des affaires, de la fonction publique et du milieu de la politique au Québec ne pourront s'opérer sans un redressement très solide des questions d'éthiques, pas uniquement en surface et en forme, mais en substance et sur le fond des choses.
Ami lecteur fauché, tu sais exactement de quoi je parle. Toi aussi tu y as pensé, toi aussi tu t'es réjoui à l'idée de tirer le bon numéro, de grattouiller le ticket gagnant, de traire une vache à lait. Il te suffirait alors de placer ta cible fortunée sous ton emprise et le tour serait joué: à toi la vie d'oisiveté au crochet de ta moitié! Hourra!
Le taux d'endettement des ménages canadiens ne cesse d'augmenter, c'est écrit dans le journal ce matin. Plus 4.6% par rapport au même trimestre l'an dernier, soit désormais 163% du revenu disponible, excluant l'endettement hypothécaire. Et j'avoue que c'est un peu de ma faute. Mon métier, c'est la pub. Chaque matin, je m'assois dans ma tour de verre que la petite Péruvienne vient de récurer au salaire minimum pendant toute la nuit, et je réfléchis. Je réfléchis à toi.
Rouges contre verts, Québec contre Montréal, Souveraineté contre Fédération, vieux contre jeunes, Radio X contre toute intelligence, Trudeau contre Brazeau (et contre toute intelligence aussi), un avion de chasse contre Radio-Canada, Lulu contre le PQ, la gauche contre la droite, une matraque contre ta mâchoire, Quebecor contre Bell et Astral, Anglos contre Francos... on raconte même que Brault et Martineau feraient chambre à part.
Est-ce que les membres de Desjardins souhaitent être clients de la PLUS GROSSE bannière? La plus rentable, la plus diversifiée, la plus intégrée? Pas sûr. On veut juste être bien servi à des heures convenables par du personnel souriant et compétent. On cherche encore l'alternative sociale et communautaire au monde bancaire.
Rappelez-vous. Essayez. Faites un effort. Si ça ne vient pas, googlez. Il y a 12 ans, la bulle boursière se dégonflait, les «hautes» technologies redescendaient sur terre et on crevait la baloune à des milliers de centaines de mille millions d'utopistes actionnaires. C'était au début du printemps de l'an de grâce 2000. Bien avant la création de Facebook. Bien avant Twitter. Bien avant l'étalement de YouTube dans nos vies. Que reste-t-il de cette bulle? Un vague souvenir? Comme une gomme trop sucrée qui vous explose en pleine face. Plus de peur que de perte. Mais toujours le même attrait pour les bulles...
Ça presse, il faut débuter la réflexion sur l'admissibilité de l'âge de la retraite au Canada, mais surtout sur l'universalité des prestations de vieillesse et l'admissibilité à la retraite anticipée. Partout sur la planète, les régimes de retraite craquent sous la pression. On doit faire des changements.