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Hypocrite le rapport du GIEC?

11/10/2013 12:36 EDT | Actualisé 10/12/2013 05:12 EST

Le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), paru le 27 septembre dernier, a relancé pour une énième fois le débat sur le réchauffement climatique. Comme l'ont mentionné les principales ONG environnementales, notre responsabilité collective quant à ce phénomène est une vérité qui dérange. Les changements draconiens qui bouleversent nos écosystèmes sont du jamais vu depuis des millions d'années. Pourtant, ces mutations climatiques profondes et irréversibles ne sont survenues qu'en l'espace de quelques décennies. Le rapport confirme l'évidence; la combustion et les autres activités humaines sont les causes principales d'un réchauffement climatique effréné.

Rappelons-nous par contre qui en sont les auteurs; le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), ou, en d'autres mots, nos gouvernements. Cela porte à réflexion..., qui profitera réellement de ce rapport? Quelles mesures réelles seront prises pour pallier le désastre? Serait-il possible que ce volumineux rapport soit un brin (un peu, beaucoup, très) politiquement motivé? Pour les militants environnementaux, ce rapport est de la vieille nouvelle. Par contre, cela semble être une belle excuse de la part de nos gouvernements pour augmenter les taxes sur l'essence, les taxes routières et aériennes, les factures énergétiques (et j'en passe) sans s'attaquer véritablement au problème qui est en jeu.

Notre inertie collective face à l'ampleur de la tâche complique les choses. Une inertie alimentée par l'incapacité de nos gouvernements à nous faire évoluer rapidement vers de nouvelles sources d'énergie. Certes, les investissements massifs dans les énergies renouvelables des dernières années sont un pas dans la bonne direction, mais l'influence des géants des énergies fossiles ne s'essoufflera pas de sitôt. Des améliorations draconiennes seront nécessaires; il faudra repenser les systèmes et les processus qui gouvernent le commerce international, les moyens de transport, le secteur manufacturier, et j'en passe. Un vrai casse-tête.

Rajoutons aussi l'inertie de ceux qui profitent du système actuel, et qui ont intérêt à maintenir le statu quo tant et aussi longtemps qu'il y aura des perspectives de profit à court terme. L'industrie du pétrole en est un exemple probant.

Enfin, les coupables sont aussi les consommateurs, qui veulent à tout prix payer moins cher pour leurs commodités, sans vraiment chercher à comprendre les systèmes complexes qui en régissent la production et la distribution à l'échelle mondiale. À mesure que se remplissent les stationnements des Wal-Mart de consommateurs friands d'aubaines Made in China, les usines au Québec et ailleurs ferment, des emplois se perdent, et notre planète se détériore.

L'ère du développement économique effréné, l'époque glorieuse d'une croissance économique basée sur la disponibilité du crédit et le bas prix du pétrole, est de toute évidence révolue. Alors que les répercussions environnementales sont évidentes, on sent l'onde de choc dans toutes les strates économiques et sociales. Les baby-boomers sont forcés de demeurer sur le marché du travail, faute de moyens financiers. Dans la prochaine décennie, les jeunes resteront chez leurs parents plus longtemps puisque confrontés à des frais de scolarités grandissants et des taux de chômage chez les moins de 35 ans qui frôlent les deux chiffres. Nous serons (sommes déjà) témoins d'une implosion du secteur financier. Les crises se succèdent à l'échelle mondiale, et les inégalités prolifèrent. Le cycle de développement entamé il y a deux siècles avec la révolution industrielle semble se refermer sur nous. Le réchauffement climatique n'en est qu'un des symptômes.

Les appels à l'action fusent de toute part. Il est temps de s'ouvrir les yeux, et d'encourager des initiatives concrètes. Une réorganisation sociale s'impose, à commencer par les priorités de nos gouvernements, mais aussi en ce qui a trait à nos comportements en tant que consommateurs. Un exemple criant est la nécessité d'un retour en force à l'économie locale, sous la forme d'une résurgence de la fabrication et de l'agriculture. Les médias, qui ont aussi leur part de responsabilité, devront encourager d'une manière non biaisée ces initiatives, quelles qu'elles soient, et offrir un forum de discussion et d'échange d'idées.

Un réel effort collectif de la part des populations des pays industrialisés est impératif, mais cela devra se faire en conjonction avec une renaissance du politique, de façon à ce que pour une fois, les citoyens soient au cœur de la démarche. Espérons qu'on se retrousse les manches avant qu'il ne soit trop tard.

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