LES BLOGUES

Vigilance avec l'identité de l'élève handicapé ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (HDAA)

Est-ce le diagnostic qui fixe sa manière d'être ou sa manière d'agir? Ou plutôt, la société, l'environnement ou l'opinion subjective?

24/07/2017 11:06 EDT | Actualisé 24/07/2017 11:06 EDT
Getty Images/iStockphoto
Il va sans contredire qu'il soit essentiel de distinguer "diagnostic" et "incapacité"!

La théorie de l'identité de Marshall Goldsmith est fort intéressante ; elle s'inscrit facilement en pédagogie et pourrait alimenter notre réflexion quant à notre façon de façonner l'identité d'un élève HDAA!

En effet, plusieurs personnes utilisent ou se basent sur un diagnostic pour définir l'identité de l'élève : elle ou il est dyslexique...dyscalculie...TSA...TDAH... dysorthographie... déficience visuelle... incapacité auditive... Asperger... Donc elle ou il n'est pas capable ou a de la difficulté à lire... écrire... communiquer... partager... regarder... faire...

Il est vrai que la notion d'identité, selon le Larousse un caractère permanent et fondamental de quelqu'un qui fait son individualité, sa singularité, est complexe, notamment lorsque nous ne savons pas où regarder pour déterminer son identité. Certaines personnes se fient au passé, d'autres s'appuient sur les jugements de personne ou sur ce qu'ils souhaitent devenir dans le futur pour cerner leur propre identité.

Selon Goldsmith (2009), l'identité est déterminée par des composantes dynamiques convergentes et complémentaires:


L'axe vertical représente l'interaction entre le passé et le futur. L'axe horizontal trace le recoupement entre l'image que les autres ont de la personne et l'image de soi. Ceci dit, l'image projetée à l'élève occupe un rôle dans la création de son identité.

La première composante dans ce modèle intitulée, l'identité mémorisée correspond à ce dont nous nous souvenons dans le passé ; ce sont des évènements ou des incidents marquants (positifs ou négatifs) qui alimentent l'image de soi. Cependant, cette identité a pour inconvénient possible d'inciter la personne à créer une identité de quelqu'un qui n'existe plus! Dans ce cas, faire savoir à l'élève que ce qui arrive aujourd'hui ne délimite pas ce qu'elle ou il sera demain.


L'identité reflétée, deuxième composante, concerne ce dont les autres se souviennent : plusieurs personnes pensent au passé et nous en rappellent d'une manière ou d'une autre. C'est une forme de rétroaction implicite ou explicite qui contribue à l'image de soi. Malgré ses avantages, elle n'est pas toujours prédictive de l'identité souhaitée. Dans cette circonstance, encourager l'élève à se concentrer à poursuivre ce qu'elle ou il désire comme identité.


La troisième composante, l'identité programmée se rapporte à ce que les autres personnes communiquent à notre propos : certaines personnes déclarent ce que nous sommes ou ce que nous allons devenir. Elle pourrait avoir un impact positif sur la personne. Toutefois elle peut devenir (pour certains) un prétexte pour les défauts ou les défis dont la personne doit relever.

Dans le contexte pédagogique, l'identité programmée joue un rôle important. Le diagnostic (l'identification de la difficulté) et le pronostic (le jugement ou la prévision sur l'évolution future de la difficulté) prêtent généralement à une identité programmée, ou, un diagnostic et pronostic programmés. Or, comme l'a si bien dit Feuerstein (dans Feuerstein et Spire, 2006) les chromosomes n'ont pas le dernier mot !

Il faudrait se poser les questions suivantes : est-ce vraiment le diagnostic ou la déficience (qui est anatomique, physiologique... observable et à ne pas confondre avec une incapacité - voir le comité québécois et société canadienne de la classification internationale des déficiences, des incapacités
et des handicapés, 1993) qui rend la personne ou l'élève incapable? Est-ce le diagnostic qui fixe sa manière d'être ou sa manière d'agir? Ou plutôt, la société, l'environnement ou l'opinion subjective?

Un diagnostic est souvent perçu comme un obstacle.

Il va sans contredire qu'il soit essentiel de distinguer "diagnostic" et "incapacité"! Un diagnostic est souvent perçu comme un obstacle. Pourtant lorsqu'une personne dotée de potentiel s'adapte, autrement dit trouver un moyen d'y arriver malgré ce qui empêche d'avancer, à une situation d'apprentissage ou à un contexte particulier cela donne naissance à de la créativité.

En d'autres mots, le diagnostic et le pronostic programmés ne confectionnent pas l'identité de l'élève et ne déterminent pas ses capacités : soit où elle se rendra, soit ce qu'il fera, soit ce qu'elle ou il sera!

Finalement, la dernière composante du modèle théorique de Goldsmith nommée l'identité créée s'intéresse à l'identité que nous avons décidé de créer. Elle n'est pas dominée par le vécu ou par les autres. C'est celle qui devrait nous captiver!

En somme, ce modèle, nous dit Goldsmith, sert à situer notre identité actuelle, à explorer la source de notre identité actuelle et à la comparer à celle que nous souhaitons trouver. S'il existe un écart entre les deux, il faut simplement encourager l'élève à se concentrer sur l'identité réaliste qu'elle ou il veut créer.

LIRE AUSSI
» L'alimentation biologique ne sauvera pas le monde
» Le nouveau calendrier Pirelli 2018 est une ode à la diversité
» Êtes-vous «bikini ready»? Sur Instagram, ces blogueuses fitness répondent que vous êtes très bien comme ça

Les billets de blogue les plus lus sur le HuffPost